Un dangereux basculement 1

EDITORIAL DE L’HUMANITE DIMANCHE

Notre critique du système institutionnel mis en place depuis 1958 porte sur la présidentialisation, l’abaissement du rôle du Parlement, un mode de scrutin ne respectant pas la réalité politique du pays. L’inversion du calendrier électoral voulue par M. Jospin a accentué tous ces traits négatifs d’un pouvoir de plus en plus concentré en de mêmes mains.

Mais, aujourd’hui, n’assiste-t-on pas à un « dépassement régressif » de ce système déjà dépassé ? Il s’installe imperceptiblement un nouveau régime, progressant vers le stade suprême d’une monarchie présidentielle, caractérisée par un césarisme à peine caché.

C’est l’une des leçons à tirer à la moitié du mandat de M. Sarkozy. Cette dérive tient certainement à la personnalité du Président élu il y a deux ans. Mais, au-delà, elle doit correspondre à la période historique nouvelle dans laquelle nous sommes entrés.

Celle d’une crise historique du capitalisme dont le caractère financiarisé et mondialisé accentue encore une guerre économique dont les dégâts sociaux et environnementaux sont trop sous-estimés. Nous ne sommes plus dans la tradition politique de la droite française telle qu’on l’a connue depuis la fin de la seconde guerre mondiale. De nombreux phénomènes ont ouvert la voie à ce qui se passe aujourd’hui, parmi lesquels : les bouleversements internationaux, les mutations sociologiques et industrielles, l’affaiblissement des syndicats, de la gauche de transformation, notamment du Parti communiste. Lire la suite

Nourrir la planète Répondre

En cette journée mondiale de l’alimentation et à la veille de la journée du refus de la misère, j’ai fait une adresse solennelle au  Président de la République. Il est urgent d’agir face au paradoxe terrible que connaît notre monde où plus d’un milliard d’êtres humains subissent la famine alors que des milliers d’exploitations sont au bord de la fermeture en Europe et que des paysans du monde entier sont privés de terre et de droit du travail

Le capitalisme va à l’encontre de l’accès à la nourriture et à l’eau. La France doit agir énergiquement pour une nouvelle solidarité mondiale.

Je mets  en débat, à travers cette lettre, trois grands axes de travail :

-          Au niveau mondial, la France doit être à l’initiative d’une grande conférence mondiale sur l’alimentation et l’agriculture, celle-ci serait placée sous l’égide de l’ONU et aurait pour rôle de prendre des mesures contraignantes ;

-          Face aux choix ultralibéraux  de la commission européenne, il est indispensable de repenser la politique agricole commune sur la base de la rémunération du travail, la régulation d’une production de qualité, la vie des territoires et l’environnement ;

-          Dans notre pays, je propose la mise en place d’un grand plan national de sauvetage et de développement de l’agriculture. 

 

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Appel européen contre les retours forcés en Afghanistan 3

signer la pétition

A la suite du démantèlement du camp principal de Calais le 22 septembre dernier où résidaient de nombreux migrants afghans, le président de la République française a annoncé l’organisation de retours forcés vers l’Afghanistan en coopération avec le Royaume-Uni, conformément à l’arrangement franco-britannique du 6 juillet 2009.180px-Logo_france_terre_d'asile[1]

Nous considérons que le retour forcé vers l’Afghanistan ne constitue pas, dans l’instant, une solution acceptable. La situation sécuritaire dans ce pays s’est fortement dégradée ces dernières années. Nul n’est en mesure d’y assurer la sécurité des personnes, pas même la coalition internationale présente en Afghanistan. Renvoyer les Afghans dans leur pays remettrait en cause les valeurs défendues par l’Union européenne, garanties notamment par la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Lire la suite

Vive le débat d’idées 1

Editorial de l’Humanité dimanche

Si on n’écoutait que les bourdonnements du complexe politico-médiatique de la semaine passée, on croirait vivre dans un monde irréel. Un lourd couvercle s’est en effet abattu sur les résultats de la votation citoyenne pour la Poste publique, sur la souffrance au travail ou sur l’accélération du chômage et de la pauvreté, sur la forte hausse à venir des carburants, du forfait hospitalier, sur la taxation des congés maladie, sur la suppression de la taxe professionnelle ou encore la dislocation envisagée des collectivités locales. Après s’être bruyamment réjoui de l’acception forcée par le peuple irlandais du traité de Lisbonne, nulle part on ne pose la lourde question de la surévaluation de l’euro par rapport au dollar qui constitue une « inégalité de concurrence » et destructeur d’emplois industriels et agricoles.

Il aura suffi de la violente harangue de la chef de file de l’extrême-droite pour focaliser toutes les attentions sur un livre du Ministre de la culture écrit il y a plusieurs années. A l’époque ce livre avait été traité convenablement par la presse. Le tourisme sexuel n’était pourtant pas plus acceptable il y a cinq ans qu’aujourd’hui. Ceux qui ont nommé M. Mitterrand l’ont fait en conscience. Et lui a accepté d’être ministre aussi en conscience. Par contre, il n’y a aucun  débat sur les enjeux de la politique culturelle, sur les réductions des budgets de la culture, sur la précarité des salariés du spectacle. Non ! On a assisté à une suite d’embrouillements des cerveaux dont le commun des mortels ne peut démêler le vrai du faux, l’essentiel de l’accessoire. Lire la suite