Le traité de Lisbonne étrangle les peuples 3

 

Face à la grave crise que connaît la Grèce, le Conseil européen réuni la semaine dernière a donné la piètre image d’une construction qui n’a rien de solidaire. Il a décidé, en guise d’aide pourtant si nécessaire face aux difficultés financières et budgétaires que connaît ce pays, d’imposer « du sang et des larmes » au peuple grec. C’est à lui qu’est demandé aujourd’hui de payer une crise dont seuls les dirigeants au service des forces de l’argent sont responsables !

La même détestable potion se prépare dans tous les pays européens avec des plans de super-austérité et de destructions des droits sociaux. Ces choix à courte vue mènent à de dramatiques impasses sociales, génératrices d’une amplification de la crise économique. Partout en effet les salaires sont bloqués, les emplois dans les services publics sont diminués, les niveaux de protection sociale abaissés et l’âge ouvrant droit à la retraite reculé.

Loin d’être une Europe « protectrice » comme l’affirmait l’UMP durant la campagne des dernières élections européennes, l’actuelle construction européenne est malheureusement bien ce que nous n’avons cessé de dénoncer dans les débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne : une construction au seul service des marchés financiers.  Mêmes des défenseurs d’hier de ces traités sont contraints de le reconnaître. La dette des Etats est placée dans les griffes des marchés financiers qui font de « l’argent » avec elle alors qu’il est demandé des sacrifices aux populations, mettant en cause des droits gagnés de longue date.

Pour refuser aujourd’hui de venir en aide à la Grèce et demain à d’autres Etats qui en auront besoin, le Conseil européen  applique tout simplement l’actuel article 123-1 du traité de Lisbonne. Celui-ci stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées, « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

Nous avions alerté sur la nocivité de cet article. Elle se vérifie douloureusement.

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