Quand les murs succèdent aux murs 5

Nous avons apporté, la semaine dernière, notre pierre au débat sur la fin du mur de Berlin. Nous avons dit à quel point il était nécessaire de tirer tous les enseignements de cet événement historique, qui restera un des faits les plus saillants de l’entrée dans un nouveau siècle.

Qu’il s’agisse de la nature du système qu’il représentait et des raisons pour lesquelles un type de transformation sociale marquée par le stalinisme et le soviétique a échoué, rien ne doit être occulté, surtout quand s’impose le constat que la chute du mur n’a pas rendu la mondialisation capitaliste plus acceptable. Bien au contraire !

Certes, les grands médias ont multiplié les émissions spéciales jusqu’à l’overdose, mais ont-il pleinement contribué à une véritable confrontation des points de vue, des interprétations et des enseignements possibles? Je ne le pense pas. Trop souvent, ils sont apparus au service d’une pensée unique : faire que cet échec patent se confonde avec celui de l’idée  communiste. D’ailleurs, peu d’historiens, d’analystes, de responsables de la gauche, communistes ou non, ont été invités à débattre sérieusement de l’après chute du mur de Berlin. Pourquoi tenter ainsi d’enfermer la réflexion de nos concitoyens dans le cadre étriqué d’un système capitaliste indépassable ? Tout simplement parce que ce dernier, en crise profonde, fait la démonstration de son incapacité à apporter à chacun dans le monde de quoi se nourrir, se loger, travailler, se soigner, s’éduquer, se cultiver…bref, de quoi vivre humainement.  D’ailleurs un sondage réalisé auprès de 29 000 personnes de l’Union Européenne, pour la BBC, montre que plus du quart de ceux qui ont répondu à cette enquête, estiment que le système capitaliste est « mauvais par essence » et doit être remplacé par un autre système économique. A l’opposé, le message subliminal de ces derniers jours a consisté à demander aux peuples d’accepter la vie telle qu’elle est à un moment où précisément l’attente d’autre chose grandit. On comprend mieux pourquoi, par exemple, les aspirations des populations des pays de l’Est avant et après la chute du mur de Berlin ne sont pas mises en débat. Leur vie actuelle sous le joug de l’ultra-libéralisme le plus sauvage, leur insertion dans une construction européenne ultra-capitaliste non plus. Comme partout dans le monde, ces peuples ont rêvé et aspiré à la liberté, à la démocratie, à l’amélioration de leur niveau de vie, mais pas à ce capitalisme débridé. Ils ont, à coup sûr, encore moins rêvé de devenir une variable d’ajustement de l’Europe capitaliste. C’est pourtant ce qu’on leur impose aujourd’hui. Lire la suite