EDITORIAL DE L’HUMANITE DIMANCHE
Notre critique du système institutionnel mis en place depuis 1958 porte sur la présidentialisation, l’abaissement du rôle du Parlement, un mode de scrutin ne respectant pas la réalité politique du pays. L’inversion du calendrier électoral voulue par M. Jospin a accentué tous ces traits négatifs d’un pouvoir de plus en plus concentré en de mêmes mains.
Mais, aujourd’hui, n’assiste-t-on pas à un « dépassement régressif » de ce système déjà dépassé ? Il s’installe imperceptiblement un nouveau régime, progressant vers le stade suprême d’une monarchie présidentielle, caractérisée par un césarisme à peine caché.
C’est l’une des leçons à tirer à la moitié du mandat de M. Sarkozy. Cette dérive tient certainement à la personnalité du Président élu il y a deux ans. Mais, au-delà, elle doit correspondre à la période historique nouvelle dans laquelle nous sommes entrés.
Celle d’une crise historique du capitalisme dont le caractère financiarisé et mondialisé accentue encore une guerre économique dont les dégâts sociaux et environnementaux sont trop sous-estimés. Nous ne sommes plus dans la tradition politique de la droite française telle qu’on l’a connue depuis la fin de la seconde guerre mondiale. De nombreux phénomènes ont ouvert la voie à ce qui se passe aujourd’hui, parmi lesquels : les bouleversements internationaux, les mutations sociologiques et industrielles, l’affaiblissement des syndicats, de la gauche de transformation, notamment du Parti communiste. Lire la suite
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