C’est un nouvel impôt ! 2

Même repeint en vert foncé, même baptisé du présentable nom de « contribution-climat-énergie » un impôt reste un impôt. Que celui-ci soit annoncé, confirmé, commercialisé, pour le compte de Monsieur Sarkozy par un VRP de luxe, ancien premier ministre socialiste, a un sens politique profond : celui de rechercher un consensus national au service des puissances d’argent.

L’alliance Sarkozy-Rocard-Cohn-Bendit et de certains dirigeants socialistes, vise comme pour l’emprunt d’Etat, la recherche d’une unité nationale dans le cadre de la crise pour renflouer les caisses de l’Etat sans jamais toucher aux profits des grandes entreprises. Au contraire, l’objectif fondamental est de trouver les moyens pour transférer toujours plus d’argent du travail et de l’épargne des ménages vers le capital. Cela se fait cette fois, sous couvert de la nécessité de préserver l’environnement et la planète.

Evidemment, nous ne contestons pas l’impérieuse nécessité de défendre l’avenir écologique du monde. Mais ici, il ne s’agit pas de cela. L’idée principale est de supprimer la taxe professionnelle et de combler les déficits ainsi créés, comme d’ailleurs les cadeaux aux banquiers, par un impôt nouveau en se servant de l’une des préoccupations majeures de nos concitoyens.

D’ailleurs, à bien y réfléchir, il n’y a pas de meilleurs moyens de dégouter les gens de l’écologie que de procéder ainsi.

Et qu’on ne vienne pas nous traiter d’affreux fossoyeur de la planète parce que nous refuserions cette nouvelle taxation du travail et des retraites !

Une véritable action efficace pour le climat, l’environnement, la préservation des espèces et de la biosphère passe par une vraie révolution écologique qui ne peut qu’être anticapitaliste. Celle-ci induirait des orientations de longs termes et des actions urgentes pour transformer nos systèmes productifs et de consommation, en donnant des pouvoirs réels aux salariés dans les entreprises et les services, ainsi qu’aux populations, pour obtenir de nouvelles normes écologiques et sociales. Développer le ferroutage au lieu de ces hordes de camions sur les autoroutes. Cesser de privatiser les entreprises et de les mettre en concurrence afin que les citoyens disposent d’un pouvoir d’intervention pour des gestions favorisant l’écologie, la qualité des produits et la manière de produire, de l’énergie au crédit, de l’eau au transport, de la gestion des déchets à l’alimentation ; aidé considérablement la recherche publique pour inventer les nouveaux matériaux plus propres pour les véhicules, l’énergie, le bâtiment, l’agriculture et l’alimentation.

 Repenser la planète, c’est aussi mettre un frein à cette libre circulation des capitaux et des marchandises qui provoque un développement mondial inégal, le pillage des pays en voie de développement en les obligeant souvent à produire pour l’exportation, ce qui induit des transports polluants. Cette invention sarko-rocardienne de « contribution-climat-énergie «  est un leurre, un mensonge, une injustice de plus.

Toutes les familles, sans distinction de revenus, le paieront. Et il semble que les grands industriels, principaux pollueurs, déjà soumis à la règle des quotas européens d’émission de carbone gratuits ne la paieront donc pas.

Décidément une nouvelle fois la droite ultralibérale s’appuie sur une vraie question posée à l’humanité, mais surtout sur les résultats des élections européennes pour faire perdurer le capitalisme financier, badigeonné de vert, pourtant responsable de la mise en cause de l’environnement. Tout en refusant le piège de ce consensus national, nous préconisons un vrai débat sur les moyens de changer les modes et les rapports de production afin de combiner, progrès social, progrès démocratique et progrès écologique.

Salah Hamouri : une question politique Répondre

 Salah Hamouri reste en prison. Ainsi en a décidé un tribunal israélien censé examiner sa demande de libération anticipée. Pourtant, Salah Hamouri s’est correctement conduit en prison. Il fait même l’effort de suivre une formation universitaire par correspondance.

Cela fait quatre ans déjà qu’il est ainsi enfermé derrière les murs et les grillages de cette prison israélienne de Guilboa installée en territoire occupé. Il est condamné à 7 ans de prison. Selon la loi israélienne, il a été contraint d’utiliser la procédure du « plaider coupable » pour ne pas être condamné à quatorze ans de prison. Aucune charge claire n’a été retenue contre lui. Sauf, celle de défendre le projet d’un Etat Palestinien. Il est donc de fait un prisonnier politique. Hier le juge qui a rendu son injuste sentence l’a justifié par d’inquiétantes arguties.

La première consiste à accuser Salah d’être proche d’un mouvement de jeunesse lié au « terrorisme ». Il désigne sans doute là le Front Populaire pour la Libération de la Palestine dont Salah n’a jamais été membre. Ce genre d’argument était employé en France durant la seconde guerre mondiale à propos de celles et ceux qui résistaient à l’occupation nazie, au premier rang desquels se trouvaient des gaullistes, des juifs, des catholiques, des communistes et des socialistes.

Ceux de l’Affiche Rouge en étaient l’incarnation : étrangers et nos frères pourtant ;

L’autre insupportable attendu lancé par le juge à Salah Hamouri pour justifier son maintien derrière les barreaux est : « Vous n’êtes pas guéri ». Mais de quelle maladie souffrirait donc-il ?

Uniquement de celle du refus de l’occupation de la Palestine et de sa volonté de faire appliquer le droit international reconnaissant au peuple palestinien de pouvoir disposer d’une terre et d’un Etat viable. Nous n’allons pas rassurer ce juge.  Mais nous sommes des millions de par le monde à être atteint de cette même « maladie ». C’est celle de la justice internationale !

Ajoutons que ce tribunal s’est permis de refuser la présence du consul adjoint de France, sans qu’à notre connaissance les autorités françaises n’émettent la moindre protestation. Par quelle inhumanité, par quelle injuste volonté, par quelle goût de domination, l’Etat israélien peut-il agir ainsi ?

Il a confirmé hier qu’en fait les questions posées autour de l’emprisonnement de Salah Hamouri sont d’abords et avant tout politiques. La direction israélienne a elle-même plus que jamais lié hier  le sort du jeune Hamouri à celui de toutes celles et ceux qui agissent pour l’existence de 2 Etats dont la création de l’Etat palestinien. Ceci pose désormais de lourdes questions.

D’abords, au nom de quoi un citoyen du monde peut-il être jugé dans un territoire occupé par une puissance étrangère ? Les résolutions de l’ONU l’interdisent. D’autre part, Salah Hamouri ne dispose que pour seul papier d’identification d’un certificat de résidence délivré par les autorités israéliennes à Jérusalem-Est où il vit avec sa famille. Salah est franco-palestinien de naissance. Le seul document faisant référence à sa nationalité est un passeport : il est délivré par les autorités françaises.

Salah Hamouri est français.

Dans ces conditions, l’Etat français, son gouvernement, le Président de la République, doivent intervenir, sans délais et avec énergie auprès de l’Etat Israélien. Les autorités européennes doivent faire de même. Rien ne justifie l’attitude des autorités françaises qui ne s’occupent pas de sortir Salah Hamouri de sa prison sans conditions. Aucune relation d’Etat ne peut justifier un tel silence.

Le comité pour la libération de Salah Hamouri, comme toutes celles et ceux épris de justice et de liberté, vont agir avec force pour que le Président de la République agisse en faveur de la libération de Salah Hamouri.

La Fête de l’Humanité sera un moment fort de ce mouvement pour Salah et pour tous les Palestiniens qui crient justice et liberté.

Nous sommes tous des Salah Hamouri.

 

Salah Hamouri : message d’ encouragement Répondre

Avant le procès de Salah le 26 juillet, nous avons reçu un message encourageant de la Présidence de la République Française. Le chef de cabinet du Chef de l’Etat réaffirme l’engagement de la France à obtenir la libération de Salah et indique que les services consulaires en Israël rendent souvent visite à notre compatriote qui est en bonne santé. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a adressé un courrier au Premier ministre israélien lui demandant un geste de clémence et indiquant le souhait de la France que Salah Hamouri bénéficie des dispositions de la loi israélienne sur la libération conditionnelle des détenus à l’occasion de l’audience du 26 juillet de la commission en charge d’examiner ces demandes.

Continuons touts et tous à appuyer la demande de liberté pour Salah !

Patrick Le Hyaric

Monsieur le Président, n’oubliez pas Salah ! Répondre

Monsieur le Président de la République,

4 ans déjà… 4 ans que Salah purge une peine de prison dont on a bien du mal à cerner les raisons quand on réside de facto dans un pays où l’on applique le principe de la présomption d’innocence.

Salah aussi est Français, et il doit se demander pourquoi son pays, le chantre des droits de l’Homme, ne fait rien pour lui et le laisse dépérir en prison pour un crime dont non seulement il n’est pas l’auteur, mais qui au-delà n’a jamais eu lieu.

Etre passé en voiture devant le domicile d’un rabbin ultra orthodoxe, voilà ce qu’ « On » reproche à Salah Hamouri ; et comme, sur dénonciation anonyme, il est supposé sans preuve appartenir au FPLP, « On » suppose que cet acte ne pouvait qu’être dû à la préparation d’un futur attentat. Nous disons « On » car nous parlons d’une armée d’occupation installée sur le territoire palestinien en toute illégalité, et dont pourtant la France a accepté tacitement les jugements arbitraires émis sur des non-actes de terrorisme potentiel !

Salah a été condamné à 7 ans de prison alors qu’aucun fait ni aucune preuve ne sont venus étayer l’accusation dont il est l’objet. Il s’est résigné au « plaider coupable, ce qui ne signifie pas qu’il soit coupable. Le procureur du tribunal militaire a en effet utilisé la malheureusement classique procédure du marchandage : 7 ans s’il plaidait coupable ou sinon beaucoup plus. Devant l’immobilisme de son pays, Salah a évidemment accepté, par bon sens dans une telle situation pour un jeune homme de 20 ans, comme d’ailleurs 95% des prisonniers palestiniens.

Nous ne revenons pas sur l’acceptation de ce faux procès par la France, nous ne revenons pas sur l’inertie de la diplomatie française ; mais le 26 juillet prochain est une date que l’on ne peut pas manquer pour Salah. Ce jour là va être examinée la possibilité d’une libération anticipée pour notre compatriote.

Le 25 juin dernier, après quatre ans d’attente, vous avez enfin accepté que Mme Denise Hamouri, la maman de Salah, soit reçue à l’Elysée. Pas par vous, mais par un de vos proches conseillers qui a promis une intervention de la France à cette date.

Cette tribune vise à vous rappeler vos promesses, Monsieur le Président de la République. Parce que vous avez promis de ne laisser « tomber » aucun Français victime d’arbitraire à l’étranger et « quoi qu’ils aient fait », nous attentons plus qu’une intervention ce jour-là, nous attendons la libération de Salah. Et sans aucun nouveau marchandage : il n’est pas question que ce jeune franco-palestinien n’ait plus le droit de résider à Jérusalem. Salah n’est pas coupable, il est victime d’un système injuste et inquiétant. Il a suffisamment souffert et la France a déjà assez honte. A présent, seule importe sa libération, sans concession.

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Liste des signataires :

Noël MAMÈRE, Député-maire de Bègles ; Jean-Claude LEFORT, Député honoraire ; Monique CERISIER-BEN-GUIGA, Sénatrice représentant les Français établis hors de France ; Alima BOUMEDIENE-THIERY, Sénatrice de Paris ; Naïma CHARAÏ, Conseillère régionale d’Aquitaine et suppléante de N.Mamère ; Patrick LE HYARIC, Député européen et Directeur de l’Humanité ; Daniel COHN-BENDIT, Député européen ; Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane ; Dominique VOYNET, Sénatrice de Seine-Saint-Denis ; Jean-Claude SANDRIER, Député du Cher, Président du Groupe GDR ; Pierre COURS-SALIES, Professeur es Sociologie et Démographie-Université Paris 8 ; Kamel KABTANE, Recteur de la Mosquée de Lyon ; Marie-Christine BLANDIN, Sénatrice du Nord ; Yves COCHET, Député de Paris ; Nicole BORVO COHEN-SEAT, Sénatrice de Paris ; Michel BILLOUT, Sénateur de Seine-et-Marne ; Marie-Noëlle LIENEMANN, ancienne Ministre ; Lysiane ALEZARD, Conseillère Régionale d’Ile-de-France ; Marc DOLEZ, Député du Nord ; Jacques FATH, membre du Comité exécutif national du PCF ; Michelle DEMESSINE, Sénatrice du Nord ; Jacques MULLER, Sénateur du Haut-Rhin ; Isabelle PASQUET, Sénatrice des Bouches du Rhône ; Daniel VOGUET, Avocat à la Cour ; Michèle SIBONY, Porte-parole de l’Union Juive Française pour la Paix ; Jean DESESSARD, Sénateur de Paris ; Jack RALITE, Sénateur de la Seine-Saint-Denis ; Martine BILLARD, Députée de Paris ; Annie JARAUD-VERGNOLLE, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques ; Yvan RENAR, Sénateur du Nord ; Christiane DEMONTES, Sénatrice du Rhône ; Martine FAURE, Députée de Gironde ; Marie-Hélène AMIABLE, Députée-maire de Bagneux ; François DE RUGY, Député de Loire-Atlantique ; Albert JACQUARD, généticien, ex-membre du Comité consultatif national d’éthique ; Yasmine BOUDJENAH, ancienne Députée européenne ; Rony BRAUMAN, Médecin humanitaire ; Daniel BRUNEL, Vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France ; Alain LHOSTIS, Conseiller de Paris ; Nabil EL-HAGGAR, Universitaire ; Bernard RAVENEL, Président d’honneur de l’Association France-Palestine Solidarité ; Pierre MANSAT, Adjoint au Maire de Paris ; François ROCHEBLOINE, Député de la Loire (Nouveau Centre) ; Laurence COHEN, Conseillère régionale d’Ile de France ; Bariza KHIARI, Sénatrice de Paris ; Matthieu ROUVEYRE, Conseiller municipal de Bordeaux et Conseiller général de Gironde ; Alain VIDALIES, Député des Landes ; Henri EMMANUELLI, Député et Président du Conseil Général des Landes

Tribune libre – 20 juillet 2009

Paru dans Libération- Rubrique Rebonds