Retraite : un grand enjeu de civilisation 3

 

Le débat sur l’avenir des retraites porte sur un enjeu de civilisation. Il conditionne une large part du mode d’existence de chaque être  humain, du petit enfant à la personne âgée. Il doit être relié à un défi essentiel : la sécurisation de la vie de chacune et de chacun. C’est pourquoi l’âge du départ en retraite et le  financement de cette période de la vie  recoupent une multiplicité de questions telles que l’emploi, le partage des richesses produites, l’avenir des jeunes et l’activité de celles et ceux qui accèdent à une retraite bien méritée après avoir contribué au développement économique, social, humain, de la collectivité. Ce droit doit être pleinement inscrit dans les mutations de la société. Et les interrogations nouvelles surgissant sur la place et sur l’utilité sociale de celle ou de celui qui accède à la retraite, doivent trouver des réponses en fonction des désirs de chacun.

Osons affirmer une évidence cachée. Les premières victimes d’une nouvelle « contre réforme » des retraites seraient les jeunes. Reculer l’âge de départ en retraite aggraverait encore leur chômage qui  touche déjà près du quart d’entre eux.  La question peut donc être posée ainsi : vaut-il mieux qu’une personne de 60 ans soit à la retraite ou qu’un jeune de 25 ans soit au chômage ? Du point de vue de l’épanouissement humain et de la qualité d’une société, la réponse est oui. Du point de vue des grands de la finance la réponse est non.

 Osons aussi redire que la crise a montré que l’avenir est bien du côté de la protection sociale, de la sécurité de vie, pas du côté d’un système d’assurance privée et de retraite basé sur l’individualisme et les logiques financières. En effet, les sociétés qui jusque là résistent le moins mal à la crise sont celles où le niveau de services publics et de protection sociale est élevé.

Le projet humain moderne, dans une société du vivre ensemble, incluant cette indispensable sécurité de vie, passe par la régénération du système de retraite par répartition, à l’opposé d’un système dit par capitalisation où seuls celles et ceux qui peuvent se payer une retraite peuvent y prétendre. L’avenir ne saurait être du côté de ces retraités qui viennent de tout perdre  avec la faillite de leurs fonds de pension.

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Patrick le Hyaric sur le rapport Goldstone au PE: L’Union européenne doit saisir la Cour pénale internationale Répondre

Mercredi 24 février 2010 a eu lieu au Parlement européen un débat sur la Rapport Goldstone .

Voici mon intervention :

Que cela plaise ou non, le rapport Goldstone a été approuvé par l’Assemblée générale des Nations-Unies. Je ne vois pas pourquoi il y aurait aujourd’hui deux poids, deux mesures en matière de droit international. 

Il y a Le droit international. Et le rapport Goldstone emploie le terme de « crime de guerre », ce que d’ailleurs tout le monde a  pu constater. Même des soldats israéliens ont témoigné des ordres à tirer sur des civils qu’ils avaient reçus. 

Dans ces conditions, l’Union européenne doit, et notre Parlement doit créer les conditions pour que le gouvernement israélien se conforme au droit international, en utilisant si besoin la sanction, par la suspension de l’Accord d’association Union européenne-Israël. 

En activant l’article II. Celui-ci stipule que, je cite : « les relations entre les deux parties (…) doivent être fondées sur le respect des droits de l’homme et le respect de la démocratie ». Voilà qui est simple, il suffit de l’appliquer. 

L’Union européenne doit donc faire entendre sa détermination à saisir la Cour pénale internationale si rien n’est fait, comme le préconise le rapport Goldstone. 

En définitive, notre Assemblée doit se prononcer sur un enjeu fondamental. Voulons-nous un monde harmonieux où, enfin, règnent la justice et la paix, ou la loi de la jungle, de la politique de la force? Nous devons prendre nos responsabilités devant les peuples du monde entier.

 

 Pour lire l’autre article concernant ce sujet cliquez sur le titre :

Sur le processus de paix au Moyen-Orient et la situation à Jérusalem-Est

CRIME CONTRE GAZA, L’HUMANITE PUBLIE LE RAPPORT GOLDSTONE

« Fin de droits ». Mots indécents ! 1

Voilà trois mots, qui donnent une signification horrible au sens que prend cette société : « fin de droits ».

Quelle indécence de qualifier ainsi une partie des êtres humains alors qu’on nous a tellement bassiné avec ce concept « d’Etat de droit » ! Quelle indécence de classifier ainsi ceux de nos concitoyens qui, par définition, n’ont plus droit à rien, alors que des milliards et des milliards d’euros ont été trouvés pour venir en aide au secteur bancaire et à certains groupes industriels et que d’autres se baignent dans des torrents de profits, de double rémunération ou autre retraite dite « chapeau » pour signifier qu’elles se chiffrent en centaines de millions !

Parlons clair : les tenants du pouvoir et leurs affidés qui vivent eux très bien, considèrent qu’il peut y avoir dans notre société des « sous êtres humains ». Scandaleux ! A l’opposé de la Constitution française qui prévoit pourtant que la société doit assistance à chacune et chacun de ses membres.

Or, un million de personnes n’auront plus aucun revenu dans les semaines à venir parce qu’ils sont privés de travail. Ils sont les premières victimes de la crise. Ils n’en sont en rien responsables. Ils paient l’irresponsabilité des gérants du capitalisme qui sèment partout : licenciements, privatisations, misère et désolation.

A cela s’ajoute la situation des petits retraités agricoles ou artisans ou le scandale mésestimé des agriculteurs qui travaillent dur, doivent rembourser des emprunts et sont acculés à réclamer le « revenu de solidarité active » pour survivre. Pourtant, ces agriculteurs travaillent, produisent des denrées agricoles, payées à très bas prix à la production, mais revendues au prix fort aux consommateurs.

Telle est la nature de ce système : le pillage permanent des fruits du travail. Le nombre de travailleurs pauvres, de retraités pauvres augmente sans cesse. De nouvelles difficultés apparaissent pour toutes et tous, notamment l’accès aux soins médicaux. Celles et ceux qui sont aujourd’hui exclus de tout ne demande aucune aumône. Ils réclament leur dû, le droit de vivre.

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Compte-rendu de la session du Parlement européen Du 8 au 11 Février 2010 1

Voici les éléments essentiels de la session du Parlement européen qui s’est réuni du 8 au 11 février 2010. 

Le fait marquant de la semaine est l’approbation en un seul vote du collège des Commissaires de la Commission “Barroso” par le Parlement européen. Mais que ce soit avant son intronisation, avec le débat sur les suppressions d’emplois d’Opel en Europe, ou après, avec le débat sur la situation des pays membres de l’Euro en difficultés, les réponses données par la nouvelle Commission restent dans la logique des traités ultra-libéraux, et toujours formulées dans une langue de bois insupportable.

Le Parlement a par contre rejeté l’accord SWIFT qui devait renouveler aux autorités américaines le libre accès aux données des comptes bancaires des citoyens européens. Ce refus de donner aux nord-américains un chèque en blanc sur l’accès à notre vie privée via nos achats, nos retraits, nos déplacements,  est une victoire pour les droits fondamentaux du citoyen européen.

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Le traité de Lisbonne étrangle les peuples 3

 

Face à la grave crise que connaît la Grèce, le Conseil européen réuni la semaine dernière a donné la piètre image d’une construction qui n’a rien de solidaire. Il a décidé, en guise d’aide pourtant si nécessaire face aux difficultés financières et budgétaires que connaît ce pays, d’imposer « du sang et des larmes » au peuple grec. C’est à lui qu’est demandé aujourd’hui de payer une crise dont seuls les dirigeants au service des forces de l’argent sont responsables !

La même détestable potion se prépare dans tous les pays européens avec des plans de super-austérité et de destructions des droits sociaux. Ces choix à courte vue mènent à de dramatiques impasses sociales, génératrices d’une amplification de la crise économique. Partout en effet les salaires sont bloqués, les emplois dans les services publics sont diminués, les niveaux de protection sociale abaissés et l’âge ouvrant droit à la retraite reculé.

Loin d’être une Europe « protectrice » comme l’affirmait l’UMP durant la campagne des dernières élections européennes, l’actuelle construction européenne est malheureusement bien ce que nous n’avons cessé de dénoncer dans les débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne : une construction au seul service des marchés financiers.  Mêmes des défenseurs d’hier de ces traités sont contraints de le reconnaître. La dette des Etats est placée dans les griffes des marchés financiers qui font de « l’argent » avec elle alors qu’il est demandé des sacrifices aux populations, mettant en cause des droits gagnés de longue date.

Pour refuser aujourd’hui de venir en aide à la Grèce et demain à d’autres Etats qui en auront besoin, le Conseil européen  applique tout simplement l’actuel article 123-1 du traité de Lisbonne. Celui-ci stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées, « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

Nous avions alerté sur la nocivité de cet article. Elle se vérifie douloureusement.

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