Avec les paysans du Lot et Garonne 1

Le soleil brille ce mercredi 12 août sur les belles terres du Lot et Garonne. Ce département qui était l’un des jardins de notre pays. Le savoir faire des agriculteurs, le climat, le labeur de ces travailleurs de la terre en ont fait une belle région, couverte de cultures de tomates, de melons, de salades ou de vergers.

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Il y aurait bien de quoi manger quatre ou cinq fruits par jour comme le préconise les experts médicaux. Mais voilà le pouvoir d’achat de l’immense majorité de la population  le permet de moins en moins. Mais ce jour là, les yeux et le cœur des paysans sont sombres, très sombres. On y lit l’angoisse, l’inquiétude et la peur du lendemain,  comme des gens qu’on a collé à un mur, sans perspective, sans avenir. Des hommes et des femmes pourtant si chaleureux, si courageux, si fiers de leur métier et de leur terre mais que les politiques ultralibérales font mourir à petit feu. Cela fait des années qu’ils subissent crise après crise.

Après les déclarations du ministre de l’agriculture, M. Le Maire, la semaine dernière, je voulais me rendre me compte par moi-même de leur situation. Ce que je découvre ce mercredi 12 août à leur contact est proprement insupportable, dramatique, révoltant pour ces femmes et ces hommes.

C’est à l’invitation de mon ami Raymond Girardi, secrétaire général du Modef et vice-président du Conseil général du Lot-et-Garonne que j’ai passé cette journée avec des producteurs de fruits et légumes, des coopérateurs, des élus, dont le député-maire de Marmande, Gérard Gouze. Je souhaitais pouvoir évaluer la situation réelle des petits et moyens producteurs agricoles de fruits et légumes comme ceux d’autres filières, lait et viande bovine. Au-delà de ce que je pensais, j’ai été confronté à l’insupportable situation faite aux travailleurs de la terre.

En une journée, j’ai à nouveau vu un concentré de la folie de ce capitalisme débridé. Cet antihumanisme à l’état pur. 

Témoignages

D’emblée, Christian, le président d’une coopérative, utilise une image pour nous mettre d’emblée au clair. « Ceux qui étaient hier dans le rouge sont en train de disparaître ; ceux qui étaient à l’orange ont une situation qui devient rouge et ceux qui allaient bien, dans le vert, passe à l’orange », nous dit-il. La situation est en effet plus que dramatique et il est curieux que les grands médias n’informent pas sur celle-ci. Elle concerne pourtant tous les consommateurs de notre pays. Le coût de revient du kilo de tomates se situe entre 0,70 centime d’€ et 1€. Il est payé 0,45centimes d’€ aux producteurs. Le coût de revient d’une salade est de 0,30 centimes d’€. Elle est payée 0,20 centimes d’€ aux producteurs. Ce matin même le kilo de pommes de terre se négociait à 0,50 centimes d’€. Et l’après midi, des habitants du village nous apportent un prospectus d’un supermarché où ce même kilo de pommes de terres est vendu 0,99 centimes d’€ le kilo. Autrement dit, les agriculteurs paient pour travailler. Chaque jour, ils perdent de l’argent, beaucoup de manque à gagner, au point d’être étranglés, poussés sur les chemins noirs de la détresse et de la misère demain si rien n’est fait.

 Bruxelles casse nos pays

Et une réflexion revient comme une litanie permanente qui explique mieux que tous les sondages « postélectoraux » et toutes ces pseudo analyses de spécialistes, l’abstention aux élections européennes. « Que nous apporte l’Europe » ? « Quel résultat concret de cette mise en concurrence » ? « Nous sommes de moins en moins d’agriculteurs et notre quantité de production a considérablement diminuée », répond Raymond Girardi, devant des hochements de têtes approbateurs. Et aujourd’hui, les productions se délocalisent, en Espagne, au Maroc, en Pologne même où on emploie des salariés ukrainiens encore moins bien payés que les polonais. En Espagne, en Italie, en Allemagne, on fait venir de la main-d’œuvre marocaine  ou turque en utilisant le principe de la directive Bolkestein selon laquelle les ouvriers saisonniers sont payés selon le droit social du pays d’origine. Le combat contre cette directive qu’avait menée avec acharnement et courage mon ami Francis Wurtz, y avait provoqué des fissures mais ce combat doit aujourd’hui se poursuivre dans l’intérêt de tous.

Et puis, il y a cette remarque générale sur l’Europe, « machine bureaucratique », contre le travail paysan. Gérard Gouze, le député maire socialiste de Marmande qui a pris le temps de nous recevoir à la mairie est très inquiet des dérives ultralibérales de cette Europe et pour la situation économique pour sa communauté d’agglomération de Marmande. Michel Cerruti, qui est l’un de ses adjoints, secrétaire départemental du Parti communiste, montre comment la casse industrielle, les difficultés faites aux PME et la crise agricole se cumulent avec des conséquences terribles.

Et cette lamentable affaire selon laquelle la Commission européenne réclame de 500 à 700 millions d’€ à la France, que le nouveau ministre de l’agriculture entend faire payer par les producteurs soulève la révolte. Cette annonce est la parole de trop du ministre dans ce marasme général. D’abord,  expliquent tous nos interlocuteurs, la moitié des producteurs se retrouve aujourd’hui en retraite. Plutôt, ils reçoivent une aumône de misère en guise de retraite de 400 à 800€. En plus, on voudrait leur faire payer des décisions dont ils ne sont en rien responsables. Autant dire qu’on les jetterait à la rue alors qu’ils ont contribué à l’autosuffisance alimentaire de la France et de l’Europe. Personne ne peut comprendre que des aides publiques nationales puissent être ainsi mises en cause sur ordre de cette petite coterie de la Commission de Bruxelles, non élue, ayant à sa tête ce M. Barroso. Qu’ils aillent sur place voir la vie de ces agriculteurs ! Qu’ils sortent de leur bureau  capitonnés de Bruxelles et réalisent enfin, s’ils le peuvent, les dégâts de leur sinistre politique ultralibérale. 

Révoltant

Pire, l’argument de la concurrence est une funeste blague, un piège, un mensonge éhonté ! A cette époque, chaque pays avait sa monnaie nationale. Et c’est parce que l’Italie ou l’Espagne utilisaient le mécanisme de la « dévaluation compétitive » pour exporter leurs produits dans une France du « franc fort » à l’époque, que nos agriculteurs étouffaient et subissaient, année après année, déjà des crises de mévente ou le marasme des prix.

L’inégalité de concurrence était donc favorable aux pays à monnaie faible et défavorable à la France et à ses producteurs. C’est donc nous qui avons subi la concurrence. Ajoutons qu’en tout état de cause, les trop faibles aides publiques décidées par les gouvernements à la suite des mouvements paysans, n’ont pas empêché un véritable massacre de nos productions au détriment du développement de celles d’autres pays limitrophes dans le cadre d’une concurrence « pas si libre que ça et très faussée ».

Et ceci uniquement pour engraisser l’aval de la production, c’est-à-dire  les quatre ou cinq centrales d’achat et les supers marchés dont les propriétaires sont les mêmes. Eux ne sont pas à l’agonie ! Ils comptent parmi les plus grandes fortunes du pays. Par contre les travailleurs de la terre sont littéralement  asphyxiés. Jean qui cultive 14 hectares de fruits et légumes démontre combien « il est humiliant de quémander sans cesse des aides ». Robert, 37 ans, cultive 65 hectares en production de viande a été à la mairie pour demander le RSA. Son voisin, le plus important producteur laitier du département perd 250€ par jour et s’est lui aussi rendu à la mairie pour demander le RSA. On lui paie le litre de lait 0,27 centimes d’€. Le même lait est vendu 1,20€ à Bordeaux et à Paris. Comble du cynisme, on lui a acheté un veau de 12 jours, 1€. Oui, vous lisez bien,1 € ! IL s’est rendu à la banque pour renégocier des reports de remboursement de prêts. Réponse cynique de celle-ci : on ne peut pas ! On serait en soutien abusif ! … révoltant !! Ainsi la commission européenne demande un remboursement de 500 millions d’euros, dont 150 millions d’intérêts financiers au profit des banques qui serviront sans doute à verser quelques bons bonus à quelques traders ou des parachutes dorés à quelques dirigeants parasites. 

La loi du fric

Mais un producteur de lait asphyxié n’a pas le droit à une simple renégociation de prêt. Voilà la manifestation claire du fonctionnement de ce système à l’agonie. Où sont vos belles consignes aux banques M. le Président de la République ? D’ailleurs, quand vous les réunirez, paraît-il à la fin du mois d’août, après les séances de photos réalisées au Cap Nègre, n’oubliez pas de leur parler du cas de ce producteur de lait. Ne l’oubliez surtout pas !

Dans la cour de ferme de Jean ou maintenant, sous ce petit arbre qui nous protège des puissants rayons du soleil qui font de leur mieux pour faire rougir les tomates, dont personne ne sait si elles pourront être vendues, la vingtaine de personnes présentes écoutent effarées, stupéfiées, les poings fermés, tous ces témoignages. Il n’y a pas que le soleil qui frappe. Le capitalisme lui tape à faire mourir. Dignes, respectueux, chaleureux, mais le cœur lourd, tous mettent leur espoir dans l’unité des producteurs et des consommateurs, dans l’unité de forces progressistes pour qu’enfin on en sorte et qu’on vive bien et non pas plus mal que les générations précédentes.

 Se battre

« Que peux-tu faire maintenant pour nous », me demandent-ils d’un ton chaleureux, poli ? Je leur réponds : « c’est ensemble qu’on peut trouver une issue à votre situation. Mon groupe de la Gauche unitaire ne compte malheureusement que 35 membres dans le nouveau Parlement européen. Je vais donc porter vos paroles, faire connaître votre situation et chercher des alliances au sein du Parlement même, pour que vous soyez entendu ». D’ailleurs, leur dis-je, il y a là la presse. Elle va informer grâce à cette visite de votre situation. Vous avez là une journaliste de l’Humanité, Marie-Noëlle Bertrand, qui a déjà écrit, qui va le refaire. Il y a l’Humanité Dimanche, la Terre. On va donc casser le mur de silence qui entoure votre situation. Et je vais multiplier les interventions et les actions auprès du pouvoir, auprès de la Commission européenne pour que les choses bougent. Mais, nous serons d’autant plus forts que nous bougerons ensemble, dans l’unité, par delà nos opinions. Ce qui compte pour moi avant tout, c’est l’intérêt des travailleurs, ce sont vos intérêts, l’intérêt général. Dans l’immédiat, nous pourrions demander :

- Des aides compensatrices pour que vous puissiez atteindre la fin de l’année qui sont à chiffrer mais que j’estime à environ 250 à 300 millions d’€. Ce qu’a annoncé M. le ministre de l’agriculture, 15 millions d’€ est notoirement insuffisant.

- On peut demander, parce que nous sommes dans une situation de crise, d’appliquer la législation française qui permet d’appliquer dés la semaine prochaine un système de coefficient multiplicateur des prix de telle sorte que l’écart entre le prix producteur et le prix vendu aux consommateurs soit limité à 1,5 ou au maximum 2%.

- La politique agricole commune continue de prévoir qu’en cas de « crise manifeste » un pays peut demander le déclenchement du système de la clause de sauvegarde qui permet de bloquer toutes les importations déstabilisatrices des marchés. Je vais demander au gouvernement français d’intervenir en ce sens auprès des autorités européennes.

- Il faut abroger la loi dite « LME » loi de modernisation de l’économie qui fait la part belle aujourd’hui aux centrales d’achat et a mis les producteurs agricoles mais aussi d’autres dans un rapport de forces défavorable pour négocier.

Mais les questions fondamentales que nous avons soulevées avec le Front de Gauche durant la campagne des élections européennes sont toujours de pleine actualité. Les traités européens qui codifient le libre échange planétaire généralisé, la liberté de circulation des capitaux et des marchandises, sont plus que jamais néfastes, il faut les abroger et les remplacer par des traités progressistes sociaux et écologiques européens.

 Perspectives

Il faut empêcher la renégociation de la PAC telle qu’elle est envisagée mais au contraire obtenir une nouvelle politique agricole européenne qui fixe comme base des prix minimum, rémunérateurs du travail et des investissements nécessaires pour une quantité donnée de production.

S’agissant des importations extra communautaires il faut remettre sur la table l’idée du mécanisme d’une taxe sociale à l’importation. Celle-ci pourrait servir à alimenter un fond dont la moitié serait destinée à aider les pays en développement d’où nous importons ces productions, à relever leurs normes sociales et écologiques. Et l’autre moitié servirait à l’harmonisation sociale par le haut dans l’Union européenne.

Cette journée pour moi a été d’une grande richesse. Elle va servir de base à des actions pour défendre les producteurs de fruits et légumes. La solidarité en action  des salariés, des consommateurs et des paysans est plus que jamais nécessaire. Car, la baisse du pouvoir d’achat conduit également à la baisse de la consommation de fruits et légumes, pourtant si indispensable. Le Modef viendra le réexpliquer la semaine prochaine avec les élus communistes et progressistes dans la région parisienne à Ivry-sur-Seine, de très bonne heure le matin pour débattre avec les habitants de nos cités et leur vendre des fruits au juste prix.

J’y serais.  

 

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Une journée en Lot et Garonne ( suite) Répondre

Au terme d’une journée de rencontre avec des producteurs ,des coopérateurs , des élus du Lot et Garonne ,je dois conclure que les situation des travailleurs de la terre est encore plus dramatique que je ne le pensais .J’ai découvert un désastre organisé par le libre-échangisme ultralibéral mondialisé.

Le cout de production du kilo de tomate est de0,70 a 1 € il est payé 0,45€ aux producteurs .le cout de production d’une salade est de 0,30€ ;elle est payé 0,20 € aux producteurs .Ce matin les pommes de terre acheté a la ferme était payé 0,5€ aux producteurs , Au même moment un supermarché distribuait dans le département un prospectus ou ces mêmes pommes de terre étaient vendues aux consommateurs 0,99€. Scandaleux . Et c’est ainsi dans chaque filière de production.

L’unes plus important producteurs de lait du département que j’ai rencontré a demandé le RSA pour pouvoir “tenter” de survivre, idem pour un autre qui lui est éleveur. Bref nous avons là un condensé des décisions de cette Europe capitaliste et de sa concurrence de tous contre tous. Car ces baisses de prix ; ces méventes sont le résultat du refus de mettre en place des calendriers d’importation négocié entre les pays de l’union ;du refus de la mise en place de prix minima intra -européen et d’harmonisation sociale par le haut . Toute la journée on m’a parlé d’une Europe inhumaine “machine bureaucratique». Le refus de cette Europe là est très profond. Cela ne signifie en rien que ces agriculteurs refusent l’idée d’un projet européen autre .Et puis il y cette goutte d’eau de 500 a 700 millions D’Euro par cette commission de Bruxelles. Personne ne peut comprendre que le ministre de l’agriculture s’est empressé de se coucher devant cette injonction Nous demandons avec force au gouvernement français de résister aux inadmissibles injonctions de la commission Barroso.

2/Ce n’est pas 15 millions d’euros dont ont besoin les producteurs de fruits et légumes pour compenser les pertes mais au bas mot 250 a 350 millions.

3: mais au delà les paysans refusent ces aumônes. Ils souhaitent des prix qui leur permettre de vivre

4/ En situation de crise le gouvernement doit déclencher le mécanisme dit du “coefficient multiplicateur” qui empêchent les centrales d’achat de multiplier les prix par 3 ,4 voir 7 entre le producteur et l’étal du supermarché.

5/Face a une telle crise le gouvernement doit déclencher ce que l’on appelle la clause de sauvegarde qui permet de se prémunir contre des importations abusives destructrices de notre potentiel humain et productif. Comme pour tous les salariés aidons les agriculteurs ; solidarisons les paysans et les consommateurs. Ne Laissons pas diviser la société et le peuple face aux puissants. Ces agriculteurs viendront a la rencontre des populations de la région parisienne Ce 20 aout. Rendez vous a Ivry pour une vente de leurs produits au juste prix.

Une journée auprès des producteurs agricoles du Lot-et-Garonnne 1

«  Ce mercredi 12 août, je suis toute la journée dans le département du Lot-et-Garonne, à l’invitation de Raymond Girardi, vice-président du Conseil Général, afin, en tant que député européen, membre de la commission agriculture du Parlement européen,  de me rendre compte de la situation terrible qui est celle des producteurs de fruits et légumes, encore nombreux dans ce terroir du Sud-ouest.

Ces paysans qui depuis des années se battent pour survivre ont reçu cet été comme un coup de massue l’annonce du ministre Bruno Le Maire de l’acceptation  par la France d’un remboursement de 500 à 700 millions d’euros à Bruxelles à la charge des paysans.

 

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Devant le tollé général et avec la crise que rencontre le secteur des fruits et légumes, le ministre a annoncé une aide de 15 millions d’euros. Mais c’est au bas mot 250 à 300 millions d’euros qui seraient nécessaires.

J’ai  visité ce matin la coopérative « Saveurs du Sud-ouest » afin de me rendre compte du désarroi de la filière.

Je proteste énergiquement contre la demande de Bruxelles invoquant une distorsion de concurrence dans les années 90.

Il n’y a jamais eu de distorsion de concurrence. A cette époque, certains pays de l’Union européenne procédaient à des dévaluations compétitives de leur monnaie nationale au détriment de nos propres producteurs. Dans ce cadre, les gouvernements de l’époque ont tenté de juguler la crise en promotionnant un certain nombre de fruits, mais cela n’a jamais constitué une distorsion de concurrence, c’était au contraire la France et les agriculteurs français qui subissaient une distorsion de concurrence jamais réparée depuis, en effet je constate ici que globalement nos productions ont diminué de moitié, le nombre de producteurs n’a cessé de diminuer alors que les productions d’autres pays européens notamment l’Espagne, ont considérablement augmenté.

Je demande au gouvernement de s’opposer, avec les syndicats agricoles, avec les producteurs, à cette amende injustifiée, que veut infliger la Commission européenne à la France alors que Bruxelles n’a pas déboursé un sou dans cette affaire.

Je continue mes rencontres sur le terrain et vous en fait part dans les heures qui suivent. »

Sarkozy demande une « mesure de clémence » pour Salah Hamouri 1

L’AFP indique, dans une dépêche parue le 6 août dernier que : «  le Président de la République française a écrit au Premier ministre israélien pour attirer son attention sur la situation de Salah Hamouri et demander auprès des autorités judiciaires israéliennes une mesure de clémence a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal.  Deux jours plus tôt, un haut responsable israélien avait fait état à l’AFP de cette lettre de M. Sarkozy au sujet de Salah Hamouri, détenu depuis 2005.

«  Les autorités françaises n’ont cessé d’apporter leur soutien à notre compatriote depuis son incarcération «  a ajouté M. Nadal, précisant que Denise Hamouri, la mère du détenu a été reçue par le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, ainsi qu’à la présidence de la République, le 25 juin.

Le porte-parole a également souligné que «  le consulat a suivi l’ensemble de la procédure judiciaire et a assisté à toutes les audiences lors du procès » et que «  les visites régulières des agents consulaires auprès de Salah Hamouri se poursuivent ».

Selon le responsable israélien, le président Sarkozy a pris cette initiative inhabituelle à la suite de pressions des groupes pro-palestiniens en France. Il a également assuré que M. Netanyahu «  discutait actuellement de l’affaire » avec ses collaborateurs.

Salah Hamouri a été arrêté en 2005 et reconnu coupable d’avoir projeté d’assassiner le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yossef » conclut la dépêche de l’agence.

La réalité crue de l’Europe protectrice… Répondre

Déclaration de Patrick Le Hyaric, député au parlement européen, Vice-président du groupe  GUE-NGL

 « Il n’aura fallu que quelques semaines, après les élections européennes, pour que les producteurs de fruits et de légumes découvrent une facette de la réalité de cette « Europe protectrice » sur laquelle ce sont fait élire les députés UMP et bien d’autres.

Le pouvoir de droite veut aujourd’hui faire rembourser par les agriculteurs des aides publiques qui servaient depuis 1992 à amortir les rudes crises que n’ont cessé de subir les producteurs.

Pourquoi ne pas avoir dit avant le scrutin européen que la Commission de Bruxelles avait intimé un ordre de paiement à la France le 28 janvier dernier ?

Cela aurait permis d’éclairer le débat européen. Pourquoi le ministre de l’Agriculture, Monsieur B. Le Maire s’empresse-t-il  de vouloir faire payer les paysans aujourd’hui et déclare que le gouvernement découvre ce problème maintenant, alors que son prédécesseur Monsieur Barnier a déposé un recours devant la Cour de justice européenne, le 8 avril dernier ?

Assez de fébrilité. Assez de tartufferie.

La Commission européenne de M. Barroso invoque le fait que les aides provoquaient des distorsions de concurrence. La vérité est toute autre. C’est parce que nos producteurs ont subi chaque année des importations abusives qui ont fait chuter les cours à la production qu’ils se sont battus pour obtenir des compensations partielles de leurs pertes de revenus. La concurrence, selon le droit communautaire issue du traité de Maastricht et confirmée par celui de Lisbonne, consiste à obliger les paysans à accepter les prix les plus bas possibles. Voilà qui les mène, les uns après les autres, à la ruine.

C’est contraire à l’emploi, au développement territorial, à la préservation de l’environnement.

Et les institutions européennes sont les premières responsables, ce sont elles qui ont refusé de mettre en place une coordination des calendriers de production et d’importation au sein de la Communauté européenne, c’est ce refus qui a placé les producteurs français, espagnols, portugais, italiens dans une concurrence qui a fait chuter les prix au seul profit des grands négociants et de la distribution.

Non seulement les agriculteurs doivent refuser de rembourser, mais la France doit combattre et refuser cette injonction à payer. Elle est déjà contributrice nette au budget européen.

Notre pays doit s’opposer avec force à cet ukase, y compris en faisant appel à l’opinion publique et aux producteurs agricoles, et protester contre le comportement de la Commission européenne. Cette affaire dévoile une nouvelle fois la véritable nature des traités européens.

Ne laissons pas faire. »