Patrick Le Hyaric / Dominique Baudis : La Présidence de l’Europe
Patrick Le Hyaric / Dominique Baudis : La Présidence de l’Europe
Editorial de l’Humanité dimanche
Au pays de Voltaire et de Hugo, de Zola et de Jaurès, démocratie et libertés ont façonné en profondeur l’identité de la France républicaine. Il n’est pas exagéré de dire que ces valeurs essentielles sont sournoisement mais très méthodiquement attaquées derrière une multitude de rideaux de fumée dont le dernier en date est celui de « l’identité nationale ».
Ce dernier sert à raviver tous les populismes et nationalismes et à camoufler les énormes balafres que produisent les poignards sarkozystes contre les droits sociaux et économiques, constitutifs d’un progressisme « à la française ». Certes, il s’agit de rassurer un électorat de droite qui perd confiance et de conserver celui d’extrême-droite avant les élections régionales. Mais, plus fondamentalement, l’ambition du pouvoir vise à modifier profondément la France pour la plier de force et plus vite au capitalisme mondialisé.
Ainsi, c’est au moment même où il applaudit des deux mains l’adoption volée et forcée du traité ultra-libéral de Lisbonne, qu’il lance cette thématique de « l’identité nationale ». Un traité qui, précisément, rend supérieure la directive européenne sur la loi nationale. Ajoutons qu’il est curieux, très curieux de lire parmi d’autres affirmations discutables dans le discours du Président de la République de La Chapelle en Vercors, le 12 novembre dernier, cette phrase selon laquelle : « Depuis deux siècles, à part l’expérience sanglante de la terreur, nul totalitarisme n’a menacé nos libertés » ! Qu’était donc le système contre lequel sont tombés les maquisards du Vercors pour défendre la liberté ? Ils sont morts en combattant ces systèmes mortifères, sordides et liberticides qu’ont été le nazisme et le pétainisme qu’on voudrait donc effacés de nos livres d’histoire et de nos mémoires ? Lire la suite
Au cours de notre réunion du groupe confédéral de la gauche unitaire européenne – gauche verte nordique, ce 19 novembre, nous avons reçu le vice-président des affaires étrangères du Salvador, M. Castanedo et le député du Parlement latino-américain M. Bucaro.
Ils nous ont informés de la situation gravissime que connaît le Salvador après le cyclone dont il a été victime. Plus de 200 morts, des centaines de blessés, 200 écoles fermées, manque d’eau potable, destruction des égouts, manque de médicaments. Les effets de ce cyclone se trouvent aggravés par les politiques de destruction des services publics, menées par l’extrême droite avant la victoire de la gauche, il y a quelques mois.
Le gouvernement et les parlementaires des gauches salvadoriennes en appellent à la solidarité internationale et ont proposé aux Etats et à l’Union européenne une réunion de bailleurs de fonds pour la reconstruction.
Les responsables salvadoriens nous ont aussi alertés sur la nature du traité d’association Union Européenne-Amérique centrale en préparation. Ils contestent le projet d’un traité libre-échangiste ultra-libéral qui reviendrait à une « recolonisation », à piller encore les richesses du pays, à réduire la souveraineté alimentaire, à empêcher ce pays de reconstruire ses services publics.
Ils insistent donc, à juste raison, sur la nature et le contenu des accords Salvador-Union Européenne. Ils ont évidemment notre soutien au sein du Parlement européen.
Ils ont également insisté sur la situation née au Honduras, après le coup d’Etat perpétré contre le président Zelaya. Celui-ci n’est pas un épiphénomène. Tous les pays d’Amérique latine et d’Amérique centrale (Venezuela, Guatemala, Nicaragua, Salvador, …) subissent des pressions des forces du capital mondial et des dirigeants nord-américains.
C’est ce qu’un ministre du gouvernement de M. Zelaya, que j’ai rencontré avec Cathy Ceïbé, journaliste à l’Humanité, vendredi 13 novembre, m’a démontré avec force (lire l’entretien du Président Zelaya dans l’Humanité de ce jour). Laisser affaiblir la gauche latino-américaine reviendrait à affaiblir un peu plus les gauches européennes et mondiales.
L’enjeu est d’une extrême importance. Solidarité !
Editorial de la Terre
En taxant les indemnités d’accident du travail, le pouvoir de droite vient une nouvelle fois de montrer qui il sert. Il vote, une année de plus, le bouclier fiscal qui représente un cadeau de 15 milliards d’euros, aux plus riches. Il veut supprimer la taxe professionnelle, représentant un
cadeau de plus de 20 milliards aux plus grandes entreprises en mettant en difficulté les communes et les départements. Mais il taxe celui qui souffre déjà dans sa chair après un accident de travail. Cela enrichira t-il l’Etat au point de le sortir de ses déficits, comme le disent les parlementaires de droite ? Absolument pas ! Cette disposition rapportera 150 millions d’euros dans les caisses de l’Etat. 150 millions d’euros pris aux petites gens qui n’ont que leur travail pour vivre et 15 milliards pour les puissants, 20 milliards pour les grandes entreprises. On devrait aussi parler de l’exportation de capitaux par dizaines de milliards et des coffres-forts des paradis fiscaux.
Voilà les deux plateaux de la balance sarkozyste. Ils penchent du côté des plus riches et des puissants. Ajoutons que les niches fiscales représentent 73 milliards d’euros. Lire la suite