La propagande du Gouvernement ne passera pas par l’Humanité ! 9

Avant même que le conseil des ministres et a fortiori le Parlement n’aient statué, le gouvernement a décidé de lancer une grande campagne de vulgarisation de sa contre-réforme régressive des retraites. Sur fonds publics est déployée depuis quelques jours dans les grands médias audiovisuels et dans la presse écrite, une propagande sur les prétendus « bienfaits » du projet gouvernemental. Quatre pages de « publicité-propagande » sont offertes à tous les journaux de la presse écrite.

Cette campagne a été proposée à l’Humanité. Nous l’avons refusée. Non pas que nous disposons de trop de recettes publicitaires. Non pas, non plus, que nous contestons au gouvernement le droit de communiquer sur ses projets et sur des lois déjà votées. Nous avons d’ailleurs apprécié que les Etats Généraux de la Presse aient permis à la presse écrite de bénéficier de plus de communication gouvernementale. L’Humanité souffre malheureusement de trop de discrimination en matière d’investissement publicitaire. Quelles que soient nos opinions, le média qu’on écoute, qu’on regarde ou qu’on lit, nous payons chacune et chacun la part de communication publicitaire pour chaque produit de consommation ou pour la communication institutionnelle. S’agissant d’une campagne de l’Etat, sur un sujet d’intérêt commun, ce sont les contribuables donc tous les citoyens qui la payent.

 Ici, il s’agit de tout autre chose. Sur le thème « Réussissons une réforme juste », « Tout comprendre sur la réforme des retraites », il s’agit d’une communication à sens unique sur un projet gouvernemental qui n’est même pas acté par le conseil des ministres et encore moins par le Parlement. Ajoutons qu’aucun grand débat public contradictoire dans les médias du service public n’est organisé.

Cette propagande fait croire qu’il s’agit d’une « réforme juste » qu’elle crée de « nouveaux droits », qu’elle est « équitable », « solidaire », « efficace ». Autant de termes que nous contestons et qui sont contestés par toutes les organisations syndicales, toutes les formations progressistes et, selon la quasi-totalité des enquêtes d’opinion, par une majorité de nos concitoyennes et concitoyens. D’autres projets de réforme existent. A titre d’exemple mentionnons que cette propagande dit que 3,7 milliards d’euros seront apportés par les contributions  sur les hauts revenus, le capital et les entreprises. Mais jamais n’est mis en évidence le fait que les salariés apporteront 42 milliards. Pourquoi veut-on cacher que la majorité des femmes, des travailleurs et des travailleuses victimes de la précarité et bien d’autres n’auront accès à leur retraite à taux plein qu’à…. 67 ans ? Et on pourrait prendre bien d’autres exemples. Ils ont été mis en lumière par les groupes parlementaires de gauche au Parlement. Pourquoi les fonds d’Etat ne sont-ils pas mis à disposition de tous ces groupes parlementaires pour exposer eux aussi leurs propositions ? Pourquoi de grands débats publics approfondis ne sont-ils pas organisés, notamment dans les médias publics ? Ce serait là le moyen de mettre à la disposition de chacune et de chacun l’ensemble des éléments pour qu’ils se fassent leur propre opinion en leur donnant la possibilité de choisir en connaissance de cause.  

Comme notre journal l’a fait, et souvent seul pour d’autres projets gouvernementaux, nous publierons le texte issu du conseil des ministres au lendemain de sa tenue. Notre rédaction l’analysera et le décryptera tout en donnant la parole à toutes les forces progressistes, syndicales et associatives. Nous ferons œuvre de démocratie jusqu’au bout. Evidemment, la décision que nous prenons ici constitue un manque à gagner financier conséquent pour notre journal. Mais il s’agit pour nous d’une question de morale et d’éthique, valeurs bien trop galvaudées par les temps qui courent ! Nous appelons toutes celles et ceux qui souhaitent comme nous une réforme progressiste juste, c’est-à-dire qui ferait participer les revenus financiers du capital au financement des retraites, qui inciterait à une politique de développement humain et de création d’emplois, à nous aider à combler ce manque à gagner en participant et faisant participer à notre souscription populaire.

L’indépendance de notre journal et son rôle au service du mouvement social et progressiste sont à ce prix.

 

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Patrick Le Hyaric à Catherine Ashton : Vous avez les moyens d’agir pour Gaza, alors des actes maintenant ! 1

 

Un débat a eu lieu mercredi 16 juin au Parlement européen à propos de l’attaque de la flottille humanitaire et du blocus de Gaza. A cette occasion, j’ai interpellé Catherine Ashton, la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Voici le texte de mon intervention :

Rester mobilisés pour les retraites 8

On a déjà dit ici à quel point le pouvoir de droite sert d’abord la classe des possédants. D’ailleurs, il y’a une consanguinité entre ceux qui gouvernent et les plus fortunés. Ainsi, l’aujourd’hui ministre de la destruction du travail, M. Woerth, était hier ministre de la caisse de l’Etat. Ministre du budget, il a inventé vingt-deux impôts et taxes nouvelles sur les travailleurs et les retraités, pendant que son épouse gérait le patrimoine de la plus grande fortune de France, Mme de Bettencourt. Cette dame qui gagne l’équivalent du SMIC toutes les trois minutes ! Non contente de sa vie de « rentière spéculatrice », il semblerait que cette dame oublie de déclarer des morceaux de son patrimoine comme des îles lointaines qu’elle achète comme nous allons acheter notre baguette de pain ou encore certains comptes dans les paradis fiscaux. Comment Madame l’épouse de l’ex-ministre du budget, qui gère les comptes de Mme de Bettencourt ne pouvait-elle pas le savoir ? M. Woerth est aussi trésorier de l’UMP et on apprend que Mme de Bettencourt verse de conséquentes oboles. Tout ce beau monde se tient, s’aide, s’entraide pour défendre leur système, fait par eux et pour eux.

 

 

M. Woerth est devenu depuis, le ministre du chômage et de la casse des retraites. Et il nous explique aujourd’hui que tout va si mal qu’il faut remplir les caisses qu’il a laissé se vider en oubliant de faire payer les impôts de gens comme Mme de Bettencourt, en inventant un bouclier fiscal pour ses amis, en abaissant les impôts sur les grandes sociétés, en faisant disparaître la taxe professionnelle. Et pour cela, M. Woerth nous présente une contre réforme des retraites totalement injuste, consistant à reculer l’âge de départ à la retraite et à augmenter certaines cotisations.

Evidemment, M. Woerth ne va pas instaurer une contribution vieillesse aux revenus financiers. Cela rapporterait pourtant 30 milliards d’euros. Il ne pas non plus supprimer les exonérations de cotisations patronales sur les salaires inférieurs au SMIC. Cela rapporterait 23,1 milliards d’euros. Il ne va pas non plus taxer plus les stocks options, les parachutes dorés, les retraites chapeaux, un prélèvement sur les plus-values réalisées sur les marchés financiers. Cela rapporterait 1 milliard d’euros. Il n’envisage pas la création d’un million d’emploi. Cela rapporterait 5 milliards d’euros. Non ! Mrs Woerth, Fillon Sarkozy, ne servent pas l’intérêt général. Ils servent la caste des nantis contre l’immense majorité.

Une majorité de nos concitoyens refuse leur entreprise de démolition du système des retraites. Les puissantes manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière l’ont une nouvelle fois démontré avec force. Cette unité du peuple dans la mobilisation peut d’ici la fin de l’été obliger le pouvoir à retirer ce mauvais projet qui n’est fait que pour satisfaire le monde de la finance. Celui que sert ce pouvoir ultra-droitier. Derrière cette attaque s’en profile une autre : celle de privatiser totalement la sécurité sociale et les retraites avec les retraites par capitalisation. Seuls celles et ceux qui pourraient se payer leur retraite en auraient une. Il y’a bien deux classes antagonistes dans ce monde : les riches et les puissants et face à eux l’immense majorité de celles et ceux qui n’ont que leur travail et leur retraite pour vivre

Ensemble, la mobilisation peut faire triompher la justice et l’efficacité.

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PALESTINE : rencontre-débat et décryptage 1

Quelles initiatives nouvelles pour aider le peuple de Gaza ?

C’est pour tenter d’apporter des réponses à cette question que nous nous sommes réunis, lundi 21 juin, avec Leïla Shahid, Déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union Européenne,  Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS,  et un public venu en nombre, issu du mouvement associatif ou syndical, élus, citoyens, tous mobilisés sur la situation du peuple palestinien.

Un compte-rendu détaillé est disponible dans l’Humanité des débats daté du 26 juin 2010.

Voici une première vidéo de cette rencontre débat.

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Gagner la bataille des retraites 2

Tout un symbole ! La date : le 18 juin. Le lieu : la place de la Bastille. Six mille travailleurs dits « sans papiers » ont fait reculer le pouvoir après huit mois d’action. Certes, leur situation n’est pas définitivement assurée puisqu’ils bénéficient d’un texte qui leur donne une autorisation de séjour de trois mois à mettre à profit pour qu’ils soient définitivement régularisés. Après les premières décisions issues des négociations, des améliorations sont nécessaires, notamment pour faire sauter le verrou de la justification de cinq années de présence.

Voilà une preuve que l’unité dans l’action peut faire reculer le pouvoir Sarkozy-Besson. Et voilà aussi une preuve que la solidarité des travailleurs peut être plus forte que les tentatives de division organisées par le gouvernement, qui se retournent toujours contre les salariés. A travail égal, ils pourront réclamer un salaire égal. De ce fait, ils portent un coup à la mise en concurrence débridée qui utilise les travailleurs sans papiers pour peser sur les salaires de tous. Ils interpellent aussi sur un autre grand enjeu : celui d’un nouveau choix de co-développement durable pour tous les êtres humains, sur l’ensemble de la planète.

Le pouvoir n’a donc pas été invincible malgré ses déclarations de matamore. Il peut ne pas l’être non plus sur sa contre-réforme réactionnaire des retraites. Là encore, l’unité syndicale, l’unité des forces politiques de gauche et d’une multitude d’associations peut le contraindre à retirer le projet de régressions sociale qui n’a pour seul objectif que de plier la France aux normes imposées par les marchés financiers et les diktats des institutions européennes. Le Conseil européen la semaine dernière a décidé que tous les États devront procéder à « une réforme des régimes des retraites ». Un nouveau programme européen, baptisé « L’Europe 2020 », préconise de reculer l’âge de départ à la retraite dans tous les pays, au moins à 64 ans.

De concertation, il n’y en a pas eu ! Seules ont été prises en compte les rodomontades du Medef et des puissances d’argent. Il faut mesurer en effet la gravité des décisions envisagées. Non seulement l’âge assurant droit à la retraite serait repoussé à 62 ans mais  il faudrait  cotiser 41,5 ans. L’accès à la pension complète serait reculé à 67 ans. Mesurons, faisons mesurer l’ampleur de cette régression d’un niveau inconnu depuis la Libération. Les plus pénalisés seraient celles et ceux qui auront commencé à travailler tôt et le plus dur ; celles et ceux qui auront été touchés par la précarité et surtout les femmes. Dans un savant jeu de dominos antisocial, les reculs imposés à une catégorie de salariés serviraient, par étapes, d’une part, à diviser les salariés, mais, d’autre part, surtout à justifier par la suite un recul des droits de toutes les professions, les unes après les autres.

Alors que l’une des causes de la crise actuelle provient essentiellement du pillage du travail au bénéfice des puissances d’argent, la mécanique à l’œuvre va encore accélérer les transferts des richesses produites par les travailleurs vers le capital. Pour tenter de calmer les citoyens à qui cette injustice saute violemment aux yeux, le gouvernement essaie de faire croire qu’il va mettre à contribution les plus fortunés. Cela ressemble au pâté d’alouette. Une alouette de 3,5 Milliards prélevée sur ces derniers, pour un cheval de plus de 22 milliards prélevé sur les salariés.

Cette injustice aggravée serait inefficace pour l’économie, pour l’intérêt général car le ralentissement de la croissance qu’elle engendrerait aboutirait encore à moins d’emplois et donc moins d’argent dans les caisses de sécurité sociale et de retraite.

La stratégie fondamentale des classes dominantes de plus en plus avides d’accumulation capitaliste est de détruire le système de retraite par répartition. Autrement dit, la privatisation de la sécurité sociale et des retraites, est envisagée. Dans le cadre de leur crise, elles cherchent à faire payer celle-ci au monde du travail, de la création, aux retraités, à la jeunesse, aux plus fragilisés de la société, tout en marchandisant de nouveaux espaces de la vie des individus pour augmenter l’accumulation financière. C’est une logique mortifère pour l’intérêt général, pour nos sociétés, pour la civilisation. Dans l’unité, ne laissons pas passer !