Stop au racisme 3

 

Dans le sud de l’Italie, la petite ville de Rosarno, en fin de semaine dernière, a été le théâtre  d’un événement d’une extrême gravité. Rien à voir avec un banal “fait divers”. C’est plutôt de  ”pogrom” dont il conviendrait de parler.

Imaginez une ville de Calabre qui accueille chaque année plus de 4000 ouvriers agricoles embauchés temporairement pour ramasser les clémentines et les mandarines. La plupart du temps, c’est la mafia qui va chercher cette main d’œuvre étrangère, rémunérée à peine vingt-cinq euros, pour une moyenne de quatorze heures de travail par jour.

Ces travailleurs sont employés illégalement, survivent dans d’indescriptibles campements taudis insalubres,

sans eau, ni électricité bien souvent. Traités comme des chiens, ces malheureux  subissent quolibets, agressions, vexations, provocations, dans un climat malsain de haine entretenu en haut lieu. Avec un Président du Conseil italien qui peut se permettre de qualifier le Président des Etats-Unis de « bronzé »!

Comme pour boucler la boucle, chacun sait à quel financement politique sert l’argent de la mafia.

Le vase  de ce racisme ordinaire a débordé, il y a huit jours, quand  deux de ces travailleurs ont été violemment agressés et blessés par une arme. En solidarité, leurs camarades de souffrance se sont révoltés et ont manifesté publiquement. Dés lors, une petite partie de la population, soutenue bruyamment par le ministre de la défense, s’est livrée à une véritable chasse à l’homme, une sorte de pogrom, qui a fait plusieurs blessés.

Voilà qui en dit long, de ce monde de brutes, sur le type de relations qu’on veut imposer aux êtres humains et  sur la nature de cette Europe. Et la France n’est pas épargnée par cette gangrène.

Voilà où mène l’organisation de la concurrence de tous contre tous, l’exploitation forcenée du travail, la pression généralisée sur le pouvoir d’achat salarié pour obtenir des mandarines ou des clémentines achetables sur nos étals. lire la suite