Archives mensuelles : janvier 2010
Des jeunes font L’Humanité 1
Ils ont entre 18 et 25 ans et ils vont écrire la totalité de L’Humanité de lundi. Depuis ce matin, samedi 23 janvier, ils se comportent comme de véritables journalistes. Ce sont les cent jeunes qui ont pris possession des manettes du journal dans le cadre de notre initiative “L’Humanité-jeunes -Libres échanges”. Je ne résiste pas au plaisir de vous dire à la fois ma joie, mon émotion et ma satisfaction de les accueillir, ces jeunes qui sont l’espoir.
Depuis la fête de L’Humanité près de 6 000 jeunes sont inscrits à ce projet “Libres-échanges ” et reçoivent le journal chaque jour depuis quelques mois. Ils peuvent écrire des articles en permanence sur le site internet “humanité.fr” et chaque jeudi une à deux pages leur est consacrée dans le quotidien. Chaque année nous invitons une centaine d’entre eux à écrire le journal d’un lundi. Rendez-vous a donc été pris pour ce week-end.

Ils sont donc là. Ils travaillent. Lundi c’est LEUR journal que vous pourrez lire. J’invite tous les bien-pensants, les méprisants de la jeunesse si souvent fustigée de différentes manières, à vivre la même expérience que nous ! Il n’y a pas de mots assez précis pour décrire la beauté de ces jeunes qui consacrent leur week-end à déchiffrer l’actualité. Oui : beauté. Doublée d’une grande gentillesse, de respect. J’ai été frappé par le niveau de leurs réflexions, leur connaissance de l’actualité, des contradictions de ce monde en bouleversement, des choix de leurs sujets – à mille lieux de la médiacratie ambiante-, leur volonté de comprendre et faire comprendre. Ils veulent donner le meilleur aux lecteurs.
Ils ont désigné leurs chefs de rubrique, se sont réunis, ont décidé le menu du journal de lundi, l’ont présenté à l’assemblée générale de rédaction qu’ils constituent désormais et ont tranché ensemble des priorités. Ils réalisent “leur journal ” en toute liberté, les journalistes professionnels de L’Humanité devenant pour la circonstance leurs “assistants”.
Au passage je remercie ces équipes de L’Humanité si dévouées, si disponibles malgré un emploi du temps déjà très chargé. Mais je me dois de dire ma fierté d’animer de telles équipes se mettant au service de ces jeunes et plus généralement au service des beaux combats pour l’émancipation humaine.
Les jeunes qui écrivent L’Humanité ce week-end viennent de toute la France et sont de toutes origines sociales. Ils sont la France, l’Europe, et le monde qui vient. Nous accueillons des jeunes sans papiers ou encore un jeune Haïtien. J’ai été frappé par la volonté et l’engagement des jeunes filles. Je crois qu’elles occupent la majorité des responsabilités. Dans une certaine presse ce sont les grands patrons qui sont invités à écrire le journal ; ailleurs on honore quelques petits politiciens ; ailleurs encore ce sont des vedettes… Toujours les mêmes qui ont accès aux médias. A L’Humanité nous disons ”Place aux jeunes”, “Prenez la parole”. A L’Humanité ce sont les jeunes et les salariés qui sont à la Une. Décidément nous n’avons pas les mêmes valeurs !!
Bref, une belle journée. Une journée où tous ces beaux visages donnent espoir. Et L’Humanité peut s’honorer de faire vivre la citoyenneté en actes.
Haïti au cœur Répondre
Le formidable élan de solidarité mondiale envers le peuple haïtien fait chaud au cœur. L’ampleur des solidarités populaires reste plus forte que les égoïsmes que les puissants voudraient nous inculquer. C’est plutôt rassurant sur la nature humaine. Il faut continuer !
Saluons une nouvelle fois toutes les ONG, les professionnels de la santé, de la sécurité civile pour leur courage et leur dévouement. Il est dommage que la coordination de cette aide ne soit pas mieux organisée. Il ne faudrait pas rajouter du chaos au chaos ! C’est l’urgent ! Il manque de tout là-bas : d’eau potable, de médicaments, de médecins, de couvertures, de nourriture. Ce peuple courageux et digne, envers qui nous avons une immense dette, doit affronter l’insupportable, l’horreur de la mort provoquée par un séisme si puissant qu’il a réduit la solidité du sol à la fragilité d’une feuille de papier. Injuste, rageant, révoltant que cette île, baptisée du beau nom de « perle des caraïbes », ait pu être ainsi transformée en un vaste champ de ruines, en un amas de décombres. L’un des pays les plus appauvri du monde subit une des plus grandes catastrophes qu’ait connue la planète. Depuis des jours nos frères haïtiens survivent en enfer.

Oui, révoltant, car il n’y avait aucune fatalité à tant de dévastations et de fauchages de vies humaines. Si les bâtiments avaient été plus solides, si le système de santé et de services publics avaient été en situation de réagir, si l’Etat n’était pas sous tutelle, si ce peuple n’avait pas été, depuis si longtemps, acculé à la pauvreté, à la misère, ponctionné hier par de fortunés blancs esclavagistes et aujourd’hui victime d’une puissante sangsue répondant au nom de Fond Monétaire International, il en eut été autrement.
Bien sûr, ce ne sont pas les pouvoirs mondiaux qui organisent les tremblements de terre! Mais notre révolte naît de cette violente injustice qu’un séisme de même amplitude ne provoque pas les mêmes dégâts selon qu’il se produit à Port-au-Prince ou à Tokyo. Celui-ci va peut être faire plus de victimes que le tsunami. Comment expliquer que des avions militaires, des satellites qui scrutent le sol en permanence, au dessus de l’Irak et de l’Afghanistan, ne soient pas mis au service du bien commun, de la vie ? Comment justifier que des centaines de milliards de dollars soient gaspillés chaque jour dans la course aux armements et que, non seulement, on laisse un peuple démuni, mais on continue à le dépecer de tout. Depuis deux cent ans, l’ancienne Hispanola, la petite Espagne de Christophe Colomb s’épuise à rembourser une odieuse dette sans cesse grossie de ses intérêts. Il y a à peine cinq ans, après le cyclone « Jeanne », Haïti a dû débourser des dizaines de fois plus d’arriérés de créances pour obtenir à peine dix pour cent de ce qui lui avait été promis pour sa reconstruction.
Encore une fois les institutions financières internationales portent une lourde responsabilité, jusqu’à faire perdre à ce peuple sa souveraineté politique et économique.
Et même si nous saluons les efforts de solidarité des Etats-Unis depuis le séisme, le dévouement de ses médecins, de ses spécialistes de la sécurité civile, nous mettons en garde. Les dirigeants nord-américains, présidents d’hier et d’aujourd’hui, alliés pour la circonstance, ont un comportement qui ressemble à un « colonialisme de la solidarité ». Y-a-t-il besoin de 12 000 marines pour envahir l’île ? Au nom de quoi se sont-ils emparés de l’aéroport ? Pourquoi ne pas avoir réuni le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies pour organiser une coopération mondiale de solidarité, sinon pour écarter et discréditer l’ONU, une nouvelle fois ?
Le séisme ne doit pas fournir l’occasion aux dirigeants nord-américains d’occuper l’île, de l’administrer et d’installer des bases militaires dans la région, après celles qui l’ont été en Colombie et après les coups en sous-main au Honduras.
Et on ne peut que déplorer que l’Union européenne, qui paraît-il s’est doté d’un Président stable et d’une ministre des affaires extérieures, avec le traité de Lisbonne, soit restée si longtemps silencieuse, inactive, en tant qu’institution et communauté.
Tout en participant à l’indispensable solidarité avec le Secours Populaire Français, nous nous engageons à ne pas oublier, les enfants, le peuple d’Haïti. Sans attendre, les institutions financières, les Etats doivent annuler, sans condition, toutes les dettes. La France et les Etats-Unis doivent réparer les effets de leurs politiques depuis l’indépendance de l’île. Une grande conférence de reconstruction et de développement durable d’Haïti, créant les conditions de sa souveraineté économique et politique, doit être organisée sous l’égide de l’ONU. Nul humaniste ne peut vivre tranquille tant que nos semblables à Haïti et ailleurs devront supporter l’insupportable souffrance. Ce peuple n’a jamais rien eu que son courage. Ne le laissons pas tomber!
Haïti ne doit pas être l’enjeu d’une bataille de domination entre grandes puissances 1
Le 1er février une soirée fraternelle pour fortifier l’Humanité 3
Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité
Éditer chaque jour un quotidien national de la gauche transformatrice demeure une tâche extrêmement difficile. La publication de l’Humanité n’est rendue possible que par le dévouement et les efforts considérables de ses équipes, le soutien permanent de ses lectrices et lecteurs, des amis de l’Humanité et les dispositifs d’aides d’État au pluralisme de la presse écrite acquis au fur et à mesure de nos combats.
L’an passé encore, les lectrices et lecteurs ont beaucoup épaulé le journal en lui apportant plus de 650 000 euros de dons, après avoir versé en 2008 plus de deux millions d’euros de dons et prêts. Qu’ils en soient ici une nouvelle fois remerciés. Cette souscription, qui désormais donne droit à des réductions d’impôts, est relancée en 2010.
Depuis la rénovation de l’Humanité quotidienne, près de 500 lectrices et lecteurs ont réalisé un abonnement de parrainage militant à l’Humanité, tandis que 300 autres en ont fait de même à l’Humanité Dimanche. Au nom du pluralisme et de l’utilité de l’Humanité pour la société en tant que référent du traitement de la question sociale, en tant que journal au service du débat et de la gauche transformatrice, de multiples organisations, personnalités, citoyens s’intéressant à la chose publique, créateurs de toutes disciplines, artistes accompagnent le journal fondé par Jean Jaurès, lui manifestent leur solidarité en actes. Ce fut le cas il y a un an avec la publication d’un numéro spécial de soutien comprenant un CD Douze artistes ‚Äö√Ñ√¨ douze chansons pour soutenir l’Humanité.
C’est également en ce sens que de nombreux artistes et créateurs ont décidé d’organiser avec nous le 1er février prochain au Bataclan à Paris une soirée de soutien pour le pluralisme de la presse et le développement de l’Humanité. Sans attendre la liste définitive de celles et ceux qui se joindront à nous, nous remercions chaleureusement les premiers participants de cette soirée soutenue par Édouard Glissant : les responsables du Bataclan, Allain Leprest, Jacques Higelin, Archie Shepp, Bernard Lubat, Francesca Solleville, Yves Jamait, Sapho, La Canaille, la fanfare Krakens, Chanson plus bifluorée et bien d’autres encore, écrivains, poètes, journalistes, syndicalistes qui souhaitent contribuer à élargir l’audience de l’Humanité.
Cette soirée de la fraternité et de la convivialité se déroulera dans le prolongement de l’édition de l’Humanité du 25 janvier écrite par les jeunes lecteurs. Elle constituera en même temps un moment d’échanges avec les équipes du journal après la rénovation de l’Humanité en octobre, avant le lancement des rénovations de l’Humanité Dimanche, du site Internet, et pour le début de la préparation de la Fête de l’Humanité dont nous célébrerons les quatre-vingts ans. Elle sera aussi l’occasion de relancer une grande campagne d’abonnements appelant chaque lectrice, chaque lecteur à abonner l’un ou l’une de ses amis à l’Humanité ou à l’Humanité Dimanche.
Développer l’Humanité durablement passe en effet par la mobilisation de ses lectrices et lecteurs. Rendre encore plus efficace l’Humanité dans le paysage médiatique, politique, culturel, social passe par l’élargissement de celles et ceux qui peuvent le lire.
Nous vous donnons rendez-vous le 1er février au Bataclan pour une soirée pleine d’humanité.
Pour lire les articles cliquez :
GRAND SUCCES DE LA SOIREE DE L’HUMANITE AU BATACLAN
Les Jeunes ont fait L’Humanité ! (La vidéo)

![patrick-le-hyaric-hd21[1]](http://patricklehyaric.files.wordpress.com/2010/01/patrick-le-hyaric-hd2111.jpg?w=468)
