Passons aux actes : taxons les transactions financières ! Répondre

Ce lundi soir  a eu lieu au Parlement Européen à Strasbourg un débat sur la nécessité ou non de taxer les transactions financières.

Les forces de gauche et écologistes ont plutôt appuyé une telle initiative. Les députés du PPE sont intervenus contre celle-ci. 

Voici le texte de mon intervention.

Changer les politiques agricoles 3

Le Président de la République a fini par venir au Salon de l’Agriculture mais… quand il était encore…fermé ! Il n’a pas été très rassurant puisqu’il a déclaré à plusieurs reprises : « Je ferais pour l’agriculture française  et européenne ce que nous avons déjà fait pour sauver la finance ». De deux choses l’une : soit il compte sauver les productions agricoles et industrielles soit la finance. Mais pas les deux en même temps.

Puis il a lancé à qui voulait l’entendre qu’il « ne reculerait plus d’un pouce » pour défendre les agriculteurs. Le problème c’est qu’il a déjà reculé et beaucoup reculé avec les déréglementations de toutes sortes, la démolition du système de quotas laitiers, de prix minima, conformément au principe de « concurrence libre ». Aujourd’hui il propose de jeter les agriculteurs, sans pouvoir se défendre, dans la gueule des quelques centrales d’achat qui imposeront encore plus leur loi. C’est le sens du projet de « contractualisation ». Poursuivre ainsi c’est pousser à nouveau plus d’un tiers d’exploitations familiales agricoles à la ruine.

Et  quand M. Sarkozy déclare qu’il va défendre les agriculteurs à Bruxelles, il ment effrontément. Dans un document remis le 13  janvier dernier à la Commission de Bruxelles où le pouvoir devait donner son opinion sur « l’après stratégie de Lisbonne », il n’y a pas une ligne sur l’agriculture et la politique agricole commune.

En fait, M. Sarkozy est finalement venu au salon de l’agriculture pour tenter de limiter les dégâts de la défaite cinglante qu’il va subir dimanche prochain. Les agriculteurs, comme les autres catégories sociales ne sont pas dupes. Elles savent que le pouvoir de l’ultra-droite actuelle va aggraver encore considérablement leur situation. Toutes les rencontres, tous les témoignages que nous avons recueillis sur le salon de l’agriculture l’ont largement confirmé. Répétons-le ! Il n’y a pas d’avenir pour l’agriculture française et européenne sans revenir à une politique de prix public de base contrôlé, au moins pour une quantité donnée de production, sans revenir à un mécanisme de préférence communautaire. Mais ceci est totalement contraire au traité de Lisbonne. Ce traité dont M. Sarkozy se vante d’être le père.

La grave crise actuelle en Europe et ailleurs montre à quel point il est indispensable d’inventer une nouvelle Europe, sur une base sociale, solidaire et de la sécurité alimentaire. Voilà pourquoi nous réitérons notre proposition de réunir une conférence européenne de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. C’est d’autant plus urgent que les attaques contre l’agriculture se multiplient

Cette même semaine, la Commission européenne a annoncé qu’elle autorisait la culture d’une variété de pomme de terre génétiquement modifiée pour la fabrication de…papier. D’un autre côté était relancée cette campagne totalement absurde contre la production de viande bovine, sous prétexte que cette production serait néfaste pour l’environnement. Si le mode de production doit faire l’objet d’un débat, les éleveurs ne sont en rien responsables des problèmes environnementaux actuels. Si on importe du soja du Brésil c’est bien parce qu’il n’y a jamais eu de plan protéines en Europe. Et s’il n’y a plus de bovins, il n’y aura plus non plus de lait. Alors que la France devient déficitaire pour son approvisionnement en viande bovine au service de qui sont menées ces campagnes ?

Le vote pour les listes de la gauche de transformation dimanche ou comportant des candidats de cette mouvance dans l’unité sera un atout pour faire des conseils régionaux des leviers utiles pour un mode de développement agricole favorable à l’agriculture paysanne, à une rémunération correcte du travail paysan, au développement harmonieux, solidaire et durable des territoires. Des conseils régionaux bien ancrés à gauche peuvent être des atouts pour développer des projets nouveaux d’installation de jeunes agriculteurs et de contrats territoriaux d’exploitation. Le vote dimanche va être utile pour battre la politique sarkozyste et préparer un nouvel avenir pour l’agriculture, les services publics ruraux, les communes rurales. Cet avenir passe par l’ancrage à gauche des conseils régionaux.