L’échec du soviétisme, l’échec des tentatives sociales-démocrates et la crise historique du capitalisme appellent une mobilisation de la réflexion 3

EDITORIAL DE L’HUMANITE DIMANCHE

Nous ne nous plaindrons pas que beaucoup de choses soient dites à propos du 20ème anniversaire de la destruction du mur de Berlin. Un tel événement, de portée historique, appelle en effet des débats, sans tabou, au moment où le capitalisme fait la preuve de son incapacité à résoudre les questions fondamentales posées à l’humanité. Pour être salutaire, utile,  qu’ils soient les plus approfondis,  les plus sérieux,  les plus ouverts et contradictoires possibles.

La construction du  mur de Berlin a certes été le produit d’une histoire tragique. Mais, remarquons cette incongruité de la séparation du peuple allemand par un mur hermétique, gardé par des militaires et des policiers, autorisés à tirer sur toute personne tentant de le franchir. Son effondrement est aussi le résultat d’une histoire tout aussi dramatique que préoccupante : celle de la perversion d’un bel idéal baptisé « communisme » ou « socialisme ».

La chute du mur qui n’était que l’une des phases terminales d’un processus entamé des années auparavant, a accéléré la fin de ce système nommé du mot de « communisme » alors qu’il s’agissait de sa caricature « le soviétisme ». Qu’il ait apporté un certain nombre de progrès sociaux, des avancées, dans l’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à la culture, à la garantie de l’emploi, est indéniable. Mais, le niveau de vie des populations y était resté faible, l’accès aux biens de consommation courante difficile et surtout, une tare profonde, indélébile le conduisait inexorablement à sa perte : son refus de reconnaître la démocratie et la liberté, comme des données humaines, universelles pour tout progrès humain, social, culturel, a fortiori lorsqu’on prétend construire une société faite pour l’émancipation humaine. Lire la suite