Primaires à gauche, une très fausse bonne idée 6

 Ainsi, le monde du travail, les retraités, la jeunesse, peuvent souffrir à n’en plus pouvoir ! Ainsi, M. Sarkozy déroule son programme de rentrée comme une nouvelle étape anti sociale et anti démocratique au service des forces de l’argent. Il tente de déchiqueter littéralement le territoire national avec un projet de loi qui viendra en discussion au Sénat début septembre. L’urgence sociale et écologique frappe fortement à la porte.

Mais voilà, qu’une fraction de la gauche socialiste nous propose, toute affaire cessante, de rentrer tous en conclave dans une bataille de chiffonniers, dans des conflits de personnes, dans une compétition d’image et je ne sais quoi encore pour organiser à gauche des primaires pour désigner un candidat pour l’élection présidentielle de 2012. Ceci est validé par des dirigeants socialistes importants, porté par une fondation, « Terra Nova » et le journal «Libération» dont le directeur, mon confrère Laurent Joffrin avoue que, le but de la manœuvre est d’oublier les partis politiques, comparés à des lampes à huile, de réduire les militants de ces partis à des colleurs d’affiches et de teneurs d’urne le jour du vote, sans projet déterminé. Bref, la démocratie d’opinion s’appliquerait désormais à tous les partis politiques en France. Autrement dit, il n’y aurait qu’un seul candidat de gauche à l’élection présidentielle porteur d’un programme minimum, écrit au fil de prétendue démocratie d’opinion, sans débat contradictoire sur le contenu de celui-ci. Bref, la droite pourrait, pendant que nous pérorons sur l’organisation de ces primaires, la couleur des urnes, les lieux de vote, le fait de savoir si on doit payer des cotisations à 2 euros ou à 12 euros, avoir de sempiternels débats sur la couleur des tables des débats entre ces « présidentiables », ainsi que sur l’orientation des lampes face aux caméras, l’épaisseur, la largeur, la couleur de la table pour le débat télévisé, la droite-ultra pourrait continuer à saccager tel un bulldozer tout ce qui a fait que la France est devenu un pays aux avancées sociales et démocratiques fortes, à une laïcité affirmée et vivante, une actrice de la paix. Tout ce que M. Sarkozy démolit ! Mais enfin, ressaisissons-nous camarades !

Le rôle de la gauche aujourd’hui, par delà ses différences et ses divergences, est de mettre toutes ses forces, ses élus, ses organisations au service de la défense des plus démunis, de toutes celles et ceux, et ils sont l’immense majorité, victimes de la baisse du pouvoir d’achat, des hausses de tarifs publics, de la précarité, des licenciements et des fermetures d’entreprises. C’est aujourd’hui qu’il faut battre dans l’unité de la gauche sociale et politique le sarkozysme ! Pas en 2012 ! C’est maintenant car les gens souffrent. Ne pas le faire aujourd’hui c’est précisément se condamner à perdre toutes les élections demain et laisser le champ libre à une droite qui au-delà des contre réformes politiques, sociales, démocratiques, culturelles, construit un scrutin législatif pour s’assurer de ne jamais être déboulonnée et prépare une réforme territoriale d’une si vaste ampleur qu’elle affaiblirait, si elle était votée, la gauche et diminuerait le nombre d’élus territoriaux issus de la gauche, et à l’intérieur de celle-ci, le courant transformateur. Les mêmes qui prônent une sixième République où le Parlement devrait avoir plus de poids, sont ceux qui, avec cette funeste idée de primaires, renforcent encore le caractère présidentiel de nos institutions.

Un tel candidat, désigné par des primaires, se sentirait forcément au-dessus de tous les partis de la gauche réunie, y compris du sien et serait libre de ne tenir compte d’aucun des programmes issus du débat démocratique de ces mêmes partis. Avec ce système, on ajoute un troisième tour à l’élection présidentielle. Or, dans notre système aujourd’hui, le choix des candidats à gauche comme à droite, se fait au premier tour. Au second, on se rassemble ! Ce projet a le goût et l’apparence de la démocratie. En fait, il conduit à laminer les différents courants de pensée qui constituent historiquement la gauche. De ce fait, le débat démocratique, en son sein, est étouffé et les citoyens, au-delà des apparences, ont encore moins le pouvoir de peser dans ces débats.

Ce sont bien des débats ouverts, contradictoires qui peuvent aider les citoyens à choisir la force politique ou le candidat dont ils se sentent le plus proche. Mais la vraie modernité devrait consister pour chaque parti de gauche à se mettre au service de ce débat pour élaborer en commun, avec les citoyens, les salariés, des propositions progressistes de sortie de la crise du capitalisme. Voilà d’ailleurs qui devient plus qu’urgent ! En effet, un tel débat où des propositions alternatives à la politique sarkozyste émergeraient, permettrait de renforcer les mouvements sociaux et d’éclairer les débouchés politiques ou les alternatives possibles. Le grand enjeu pour les hommes et les femmes de gauche est bien, aujourd’hui, de mener une lutte politique et idéologique d’un tout autre niveau pour faire reculer la droite jusqu’à la battre. C’est la condition pour aider l’immense majorité de notre peuple, victime de la crise de ce système, à pouvoir se défendre et à défendre l’intérêt général.

De telles expériences de primaires menées en Italie ont conduit à la pire des catastrophes puisqu’il n’y a plus ni d’élus socialistes, ni d’élus communistes ou écologistes au Parlement et que Berlusconi règne en maître. Il s’agit en fait d’une mécanique qui aboutirait à laminer les courants de transformation sociale, y compris pour les élections législatives qui suivent l’élection présidentielle. En effet, dans un tel système pour être élu, un député ou un candidat de gauche aura d’autant plus de chance d’être élu ou réélu qu’il choisira dès le départ le camp de celui ou de celle qui sera le ou la candidate à l’élection présidentielle. Et puis, puisqu’une partie de ceux qui proposent des primaires, sont aussi ceux qui proposent une alliance avec Bayrou, posons une question simple : Le candidat de la gauche en 2012 face à M. Sarkozy pourrait-il être M. Bayrou pour être encore plus sûr d’un rassemblement large pour battre Sarkozy ? Où mènent de tels choix ? Où mènent ces cuisines politiciennes ? De surcroît cela risque d’être totalement inefficace pour gagner. Car, dans le système actuel, c’est le débat démocratique dés le premier tour, avec une pluralité de candidats qui permet de rassembler largement au second tour. Le seul objectif de battre Sarkozy ne crée pas les conditions d’une politique de changement. A quoi bon répondre aux demandes des forces de l’argent et des puissants, qui pour eux-mêmes ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier, et qui s’accomoderaient bien d’une chute de Sarkozy, si elles le jugeaient trop usé, à condition que sa politique perdure sous une forme ou sous une autre. Par conséquent, le débat et le combat c’est ici et maintenant, quartier par quartier, usine par usine, bureau par bureau, village par village, université par université pour créer les conditions d’un véritable changement de pouvoir du peuple, pour le peuple, et d’un changement de société pour progresser vers un post capitalisme, à élaborer, à construire, pas à pas, ensemble, dans un processus qui lui serait véritablement démocratique.

Nous ne pouvons laisser notre peuple sans défense dans le cadre d’une recomposition politique qui constituerait en fait une béquille pour le capitalisme, alors que précisément l’heure est au dépassement de ce système. Ressaisissons-nous ! Portons nous au devant de celles et ceux qui ont besoin d’être défendus. Pas en 2012 ! Aujourd’hui ! Aidons dans le débat avec eux à construire un programme alternatif de changement. Faisons reculer la souffrance sociale et le désastre écologique qui nous menace. Aujourd’hui !

A l’attention de M. Fillon & M. Le Maire Répondre

En tant que membre de la commission agriculture du Parlement européen, je ne pouvais pas rester inactif devant la crise sans précédent qui affecte les producteurs de fruits et légumes de notre pays. La semaine dernière, en m’entretenant sur le terrain, avec les paysans du Lot-et-Garonne, et en écoutant leurs revendications, j’ai décidé de m’adresser au Premier Ministre et au Ministre de l’Agriculture sans attendre. Voici les copies de ces courriers :

FF

Monsieur le Premier Ministre, 

A l’invitation du syndicat agricole, le MODEF, je me suis rendu ce mercredi 12 août dans le département du Lot et Garonne pour mieux me rendre compte de la situation des agriculteurs. Il est de mon devoir de vous alerter sur la situation économique dramatique que vivent les producteurs de fruits et légumes, comme désormais ceux et celles d’autres productions. L’ampleur de la crise générale de l’agriculture a atteint un niveau rare dans notre histoire.

Votre gouvernement doit d’urgence prendre la mesure du drame humain qui se joue actuellement dans nos campagnes. J’en ai rendu compte par courrier à Monsieur le Ministre de l’agriculture, de l’alimentation et de la pêche. 

Celui-ci a annoncé une aide compensatoire de 15 millions d’euros. Cette somme est notoirement insuffisante au regard de l’étendue du désastre actuel. Elle est d’autant plus incompréhensible au regard des réductions d’impôt qui avoisinent les 460 millions d’euros dont bénéficient en ce moment même quelques milliers de fortunes en vertu du « bouclier fiscal ». 

Les banques rechignent à accorder des délais de paiement ou des renégociations d’emprunts aux agriculteurs, alors que l’Etat les a largement abondés cet hiver. Quelles initiatives nouvelles comptez-vous prendre pour que le secteur bancaire joue son rôle de mission publique au service des hommes et des territoires ? 

D’autres dispositions doivent être étudiées d’urgence. Ainsi, la loi de modernisation de l’économie place les producteurs agricoles en situation de faiblesse face aux grandes centrales d’achat qui multiplient les prix de vente aux consommateurs de manière exorbitante, tout en pressurant les producteurs. Vous avez le pouvoir de déclencher le mécanisme du coefficient multiplicateur limité. De même, il est de votre devoir d’explorer avec la Commission européenne, la possibilité de déclencher le mécanisme de la « clause de sauvegarde ». 

On ne peut se cacher, non plus,  que la pression sur le pouvoir d’achat des salariés a des conséquences néfastes sur la consommation de fruits et légumes.

Enfin, votre gouvernement doit refuser de répondre à la sommation de la Commission européenne à faire payer jusqu’à 500 millions d’euros aux groupements de producteurs qui auraient bénéficié de certaines aides entre 1992 et 2002, pour faire face à des crises de mévente ou à des intempéries.

 Dans ces conditions, je vous saurai gré, Monsieur le Premier ministre, de réunir une table ronde de travail, associant syndicats agricoles, organisations de producteurs, négociants et grande distribution, associations de consommateurs, pour dégager d’urgence des dispositions permettant de contrer le marasme actuel dans le secteur des fruits et légumes. 

Souhaitant que vous ne restiez pas inactif face au drame humain qui se joue,

 Recevez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération. 

Patrick LE HYARIC

Député au Parlement européen

L M

 

Monsieur le Ministre, 

Quelques jours après votre passage en Lot et Garonne, je me suis rendu auprès des producteurs de fruits et légumes de la région de Marmande, ce mercredi 12 août, à l’invitation du syndicat agricole, le MODEF. 

J’y ai trouvé une situation bien plus grave que je ne le pensais moi-même. Tous les cours à la production sont très en deçà des coûts de revient. Il n’y a pas de mot susceptible aujourd’hui pour décrire correctement le véritable drame que vivent ces agriculteurs qui ont pourtant construit et mis en valeur le jardin de la France. 

Le gouvernement ne peut rester plus longtemps inactif face à la gravité de la situation. Certes vous avez annoncé une aide de 15 millions d’euros sous forme de report de cotisations sociales et de report de crédits. Cette somme est notoirement insuffisante. Ces travailleurs de la terre qui travaillent dur, à perte, sont d’autant plus humiliés qu’ils savent que le gouvernement a dépensé d’énormes sommes d’argent public pour soutenir le secteur bancaire qui reverse aujourd’hui de confortables bonus à des traders, ou encore le fait que le bouclier fiscal permette à quelques 13 000 foyers les plus riches de bénéficier d’un cadeau royal de 458 millions d’euros d’exonération d’impôt. 

Il y a urgence à réagir vivement, Monsieur le Ministre ! Il est indispensable d’évaluer correctement les pertes que subissent les producteurs de fruits et de légumes et de dégager en urgence les moyens financiers leur permettant de passer les prochaines semaines pour certains d’entre eux, les prochains mois pour beaucoup. Au-delà, il est indispensable de revenir à des mesures de fond : 

a) Dans une situation dite de « crise manifeste » comme celle-ci le gouvernement doit déclencher le mécanisme dit du « coefficient multiplicateur » qui interdit aux grandes surfaces de multiplier les prix à la production par 2,5, 3, voir 7 comme cela a été constaté pour certains produits. 

b) Cet état de « crise manifeste » donne le droit à la France de déclencher la « clause de sauvegarde » pour défendre ses productions et ses producteurs. Cela permettrait de discuter avec nos partenaires européens d’un blocage temporaire des importations non indispensables et d’obtenir de la Commission européenne des dispositions d’accompagnement pour traiter les surplus européens s’il en existe. 

c) La loi de modernisation de l’économie doit être modifiée de telle sorte que la grande distribution ne soit pas seule à décider des prix du marché, qui n’ont rien à voir avec la rémunération du travail et des investissements.

 d) Le gouvernement doit agir auprès de la Commission européenne pour faire mettre en place une contribution sociale de solidarité taxant les importations extra communautaires dont une partie des recettes servirait à améliorer les droits sociaux dans les pays d’où nous importons et pour des harmonisations sociales et écologiques vers le haut dans l’Union européenne. 

e) Enfin, Monsieur le Ministre, les agriculteurs sont outrés par l’injonction de la Commission européenne demandant le remboursement d’au moins 500 millions d’aides entre la période de 1992 à 2002. Nous vous demandons de résister avec énergie à cette inadmissible sommation  et de refuser de payer. 

Telles sont, Monsieur le Ministre, les actions d’urgence qu’il conviendrait de mettre en débat. La France doit conserver son agriculture et ses producteurs. Il en va de l’intérêt général.

 Je sais que des réunions techniques de travail se déroulent depuis plusieurs jours avec votre ministère. Mais, l’essentiel réside dans de nouvelles orientations politiques que nous souhaitons que vous puissiez impulser. Et il y a urgence ! 

Afin d’en discuter avec vous, je sollicite rapidement un rendez-vous de travail où je pourrais vous exposer encore plus précisément ce que ce déplacement en Lot et Garonne m’a montré du drame humain que vivent en ce moment les agriculteurs. 

Certain que ce courrier retiendra toute votre attention, 

Recevez, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération. 

Patrick LE HYARIC

Député au Parlement européen

Le Hyaric, un journaliste au Front à Gauche Répondre

Patrick Le Hyaric, tête de liste du Front de Gauche en Ile-de-France et directeur de « L’Humanité », était l’invité du Bakchat jeudi 28 mai. L’occasion de présenter sa vision de l’Europe avant le scrutin du 7 juin.

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Bakchich : Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Patrick Le Hyaric, tête de liste du Front de Gauche en Île-de-France aux élections européennes.

Patrick Le Hyaric : Bonjour à toute et à tous.

faidherbe : En gros, le Front de gauche c’est le camp de « ceux qui ont dit NON » ?

Patrick Le Hyaric : Oui, c’est une bonne partie de ceux qui ont refusé le traité constitutionnel européen, mais aussi une multitude de gens qui se rendent de plus en plus compte que cette Europe est ultra libérale et qu’elle nous mène droit dans le mur. Nous avons dit non à cette Europe-là pour dire oui à une Europe sociale, démocratique, écologiste et féministe.

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