250 JOURS…

   

Voilà 250 jours que les journalistes de France Télévisions Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont retenus prisonniers quelque part dans la nuit afghane. J’ai participé aujourd’hui avec près de 300 personnes à un rassemblement à Paris, rassemblement organisé conjointement par le Comité de soutien aux deux journalistes, Reporters sans Frontières, la Mairie de Paris, le Syndicat national des journalistes et la Société des journalistes de la rédaction nationale de France 3.

Les dirigeants de France Télévisions étaient là, ou étaient représentés. J’y ai croisé Jean-Marie Cavada, également député au Parlement Européen et ancien PDG de Radio France, Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-Ouen, ainsi qu’une multitude de confrères.

Des milliers de signatures ont été recueillies durant l’été en faveur de leur libération. Il est étonnant, inquiétant, que le président de la République refuse toujours de recevoir une délégation du Comité de soutien.

Continuons cette mobilisation. La liberté d’information est essentielle à notre liberté à toutes et à tous. Si d’ici la Fête de l’Humanité Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ne sont pas libérés, nous en ferons, avec le Comité de soutien, une grande caisse de résonnance pour leur liberté.

Repousser la peur

Super austérité et autoritarisme sont les deux moteurs du sarkozysme. Pour imposer la première, il s’agit pour le pouvoir de manier le second afin de créer un climat d’inquiétude, de peur et de division. L’objectif est de tétaniser le peuple, de l’empêcher d’avoir prise sur les événements qui le concernent. Le gouvernement se sert de l’insécurité et de la délinquance non pas pour sanctionner tel ou tel individu qui aurait commis un méfait ou un crime, mais pour stigmatiser et transformer en boucs-émissaires des communautés comme les Roms ou les gens du voyage, ceux qu’ils appellent « les étrangers », parfois les jeunes. Les quartiers populaires sont visés comme étant forcément des lieux dangereux. Jour après jour, les bulletins d’information égrènent le nombre de destructions de camps de Roms et d’expulsions avec la même importance et la même banalité que la présentation d’un second bulletin météo.

Cette inflexion vers l’extrême-droite des choix du pouvoir inquiète jusqu’à l’intérieur de la droite républicaine elle-même. La France, la France de Manouchian et de Picasso, « ces étrangers et nos frères pourtant », est aujourd’hui montrée du doigt dans le monde entier. Des commissions de l’ONU, l’Eglise catholique, des journaux étrangers, certaines institutions européennes, s’interrogent, s’inquiètent, émettent de sévères critiques. Jamais cela n’était arrivé depuis la Libération. Au lieu d’en tenir compte, le pouvoir persévère et s’acharne. Pourquoi ? Il veut certes désactualiser la question sociale, l’injuste contre-réforme des retraites. Il veut aussi pouvoir camoufler « les affaires » qui mêlent, au travers d’un ministre, le Président de la République lui-même. Mais une question grave commence à se poser : A quoi servent ces grands policiers nommés préfets, ces cohortes de voitures de CRS stationnées devant les quartiers, ces propos violents contre certaines catégories de population ? Cherche-t-il à déclencher un grave incident pour renforcer encore sa pression sur le pays ?

Dans une telle situation, nous en appelons à la responsabilité populaire, au débat démocratique et à l’action. Nous appelons à ne pas donner à ce pouvoir l’occasion de franchir un cran de plus dans l’autoritarisme et la répression. Pour la sécurité partout, avec des moyens préventifs, éducatifs et des sanctions lorsqu’elles sont nécessaires. L’action doit donc porter sur les services publics, de l’éducation, de la justice, de la police, des transports, de la santé et sur l’effort à porter sur la formation, l’apprentissage et la création d’emplois convenablement rémunérés. Mais c’est le sujet que le pouvoir veut effacer en remplaçant le débat indispensable sur l’amélioration de la vie de chacune et de chacun par un paquet trouble, nauséabond, dangereux, inhumain, mêlant dans un populisme douteux : sécurité, immigration, banlieue populaire et délinquance.

Renforcer encore la super austérité en cours, démanteler les services publics dans les quartiers et les campagnes, affaiblir l’éducation nationale, les moyens donnés aux communes, aggraverait encore toutes les insécurités. Mais là encore pour faire accepter cette régression sociale sans précédent, c’est la peur qui est utilisée.

Dans l’attaque contre les retraites, tout débat contradictoire est refusé. Les propositions syndicales sont ignorées. L’argument essentiel invoqué est le financement. Mais jamais ne sont mises en débat les possibilités de trouver des ressources nouvelles du côté des exonérations de cotisations des revenus financiers, ou celles qu’offrirait un nouveau partage des richesses. Quant au lien entre le développement humain durable, créateur d’emplois, et le financement des retraites ou de la protection sociale, il n’est pas question de l’aborder.

Les argumentaires gouvernementaux cherchent à susciter l’angoisse et la peur pour dessaisir les citoyens de leur propre destin. Les seuls choix qui sont valorisés sont ceux, iniques, qui ne servent que les intérêts des puissances d’argent. Cela sera inefficace. Cela aggravera encore une crise qui peut connaître de terribles rebonds pour les familles populaires, dans les semaines à venir.

Les appels à la mobilisation la plus large, le 4 septembre pour la défense des valeurs de la République et, le 7, pour une réforme moderne assurant le droit à la retraite à 60 ans ripostent donc à l’essence même du sarkozysme. Ils lui opposent le besoin de justice, de solidarité et de démocratie.

Dans leur prolongement, la Fête de l’Humanité, les 10, 11 et 12 septembre, sera le lieu de confluence des aspirations populaires. Une Fête, avec ses concerts, ses spectacles, ouverte à toutes et tous, une Fête de la tolérance et de la fraternité, une Fête de toute la gauche sociale et politique en dialogue pour ouvrir les chemins d’un véritable changement progressiste à gauche.

Le rejet du sarkozysme ne peut y suffire. Il y a besoin de donner corps à un nouvel avenir grâce à un projet inédit de progrès social et écologique. Aux forces de gauche, dans leur diversité, de créer les conditions qui permettent réellement aux citoyens d’être partie prenante, aujourd’hui, de son élaboration et, demain, de sa mise en œuvre.

La Fête de l’Humanité servira aussi à cela. Plus elle sera importante, plus elle aidera à une nouvelle dynamique de résistance, de riposte et d’espoir.

L’appétit des spéculateurs affame les paysans

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La pression à la baisse sur le pouvoir d’achat des familles populaires en Europe et aux Etats-Unis, les conduit à se priver de plus en plus sur l’alimentation dont les produits laitiers, la viande, les fruits et les légumes. Dans d’autres lieux c’est la famine ou la malnutrition qui déciment chaque jour des millions d’enfants et d’adultes.

Ceci est le résultat des dérégulations mondiales qui privent des peuples entiers de leur souveraineté alimentaire.

Depuis des semaines, des spéculateurs, sans foi ni loi, utilisent le prétexte de l’embargo russe sur les céréales et de la sécheresse pour se livrer à une nouvelle manipulation des cours du blé, du riz ou du maïs. Certains d’entre eux ont acheté, il y a déjà un moment, des  céréales sur pied, bien avant les moissons du blé, aux alentours de 100€ à 130€ la tonne, pour le revendre aujourd’hui 200€ à 230€ la tonne.

L’Europe a pourtant suffisamment de stocks de céréales pour faire face aux aléas climatiques et les stocks mondiaux sont stables. Au même moment les cours des autres matières premières augmentent également, dont ceux du pétrole, qui eux-mêmes renchérissent encore les prix des matières premières agricoles au seul bénéfice du grand négoce international et des fonds spéculatifs. Le démantèlement des outils d’intervention européens accélèrent encore ces phénomènes stratégiques.

Cette envolée des prix des céréales va encore resserrer le garrot autour du cou des producteurs laitiers, porcins et bovins, déjà en grande difficulté depuis des mois et des mois.

Et au bout du compte, les secteurs industriels bancaires et de la distribution feront payer encore plus cher les produits alimentaires aux consommateurs occidentaux dont le pouvoir d’achat baisse.

Au sud, c’est la malnutrition et la famine qui s’aggraveront encore.

Voilà ce que produit la mondialisation capitaliste dont la théologie politique est « la libre concurrence » et « le libre échangisme mondial ».

Elle fait de l’alimentation une vulgaire marchandise. Elle ne permet pas plus de « liberté et de droit ». Tout au contraire ! Cette mondialisation ultra-capitaliste nie le droit des êtres humains à s’alimenter. Par contre, des produits agricoles alimentaires et désormais la terre elle-même sont devenus des objets de spéculation pour les firmes de l’agro-business, les banques et les fonds de pension.

L’intérêt des agriculteurs ici et des consommateurs, celui des cultivateurs des pays du Sud et de toutes les populations est de revenir à une vraie politique agricole alimentaire et environnementale, au lieu du laisser aller ultralibéral. Ceci est à l’opposé de la théorie dite du « pouvoir vert », exposée par le Président de la République devant la conférence des ambassadeurs, la semaine dernière. Cette orientation est celle de la concurrence guerrière, dont les fantassins sont les travailleurs et les consommateurs.

Cela signifie qu’il faut changer les termes du débat à l’Organisation Mondiale du Commerce. L’Union européenne a le devoir d’y faire entendre une autre voix. Elle ne le fait pas car, loin d’être une protection pour les agriculteurs européens, elle les livre au grand large de la mondialisation capitaliste. Il est donc indispensable que les petits et moyens paysans, comme les consommateurs, en lien avec ceux de toute l’Union européenne et au-delà avec les africains ou les latino-américains, pèsent sur les discussions internationales et pour une autre politique agricole commune, basée sur des prix rémunérateurs, de système nouveau de préférence communautaire et le respect des souverainetés alimentaires.

Le travail de la terre et la production de denrées alimentaires doivent être considérés comme des missions d’intérêt général. La terre et l’alimentation sont des biens communs de l’humanité.

Pour la liberté de la presse et la démocratie au Togo

Didier Ledoux, journaliste togolais, a été brutalisé par les forces de l’ordre alors qu’il réalisait un reportage sur le procès de certains de ses confrères.

Face à cette atteinte à la démocratie et à la liberté de la presse, j ’ai interpelé Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, afin qu’il intervienne auprès des autorités togolaises et que cesse cette répression.

Voici le courrier que je lui ai adressé :

 

 

Eté 2010… Les dangers et les possibles

Où va la France ? Cette interrogation, on l’aura entendue mille fois au cours de cet été 2010 qui se retire. Le soleil a souvent brillé sur notre pays, mais il a souvent fait sombre dans les yeux et les cœurs. L’angoisse, l’inquiétude étreignent de plus en plus de familles qui comprennent  bien que le pouvoir veut leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables.

Ceux qui parlent à la télévision et à la radio semblent ne pas connaître, ni entendre cette France qui travaille dur pour gagner moins et qui paie toujours plus cher son carburant, son électricité, son gaz, ses transports, son contrat d’assurance.

A lire certains magazines, on comprend qu’ils ne sortent de Neuilly ou du 16ème arrondissement de Paris que pour rejoindre les réserves de riches à Deauville, Saint-Tropez ou au Cap Nègre.

Cet été 2010 avait pourtant  commencé avec cette puissante manifestation pour le droit à la retraite à 60 ans.
M. Sarkozy croyait pouvoir la camoufler en faisant venir Thierry Henri à l’Elysée. Quel événement ! La honte jetée sur la France par une équipe de football qui aura plus occupé  les gazettes que le malheur de vingt millions de Pakistanais, de milliers de Chinois touchés par des intempéries ou des russes suffocants dans un brasier commencé on ne sait comment.  Tout ceci ne peut que faire réfléchir encore sur les modifications climatiques. Réfléchir aussi sur la jungle capitaliste qui, en Russie, a éliminé par économie les gardes forestiers. Mais cet été, c’est aussi la beauté et le succès de nos athlètes aux championnats d’Europe d’athlétisme et de natation. Les coureurs français qui ont brillé au Tour de France. Mais l’un de mes amis, fin connaisseur, Antoine, nous dit de nous méfier de ceux qui dans le Tourmalet sont plus puissants qu’un cheval tirant une charrette.

C’est aussi ce crime commis dans le Golfe du Mexique par le mastodonte British Petroléum dont on essaie de nous faire croire que le pétrole s’est soudain évaporé, alors qu’il dérive sous la mer ! Encore la recherche du profit.

Cet été 2010, c’est la reconnaissance des mathématiciens français. Cela  appelle sûrement à redonner plus de moyens à l’université, à la recherche, au moment où il faut inventer vite un nouveau mode de développement, pas pour financer en douce une industrie par des exonérations fiscales et sociales alors qu’elle détruit 250 000 emplois, ou encore l’industrie pharmaceutique qui s’est gavée  sous couvert de grippe A qui n’a heureusement pas été aussi dangereuse qu’annoncée. Cet été 2010 c’est aussi la solidarité des journalistes et de milliers de citoyens pour ne pas laisser Hervé Guéquières et Stéphane Taponier croupir aux mains de barbares dans les montagnes afghanes.

Cet été 2010,  ce sont aussi de nouveaux coups de poignards dans le pacte républicain porteur du progressisme à la française. L’annonce fin juin de cent cinquante mesures pour réduire les investissements sociaux et publics que le pouvoir et les biens pensants appellent au mieux « dépenses », au pire « coûts », les fermetures des hôpitaux publics, le refus d’impulser une grande politique de fret SNCF, alors que l’excès de camions n’étouffe pas que la circulation, la suppression de cent mille emplois dans les services publics. Des rédactions bruissent pour savoir si c’est de la rigueur. Ne nous fatiguons pas. Cela s’appelle austérité ou purge sociale.

Oui, l’austérité amplifiée programmée, encore aggravée la semaine dernière au fort de Brégançon, qui fera mal, très mal aux familles, aux milliers d’entre elles qui n’ont pas pu partir en vacances comme à celles qui doivent désormais se priver jusque sur leur alimentation dans nos quartiers populaires.  Heureusement, le Secours Populaire aura, en cette fin du mois d’août, apporté un rayon de soleil à des dizaines de milliers d’enfants en leur offrant une journée de vacances.

Cela n’a pu que rendre encore plus insupportable les découvertes par des millions de nos concitoyens des cratères d’injustice  remontés à la surface avec l’affaire « Woerth-Bettencourt ». Cette connivence, cette protection entre  les milieux de la finance et de la droite au pouvoir. La plus grande fortune de France bénéficie d’un chèque de l’Etat de 15 millions d’euros grâce au bouclier fiscal, un ministre fume 12 000 euros de cigares, un autre  utilise un jet privé pour 170 000 euros. A côté de cela, le jeune du quartier est laissé sur le bord du chemin, son copain a trouvé un travail mais pour moins de 800 euros par mois, un autre revient dans le quartier parce que son usine réduit l’emploi et arrête son contrat d’intérim, et le retraité lui n’a à peine que 700 euros par mois. Que sait-on de cette vie dans les beaux quartiers et les palaces de Saint-Tropez ? Rien ! C’est le cadet de leur souci !

Cela  provoque un immense dégoût, accélère encore bien des déceptions, un immense rejet aussi de la politique et beaucoup de colère. D’autant que le Président est super menteur ! Il avait promis que travailler plus ferait gagner plus. Le 25 juillet il promettait aux ouvriers de Saint-Nazaire du travail pour des bateaux qu’il n’avait pas vendus.

Les quartiers, les villages, les usines, les bureaux transpirent de cette colère. Elle peut être saine. Elle peut être dangereuse aussi parce que détournée, au cœur d’un champ d’impuissance.

Le Président de la République s’y emploie en déclenchant une vaste opération qui surfe à la fois sur deux thèmes :  la sécurité et l’idée que nous vivrions au dessus de nos moyens. Il faudrait donc accepter toujours plus de sacrifices et d’autoritarisme. Parlons clair !

L’insécurité et la délinquance progressent. C’est un fait. Mais n’est ce pas ce même M. Sarkozy qui en avait fait une priorité de son action, bien avant qu’il ne soit Président ? Il a même fait voter … trente trois lois pour cela. C’est un fait, aujourd’hui, des bandes attaquent des bus, des services publics municipaux. On attaque, on insulte les enseignants, les conducteurs de métro, les pompiers et les policiers. La violence s’accroît et ce sont les plus démunis qui en subissent d’abord les conséquences, en plus de la régression sociale. Comment en est-on arrivé là et qui cela sert-il ? Mais comment se procure-t-on des armes de gros calibres dans ce pays ? Qui fournit la drogue ? Ces trafics enrichissent qui ? Des actes de vandalisme, de délinquance, de criminalité ne peuvent être confondus avec des démarches révolutionnaires. Au contraire, ils poussent au conservatisme, à des régimes durs. Cela sert M. Sarkozy.

Cet été 2010, le discours présidentiel de Grenoble, le dernier jour de juillet, aura été une trace noire de plus. Une nouvelle fissure béante s’est élargie dans le mur de nos belles valeurs qu’on croyait à jamais gravées.

Pour la première fois au plus haut niveau de l’Etat, le garant de la Constitution et des principes républicains a assimilé délinquance et immigration et fait comprendre qu’il pourrait y avoir deux catégories de Français. Il ne parlera pas de la criminalité financière, du vol, du travail et de l’avenir de millions de jeunes, du saccage des usines et de l’emploi par de grands maîtres de la finance. Et son programme de réduction des dépenses publiques élargira encore les zones de non droit.

Car la sécurité passe aussi par la reconquête de territoires grâce aux services publics, à l’école, à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à une sécurité du travail correctement rémunéré, à un programme d’aide à l’amélioration des quartiers et de l’habitat, à un refus des ghettos et de la misère, à une police bien formée, respectant les gens et les jeunes. La sécurité, c’est le vivre ensemble et non la division, la stigmatisation de certains contre les autres. Les œuvres du ministre de la police, condamné pour racisme, sont dégoutantes, honteuses, blessantes pour notre peuple lui-même. Il n’y a plus de journaux télévisés sans l’équivalent du bulletin météo : le nombre d’expulsions égrené comme une banalité. Nous sommes confus, meurtris que désormais une commission de l’ONU, que de nombreux responsables de l’Eglise catholique, des journaux étrangers  puissent montrer la France du doigt pour racisme et  xénophobie. Au pays des droits de l’homme. La clique au pouvoir en fait le pays des droites contre l’homme ! Qu’ils prennent bien garde ! La désignation de boucs émissaires n’effacera jamais les scandales d’Etat et le cancer des injustices et du chômage.

Améliorer la vie quotidienne exigera de mettre fin au racket par les actionnaires sur le travail, au détournement d’argent vers la spéculation et les paradis fiscaux, l’accumulation des profits par les banques qui devraient avoir obligation de créer un système de crédit au service de toutes et tous.

Quel contraste en cet été 2010 avec ce peuple qui a vibré dans les festivals et fêtes de l’été pour se retrouver, communier, chanter, danser, se cultiver. Il y a dans cette ambiance, le désir de se solidariser, de se parler, un désir de fraternité.

Quel contraste entre les fortunes accumulées, la vie des stars et du Président de la République, détaillées sur papier glacé et la vie dans nos quartiers qui se consument du chômage, de la pauvreté et du mépris, dans les villages où les paysans perdent leur vie à chercher à la gagner. Il y a là deux mondes et cela se voit de plus en plus.

Cet été 2010 aura élargi encore les fractures, les ruptures impulsées par le sarkozysme pour plier de force la France aux canons de l’ultra libéralisme le plus échevelé.

Mais beaucoup de nos concitoyens sentent que ça ne peut plus durer longtemps. La révolte gronde. Elle ne doit pas être détournée dans de dangereux chemins de traverse. N’oublions jamais cette phrase de Gramsci : « C’est lorsque l’ancien se meurt et que le nouveau ne parvient pas à voir le jour, que surgissent les monstres ».

M. Sarkozy joue avec le feu. Nous ferons tout pour que la fécondation des monstres n’ait pas lieu.  Tous les progressistes doivent s’unir pour élaborer et faire valoir une autre politique, préparer un autre pouvoir, imaginer une autre société, aider « le nouveau à voir le jour ». Politique, non pas au sens d’ambition de pouvoir, mais d’organisation nouvelle de la société pour les êtres humains et l’environnement. Pas au sens d’un anti-sarkozysme d’estrade. N’en déplaise à M. Cohn-Bendit. A quoi sert de chasser M. Sarkozy pour qu’un autre démolisse le système des retraites et impose l’austérité ?

Politique à qui il faut redonner ses lettres de noblesse. Cela n’est possible que si nous nous y mettons toutes et tous. Cette demande est forte. C’est ce que dit une majorité de nos concitoyens en faisant connaître leurs désirs de gauche. Mais, pour réussir, la gauche doit se mettre au diapason des exigences citoyennes. C’est le sens du projet d’un pacte citoyen pour le progrès social et démocratique, pour radicalement changer l’ordre des priorités. L’humain et l’environnement d’abord.

Cette demande grandit en cette fin d’été 2010, ce sera le sens de la manifestation du 4 septembre et du 7 septembre pour les retraites. C’est la première fois que nous terminons l’été par deux grandes manifestations unitaires.

C’est l’humain qui battra au cœur de la Fête de l’Humanité, les 10, 11 et 12 septembre. Faire une grande Fête de l’Humanité c’est sortir de l’atmosphère étouffante et nauséabonde du sarkozysme, c’est donner de la force aux projets neufs pour la justice, l’égalité, la liberté, la solidarité. L’Humanité. Où va la France ? A nous d’y faire grandir l’humanité. A nous, au peuple uni de prendre son destin en main.

Vie et liberté pour Sakineh

  

Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à mort par lapidation. Cette sentence que rien ne saurait justifier pourrait être exécutée.

Que les geôliers de Sakineh puissent entendre la puissance de l’émotion, de la désapprobation, du souffle qui veut retenir leurs bras inhumains, lanceurs de cailloux pour lapidation. 

Cet assassinat, ce crime, cette barbarie, au-delà de tuer une femme coupable d’avoir aimé, est une insulte à l’humanité. Ces comportements primitifs, barbares, indiqueraient une « dé-réalisation » de l’humanité en marche, le retour à l’âge de pierre ! 

Gagner la liberté pour Sakineh et toutes ses semblables, enchaînées dans les geôles iraniennes, c’est aussi gagner des espaces de liberté pour toutes les femmes du monde, plus de liberté pour tous. 

Que les geôliers de Sakineh puissent comprendre qu’ils sont de plus en plus seuls. S’ils passaient aux actes, ils seraient eux, condamnés et jugés sévèrement par le monde entier, par-delà les différences. 

Vie et liberté pour Sakineh.

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Le désarroi de Didier, producteur de lait, et les négociateurs de l’ombre

 

Didier est sans doute le plus important producteur individuel de lait du département du Lot et Garonne. Il produit un million de litres par an. Un millions de litres !  Il aurait sûrement été considéré comme un « gros » producteur il n’y a pas si longtemps dans nos colonnes. Je l’avais rencontré il y a un an, au cœur de la crise du lait. Combatif, il avait participé au lancement de l’association des producteurs de lait, l’APPLI. Sa situation n’a fait que se détériorer à cause des bas prix à la production, alors qu’il était contraint de dépenser de l’argent pour mettre son exploitation aux normes environnementales.

Aujourd’hui, il est au bord de la faillite. Il produit un million de litres de lait mais il a dû demander le  « Revenu de Solidarité Active ». Quelle société que celle qui pousse des travailleurs de la terre, si jeunes, si compétents, si performants, si passionnés par leur métier vers l’abîme, une société où se répand un antihumanisme glacial. D’autant plus glacial et insupportable qu’à quelques heures d’avion de la ferme de Didier des enfants meurent au rythme d’un toutes les cinq secondes parce qu’ils n’ont pas accès au lait. Et le plus scandaleux encore, le plus révoltant est cette lettre qu’a reçu Didier après avoir demandé le RSA. Voici l’extrait principal : « « Suite à votre demande, nous vous informons que Monsieur le Président du Conseil Général vous a ouvert un droit au Revenu de Solidarité Active à compter du 01/06/2010. Le montant mensuel de votre allocation est de 4,57€ pour la période du 01/06/2010 au 30/06/2010. Nous vous adresserons une déclaration trimestrielle RSA à compléter et à nous retourner ». Honteux, scandaleux, révoltant !

Oui, Didier produit un bien alimentaire indispensable à la vie. Non seulement on tolère qu’il perde de l’argent en travaillant, que les banques, renflouées par l’argent public ne lui accordent pas le moindre prêt, qu’il est acculé à la ruine, mais on lui propose, très …. généreusement… 4,57€. Et après cela des biens pensants au compte en banque bien garni s’offusquent d’accès de révolte. Le plus étonnant est qu’il n’y ait pas plus de… révoltes !

Et ce qui est annoncé comme le nouvel accord producteurs-transformateurs-distributeurs de lait est une tromperie, un marché de dupes. Il consiste à augmenter le prix de 10% par rapport au prix de …. l’an passé à la même époque. Comme les prix étaient très bas il y a un an, environ 27 centimes le litre, et qu’en 2008 il était de 38,5 centimes, cela signifie qu’il n’y aura quasiment aucune augmentation de prix à la production. Les prix l’année dernière étaient de 20% inférieurs à 2008. En vérité, le tour de passe-passe revient à un prix du lait abaissé de 10% par rapport à 2008, au moment même où le prix du beurre augmente de 60% et celui de la poudre de lait de 40%.

De plus, le prix du lait français sera indexé sur le prix allemand qui est en moyenne inférieur pour plusieurs raisons : l’Allemagne valorise moins son lait dans des produits à grande valeur ajoutée comme les fromages. Et les coûts de production en Allemagne sont moins élevés parce qu’une grande partie de la production se fait dans de grandes exploitations « industrielles » et les producteurs sont plus aidés qu’en France.

D’ailleurs quand les transformateurs et la grande distribution réclament plus de compétitivité pour notre production laitière, cela veut dire qu’ils souhaitent éliminer encore plus de petits et moyens producteurs et créer de grandes unités industrialisées pour réduire encore les coûts de collecte, que pourtant le consommateur paie.

Il n’y a pas de revenu décent pour un producteur de lait à moins de 350 à 400€ la tonne. Pour l’emploi, la qualité du lait, la vie des territoires, c’est d’un prix minimum de base pour une production moyenne dont ont besoin les producteurs de lait, et non de cette mise en concurrence insupportable.

Pour Didier et tous ses collègues agriculteurs, il faut réagir solidairement. Mais ce sont les Didier des fermes comme François l’ouvrier, Madeleine l’enseignante, Michelle Cadre, Jean-Luc, privé d’emploi, qui doivent s’unir, se solidariser pour changer radicalement la donne.

L’accord sur le lait est une tromperie

Ce qui est annoncé depuis quelques heures comme le nouvel accord producteurs-transformateurs et distributeurs dans le secteur laitier est une tromperie. Un marché de dupes ! Il consiste en effet à afficher une augmentation du prix du lait à la production de 10% par rapport au prix de l’an passé à la même époque. Comme il y’a un an les prix étaient extrêmement bas, cela signifie qu’il n’y aura quasiment aucune augmentation des prix à la production. Il faut d’ailleurs se rappeler que les prix l’an passé étaient de plus de 20% en deca des prix de l’année 2008.

De plus, le prix du lait français devrait désormais être indexé sur les prix allemands qui sont en moyenne inférieurs aux nôtres pour plusieurs raisons : l’Allemagne valorise moins son lait dans les produits à forte valeur ajoutée comme les fromages. Les coûts de production sont moins élevés parce qu’une grande partie de la production se fait dans de véritables usines à lait et les producteurs allemands sont plus aidés par l’Etat qu’en France.

D’ailleurs quand les transformateurs et la grande distribution réclament, comme ils l’ont fait hier, plus de compétitivité pour notre production laitière cela veut dire qu’ils souhaitent éliminer encore plus de petits et moyens agriculteurs pour créer de grandes unités industrialisées, une production encore plus concentrée pour réduire encore les coûts de collecte et pour abaisser encore les prix à la production. Leur seul objectif est d’augmenter encore leurs marges.

Ceci est totalement contraire à la nécessité de développer l’emploi et de faire vivre nos territoires ruraux, contraire aussi aux besoins de qualité alimentaire. Il n’y a aujourd’hui pas de revenu décent pour un producteur de lait à moins de 350 à 400 euros la tonne selon les régions, les conditions de production et les situations des éleveurs. Il est de la responsabilité du gouvernement et de la Commission européenne de créer les conditions de cette rémunération du travail des producteurs de lait à un moment où les prix des produits alimentaires issus du lait comme le beurre, les yahourts, mais aussi la poudre de lait flambent. Pourquoi d’ailleurs n’indexe-t-on pas les prix à la production sur la flambée des prix de ces produits industriels issus du lait ? Il ne suffit pas de répéter, comme le font le gouvernement et le Président de la République qu’il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Encore faut-il passer aux actes !
Il n’y a pas de solution viable pour un modèle agricole européen, durable et humain sans la création d’un prix minimum intra-européen pour une production moyenne et en finir avec cette mise en concurrence insupportable.
Ensemble, les producteurs et les consommateurs doivent encore se faire entendre !

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Et voilà 

A bientôt.

 

Pour le respect des droits fondamentaux des Roms

Le 8 avril est, depuis 1971, la journée internationale des Roms. A cette occasion s’est déroulé cette année le 2e sommet européen sur l’inclusion des Roms, les 8 et 9 avril à Cordoue (Espagne). L’objectif de ce sommet était de dresser le bilan des réalisations en matière d’inclusion des populations Roms sur la période 2008-2010, il a surtout reconnu les discriminations et stigmatisations dont elles souffrent dans nombre de pays européens.

Dans sa résolution du 25 mars 2010, le Parlement européen estime que « 10 à 12 millions de Roms européens continuent d’être victimes de discriminations graves et systématiques et se trouvent, dans de nombreux cas, dans une situation d’extrême pauvreté et d’exclusion sociale ». La population Rom compterait environ 5 000 personnes sur l’Ile de France, dont 3 000 sur le département de la Seine Saint Denis.

Bien que citoyens européens depuis 2007, les Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie sont soumis à des conditions discriminatoires par le régime transitoire de l’UE. Celui-ci autorise certains pays, dont la France, à limiter la libre circulation et l’accès au marché du travail sur leur territoire. Nombre de Roms sont ainsi privés de leurs droits fondamentaux : logement, santé, travail, éducation…

Exclusion, discrimination, pauvreté et incompréhension, autant d’éléments réunis qui font que les tensions montent autour des camps, et ce malgré l’existence au sein de l’Union européenne d’outils législatifs et financiers et de mesures de coordination des politiques. L’application concrète dans les Etats membres reste en effet insuffisante.

Le sommet de Cordoue a débouché sur une déclaration. Le Trio des présidences de l’UE s’est engagé à intégrer la question des conditions de vie des Roms dans les politiques européennes et nationales ; à mettre en place une feuille de route établissant un cadre d’action à moyen terme et des objectifs et résultats à atteindre ; et à s’assurer que les instruments financiers de l’UE soient disponibles pour les Roms.

Dans deux questions écrites à l’attention de la Commission et du Conseil, j’ai demandé que soient détaillées les mesures qui seront prises pour lutter contre la discrimination, pour garantir l’accès à l’éducation, au logement, à la santé, à l’emploi et aux services sociaux ainsi que l’établissement d’un guide unique des procédures et des programmes communautaires dont pourraient se saisir les autorités locales pour l’intégration des Roms.

J’ai également demandé quelles étaient les dispositions concrètes envisagées d’ici la fin 2010 pour s’assurer que les engagements pris soient respectés et que le Parlement soit tenu régulièrement informé de l’évolution du dossier et des progrès accomplis durant les présidences espagnole, belge et hongroise de l’Union.

Voici les questions que j’ai posées à la Commission et au Conseil :

Question Commission Politiques inclusion des Roms

Question Conseil engagements inclusion des Roms

La démocratie frappe à la porte

C’est en s’appuyant sur la crise de la politique qui se développe depuis les années 1990 que le président de la république avait imposé une révision de la Constitution il y a deux ans, le 23 juillet 2008. Cette réforme avait été présentée comme le moyen de progresser vers plus de démocratie, de contrôle du parlement, de droits supplémentaires pour l’opposition et les citoyens. A l’époque, la moindre critique émise contre cette modification constitutionnelle nous valait d’être immédiatement cloués au pilori de la ringardise ou de la mauvaise foi. Deux ans après, chacun peut juger : le pouvoir d’État est encore moins irréprochable, le présidentialisme s’est renforcé, les citoyens sont encore plus tenus à l’écart des décisions qui les concernent, les élus locaux et la fonction publique sont méprisés et maltraités, l’insécurité et l’insécurité sociale ont grandi. Prenons quelques exemples de la mise en œuvre de ces changements institutionnels pour mesurer à quel point ils n’ont été que des leurres.

Le président de la république s’est donné la possibilité de venir s’exprimer devant le congrès du parlement. Il y est venu le 29 juin 2009. Cela a coûté très cher et plus personne ne s’en souvient. Surtout, le monarque est venu devant les parlementaires débiter le même discours sans que ceux-ci n’aient pu débattre avec lui.

Le droit théorique donné à l’opposition de mettre en place une commission parlementaire d’enquête a déjà été bloqué par la majorité de droite. La droite ayant refusé une enquête parlementaire sur les batteries de sondages financés par l’Elysée. Cette même droite refuse de créer une telle commission d’enquête sur ce qui est devenu « l’affaire Woerth-Bettencourt ».

S’il était parlementaire avant de devenir membre du gouvernement, un ministre peut désormais retrouver son poste de député s’il le quitte. Très bien ! Voilà que des ministres et des secrétaires d’État jugés indignes il y a quelques semaines d’exercer des fonctions gouvernementales parce que soupçonnés d’avoir utilisé de l’argent public pour eux-mêmes peuvent quand même redevenir en toute quiétude représentants du peuple français !!

Il y a deux ans, nos détracteurs secouaient devant nous à tout bout de champ des sortes de trophées qui devaient révolutionner la démocratie : le référendum d’initiative populaire et la possibilité pour tout citoyen le souhaitant de saisir le Conseil Constitutionnel. Où en est-on ? Le référendum d’initiative populaire nécessiterait le vote d’une loi organique dont plus personne ne parle. Pourtant il y aurait matière à consulter le peuple sur des décisions qui peuvent modifier leur vie quotidienne. Par exemple, une consultation sur la nature d’une réforme progressiste des retraites serait un bon sujet. Mais le monarque sarkozyste ne souhaite pas de débat contradictoire et encore moins une consultation sur ce sujet. Quant à la saisine du Conseil Constitutionnel par une personne jugeant qu’une loi ou article de loi est opposé aux droits et libertés garantis par la constitution, au mieux elle n’apporte rien, au pire elle est un si bel imbroglio que personne n’y songe.

Et où est passée la notion de droit opposable au logement ? La Constitution ne reconnaît-elle pas le droit au travail pour toutes et tous ? Par contre, la création d’un dénommé « défenseur des droits » se met en place peu à peu par la suppression du défenseur des enfants, de la commission nationale de déontologie et de sécurité, du contrôleur des lieux de privation de liberté et sans doute demain du médiateur de la république et de la Halde.

Quant au prétendu droit de regard des parlementaires sur les nominations à des emplois publics, on voit combien il sert à cacher le pouvoir autoritaire et discrétionnaire du président de la république. En fixant le seuil à trois cinquièmes des membres des commissions compétentes de chaque assemblée, on exclut forcément l’opposition, et à vrai dire même le parlement est privé de choix puisqu’il est conduit à appliquer les faits et gestes du prince.

Ajoutons qu’on n’avait jamais vu un président de la république tant humilier l’Administration centrale et la haute fonction publique, jusqu’aux préfets désormais limogés sur un claquement de doigts pour être remplacés par des super-flics au dessus des directions départementales de la police, soit disant pour mettre de l’ordre dans les quartiers populaires, tout en y fermant les services publics et en y laissant flamber le chômage.

La réforme territoriale tend à affaiblir considérablement les moyens et les pouvoirs des élus locaux.

Une révolution constitutionnelle est bien nécessaire. Elle nécessiterait l’élection des parlementaires au système proportionnel, un parlement ayant un véritable pouvoir de contrôle sur le gouvernement qui lui-même conduirait la politique du pays. Elle passerait par la mise en place de lieux de grands débats publics et citoyens avec toutes les informations nécessaires sur les grands enjeux auxquels sont confrontés nos concitoyens ; de la santé et la protection sociale à la nature de la construction européenne ; de l’environnement aux choix de gestion publique. Avec de nouveaux pouvoirs, les salariés devraient pouvoir intervenir dans la gestion des entreprises et des banques. Une vraie indépendance de la justice, avec le respect du rôle du juge d’instruction, et des magistrats qui ne soient pas aux ordres du ministère de la justice et des conseillers de l’Elysée.

Les citoyennes et les citoyens doivent se réapproprier la république pour la réinventer, de telle sorte qu’elle soit véritablement sociale, laïque, démocratique, soucieuse de l’environnement et des enjeux planétaires.

Un nouvel âge de la démocratie frappe à la porte.

La Fête de l’Humanité est à vous !

 

La Fête de l’Humanité, c’est la fête de ce journal qui, chaque jour, prend le parti du peuple, de ses souffrances et de ses espoirs. Le parti de la jeunesse en quête d’avenir. C’est le journal qui fédère les contestations au sarkozysme, et les propositions des mouvements syndicaux et des forces progressistes.

 La Fête de l’Humanité, c’est votre fête, un grand rassemblement où on se retrouve, on se distrait, on participe à de grands concerts, pour une dépense abordable au plus grand nombre. Cette année, on pourra y retrouver : The Prodigy, Madness, Simple Minds, Jacques Dutronc, Alain Souchon, Raggasonic, Caravan Palace, Agnès Bihl, Dee Nasty, l’ensemble de cuivres de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, et bien d’autres encore.

 C’est aussi la fête où on se parle, on fraternise, on débat en toute liberté avec une multitude de personnalités d’opinions diverses. La fête que chacune, chacun peut vivre comme il l’entend. En toute liberté. En se retrouvant nombreux à cette fête, alors que le pouvoir de droite veut vous imposer des sacrifices sans précédent, la réduction des services publics et la casse de la retraite à 60 ans, ensemble, nous créerons un rapport de forces nouveau, un barrage solide pour empêcher ces sales coups.

 La Fête est donc à votre disposition pour vous faire entendre, et préparer les changements progressistes indispensables. La Fête de l’Humanité, c’est le lieu où toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la gauche sociale, politique et écologique peuvent se retrouver pour échanger ensemble et pour défricher les voies inédites d’une transformation de la société et du monde en faveur des êtres humains et de la nature. Aux côtés des forces de gauche sont également présents une multitude d’associations, de mouvements citoyens, culturels, antiracistes, féministes, de défense des droits humains, ou d’action contre la pauvreté.

 La Fête de l’Humanité, ce sont des expositions, tous ces espaces culturels,  comme ceux consacrés au théâtre ou au sport, une grande cité du livre, un village du monde où plus de cent pays sont représentés, un forum social au service des mouvements sociaux et syndicaux, et un village pour l’emploi. La Fête offre  une ambiance chaleureuse et fraternelle à nulle autre pareille. Nous vous invitons à la construire et à la réussir avec nous. Faites-le pour vous, pour vous détendre, vous défendre, et changer. Sans attendre, achetez le bon de soutien donnant droit à l’entrée à la Fête.

 Les 10, 11 et 12 septembre, retrouvons-nous ensemble pour une grande bouffée de luttes, de débats, de solidarité, d’Humanité. Une fête pour changer la donne.

La Fête de L’Humanité est à vous.

Dérive présidentielle sur les terres du Front National

Tout démocrate, tout républicain ne peut qu’être très préoccupé, très inquiet de la situation politique créée au cœur de cet été  par le Président de la République.  Pour imposer un cran supplémentaire dans la purge sociale ; pour détourner l’attention de l’injustifiable  contre-réforme antisociale  des retraites ; pour tenter de faire oublier le délétère climat créé par l’affaire « Woerth-Bettencourt », M. Sarkozy prétend  remettre  la  lutte pour la sécurité au centre de tout.  Cela fait huit ans déjà qu’il nous refait le coup sans que la délinquance et l’insécurité ne reculent. Il veut retourner ce cuisant échec en axe politique permanent en attisant, les peurs, les divisions et les diversions. Il vient de pousser le curseur très à droite.

Ses propos suintaient une telle puanteur qu’ils ont sali d’une boue noire les belles valeurs de notre république et des principes constitutionnels. Comme à de sombres époques  il a désigné à la vindicte  populaire

un ennemi de l’intérieur : l’étranger. Etranger et donc coupable de tout. Il se veut le président d’un pays où il y aurait deux catégories de Français. Ceux dit de naissance et ceux qui, nés sur notre sol, auraient une origine étrangère. Ils seraient des Français au conditionnel ! Dans un odieux amalgame, il a mis un trait d’égalité entre banlieue, immigration, et délinquance. Il veut déchirer l’ordonnance de 1945 sur les enfants mineurs, bafouer le droit du sol, la charte des droits de l’enfant, remettre en cause la possibilité d’appréciation d’une peine par les juges et ment en laissant croire que les immigrés en situation irrégulière percevraient des prestations. Une analyse sérieuse de son discours permet de démontrer aisément qu’il s’agit de reprises du programme du Front National. La famille Le Pen lui a d’ailleurs  immédiatement demandé d’aller jusqu’au bout de sa démarche en réformant le code de la nationalité.

Après l’odieuse campagne sur l’identité nationale du sinistre ministre Besson, c’est la première fois depuis 1930 qu’un  président de la France tient des propos d’une telle gravité dans la  xénophobie, le racisme latent, l’exclusion. Chaque jour désormais  M. Sarkozy déclare une «  guerre nationale. » Un jour les gitans, un autre les jeunes, un autre encore les étrangers. Il n’aime pas cette France multicolore qui s’est illustrée lors des championnats d’Europe d’athlétisme ! Mais pas question pour lui de livrer combat à la pauvreté, au chômage, aux salaires trop bas, à la précarité, au mal logement, aux quartiers en difficulté qui génèrent partout de la désespérance sociale.  Son langage guerrier et martial vise à camoufler les urgences sociales et à montrer aux forces de l’argent dont Mme Bettencourt est la figure de proue qu’elles peuvent compter sur lui.

La situation nouvelle ainsi créée est gravissime et très dangereuse. Au cœur d’une violente crise où les puissants continuent de s’enrichir, où des milliardaires fraudeurs du fisc et des ministres apparaissent intouchables, un président de la république élu sur la base de multiples mensonges, de plus en plus discrédité, s’arc-boutant dans une telle fuite en avant aux relents vichystes devient dangereux pour les libertés et la démocratie. Il crédite et valide les idées de l’extrême droite. Cela peut préparer un régime autoritaire.

Voila qui commande à tous les démocrates, à tous les républicains, aux associations et forces progressistes de s’unir rapidement dans une large riposte à la mesure des attaques portées contre nos principes et valeurs républicains.

UNITE, ACTION, POUR LA VIE RURALE

Nous avions ici même la semaine dernière montré à partir de l’exemple de la Creuse que la résistance et la riposte s’organisaient contre la volonté du gouvernement de fermer les blocs opératoires pratiquant moins de 1 500 actes par an. Cette mobilisation qui s’étend à l’ensemble du pays marque de premiers points. Le ministère de la Santé a dû, le 27 juillet dernier, reporter la parution du décret faisant exécuter cette décision négative. Cela ne signifie malheureusement pas que le gouvernement renonce à sa logique de réduction des possibilités de soins dans les bassins de vie. La décision serait simplement reportée. Le pouvoir veut gagner du temps pour tenter d’expliquer et de justifier ses insupportables décisions. Il ne faut donc pas baisser la garde dans l’action unitaire à élargir encore.

Que le pouvoir soit contraint de manœuvrer en recul montre qu’il n’est pas invincible. Il est contraint de tenir compte des rapports de forces sociales et politiques. C’est donc l’élargissement et l’unification de ce mouvement, associant les personnels, leurs syndicats, avec les usagers et les élus de toutes opinions, qui permettra de défendre les hôpitaux publics pour toutes et tous. Le débat ne porte pas sur le fait de savoir si le gouvernement explique bien ou mal ses mauvaises décisions.  Il porte sur la question de savoir où se situe l’intérêt général ; comment permettre l’égalité d’accès à la santé pour tous. Le débat porte sur un choix : soit la défense de l’hôpital public ; soit favoriser les cliniques privées. Il porte aussi sur les priorités d’une société ! Soit continuer à faire des cadeaux fiscaux aux plus riches et priver les plus modestes des services publics indispensables. Soit faire contribuer les grandes entreprises et les revenus financiers aux besoins communs de la société toute entière, au lieu de favoriser l’accumulation de l’argent entre les mains de quelques uns. Le débat doit aussi porter sur l’inanité du pacte de stabilité européen qui oblige les Etats à réduire les dépenses publiques et sociales contre le bien être des individus.

En ce moment même, dans tout le pays, des conseils municipaux de toutes opinions votent des délibérations contre les réductions des moyens et du nombre des territoires de santé. Cet indispensable combat pour le maintien, le développement, la modernisation, la démocratisation des services publics à la campagne comme en ville est le combat pour que chacun accède au patrimoine commun. C’est le combat moderne pour l’égalité.

En même temps, l’action pour défendre les travailleurs de la terre doit reprendre de la vigueur tant le pillage du travail paysan s’amplifie. Ainsi une nouvelle fois les producteurs de lait sont victimes des dicktats des industriels laitiers qui ne respectent pas les accords interprofessionnels qu’ils ont signés. Le beurre, la poudre de lait augmentent alors que le prix à la production stagne et n’est jamais assuré puisqu’il s’agit d’un prix dit « d’acompte ». Les agriculteurs ne savent donc jamais le prix auquel leur sera payé leur lait en début de mois. Selon les accords contractuels, le prix devrait être ce mois aux alentours de 325 € la tonne. Les industriels n’en proposent que 315 €. L’action qui commence à se développer doit être soutenue. La même logique est à l’œuvre dans le secteur des fruits et légumes. Les coûts de production des pêches et nectarines se situent aux alentours de 1,34 € le kg. Ils ne sont payés qu’entre 0,80 € et 1,20 € aux producteurs mais sont vendus en moyenne 2,78 € dans les grandes surfaces. Chacun voit où passe la différence.

Une même logique est à l’œuvre partout : la recherche du profit maximum pour les grands détenteurs de capital. C’est sans doute pour camoufler cette réalité que le Président de la République cherche à détourner l’attention de l’opinion, en developpant une nauséabonde campagne  mettant en cause les fondements de la République au prétexte de lutte contre l’insécurité. Nous ne nions pas ce grave problème. Cependant, l’insécurité prend souvent sa source sur le terreau de l’insécurité sociale qui grandit chaque jour du fait des décisions gouvernementales qui plongent de plus en plus de gens dans des difficultés inextricables. Loin de se laisser détourner par ces manœuvres politiciennes, le monde du travail et des retraités doit chercher les voies de son unité pour défendre les idéaux républicains et faire reculer cette ultra-droite antisociale et antidémocratique jusqu’à la battre pour un nouveau projet de changement à gauche.                                                                          

Répliques pour la République

 

La surenchère ultra-droitière du Président de la République et de ses sbires politiques toute la semaine dernière est à la fois une stratégie de diversion et une nouvelle inquiétante inflexion des choix vers la droite extrême. Ils ont besoin de placer un épais écran de fumée sur l’affaire dite « Woerth- Bettencourt ». Celle-ci révèle en effet aux yeux d’une immense majorité de nos concitoyens de toutes opinions confondues que la République sarkozyste est loin d’être irréprochable. Ensuite, ceux qui ont pu croire au fameux mot d’ordre « travailler plus pour gagner plus » découvrent deux choses insupportables. D’abord la connivence du parti au pouvoir et des ministres avec les milieux d’affaires et les grandes fortunes à un point qu’ils n’imaginaient pas. Ensuite le fait que ces milieux de la haute finance bénéficient grâce à ce pouvoir de réductions d’impôts, alors que celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre souffrent de plus en plus.

Refusant tout débat public et contradictoire sur des issues positives à la crise et voulant à tout prix imposer une attaque en règle contre le système des retraites, le chef de l’État cherche à  reprendre l’initiative pour déplacer les termes du débat politique. Une nouvelle fois, il prend prétexte de l’insécurité. Comme il en est le responsable depuis l’année 2002, on peut aisément lui rétorquer qu’il critique en quelque sorte ses propres choix, notamment ceux du tout répressif. Mais il a choisi cette fois délibérément de reprendre  des idées extrémistes du Front National. On peut se demander dans quelle mesure un Président de la République, garant de la Constitution et représentant des valeurs de notre République, peut s’autoriser de telles déclarations dans la France des Lumières ; de 1789 et du Conseil National de la Résistance. Sa réthorique est un mélange nauséabond de la France vichyste et Berluscono-Bushisme. Ses mots préférés semblent être désormais ceux de « guerre nationale ». Contre quel ennemi de l’intérieur ? L’étranger. La banlieue populaire est assimilée à la délinquance. Non content d’avoir depuis sept ans transformé chaque fait divers en proposition de loi, il se propose désormais de créer deux catégories de français. Ceux « de naissance » dit-il et ceux d’origine étrangère,  bafouant ainsi un principe fondamental énoncé à l’article 1er de la Constitution déclarant l’égalité de chaque citoyen devant la loi, sans distinction d’origine. Il veut encore modifier l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs qui a déjà été réformée… à sept reprises. De changement en changement, la justice n’aura plus la liberté d’apprécier le niveau des peines à infliger. Des normes policières suffiront.

Cette stratégie délibérée, décidée il y a quelques jours comme contre feu lors d’une réunion du bureau politique élyséen, a permis aux chiens de garde ministériels de monter encore la gamme. M. Hortefeux assurant le service après-vente, en ajoutant son odieuse pincée d’amalgame xénophobe, raciste et haineuse. Et un certain M. Ciotti, député UMP, demande, lui, d’emprisonner les parents qualifiés « d’irresponsables » lorsqu’ils ont des mineurs difficiles. Et le  sieur Besson en personne est chargé de traduire les nauséeux propos présidentiels et UMPéistes extrêmes droitiers dans une loi qui serait d’abord discutée par le Sénat. Mais devinez quand ? Le 7 septembre ! Pardi ! Le jour même du débat sur les retraites à l’Assemblée Nationale. Quelle belle logique à tout cela. Certains évoquent seulement l’idée d’une diversion. C’en est une certes ! Mais il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agit là que de mots, de discours sans importance ou sans suite. Depuis le début du quinquennat, de glissades en glissades vers la droite, les lois ont changé dans un sens toujours plus liberticide. Et, de loin en loin, un climat de division, de méfiance, parfois de haine, est accrédité et validé au sommet même de l’État. C’est exactement le contraire de l’unité d’une République commune. Certes, les propositions émises sont, à ce jour, anticonstitutionnelles. Mais on n’a jamais tant modifié la Constitution pour modifier peu à peu notre régime politique.

 De même, on aurait grand tort de ne pas s’alarmer de la valse des préfets et leur remplacement par des super-policiers ; commandants de gendarmerie, de la DST ou du Raid. Les préfets, inventés par Napoléon au lendemain du coup d’État du 18 brumaire, étaient chargés de veiller à la mise en œuvre de sa politique. Le prétexte est l’insécurité, mais au moment où l’insécurité sociale va faire grandir la protestation sociale, ces préfets d’un nouveau genre auront pour mission de la combattre. Cette dérive ultra droitière est inquiétante à tous points de vue. Elle doit être combattue avec vigueur dans l’unité la plus large, par tous les républicains sans distinction d’opinion. De nombreuses organisations démocratiques et progressistes ont décidé ensemble, sur proposition de la Ligue des Droits de l’Homme, de répliquer le 4 septembre dans une grande manifestation partant de la République. Toutes celles et tous ceux qui ont la République au cœur feront tout pour en assurer le succès.

En même temps, si une guerre nationale devait être déclarée par l’État, ce devrait être un combat sans merci contre la pauvreté, le chômage et la mal-vie qui s’étendent.  La défense des services publics, la réhabilitation des quartiers populaires,  l’accès à l’éducation, à la santé,  au logement pour tous doivent faire l’objet de grandes batailles politiques.  Et le combat engagé pour défendre la retraite à 60 ans ne doit pas faiblir.

Nous le disons avec gravité. Attention ! Il y a danger ! Organisons les répliques indispensables pour la République.

Pour un juste prix payé aux producteurs de lait

Les producteurs de lait ont perdu 54 % de leurs revenus en 2009. Aujourd’hui, alors que le prix des produits alimentaires issus du lait augmente, les industriels laitiers refusent toute répercussion de ces augmentations. En Bretagne par exemple les prix à la production payés au mois de juin étaient loin d’atteindre 0,3 euros le litre. M. Bruno Le Maire, comme la Commission européenne que j’avais interpelée à plusieurs reprises au cours de l’hiver dernier, avaient affirmé que la stabilité des prix à la production passait par des accords contractuels entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Ceci a été fait. Or les industriels de la transformation et de la distribution ne respectent pas leur parole et encore moins cet accord interprofessionnel.

J’ai donc demandé à Bruno Le Maire, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, ce que comptait faire le gouvernement, mandataire de l’intérêt général, pour faire appliquer cet accord.

Ceci devient d’autant plus impérieux que les conditions climatiques vont encore grever les coûts de production – déjà en augmentation – car les éleveurs devront acheter pour cet hiver plus de fourrage et de céréales pour faire face à leurs besoins.

Ce qui se passe aujourd’hui me renforce dans l’idée de la nécessité de mettre en place un prix minima intra-européen pour un volume donné de production afin de garantir un revenu minimum à tous les producteurs de lait. Ceci éviterait la concurrence et les différences de prix injustifiées entre les Etats européens, ainsi que des importations abusives contre l’un des grands atouts dont dispose la France : sa production laitière.

Dans l’immédiat le Ministre de l’Agriculture a la responsabilité de prendre l’initiative, avec le ministère de l’Economie et des Finances, pour que l’accord interprofessionnel soit respecté et que le lait soit payé à son juste prix à la production.

Pour lire le courrier adressé au Ministre de l’Agriculture, cliquez ici.

Action pour le juste prix du lait !

En vérité le prix du litre de lait est à peu près au même niveau qu’il y a une dizaine d’années. Pourtant les prix des produits industriels, des bâtiments d’élevage ou de l’alimentation bovine ont considérablement augmenté. Et ne parlons pas des coûts des mises aux normes environnementales imposées aux agriculteurs. Dès lors que les produits nécessaires à la production peuvent augmenter sans contrôle, il aurait été indispensable que les autorités publiques françaises comme européennes mettent en place un prix de base garanti  au moins pour une quantité donnée de production moyenne. Or, non seulement les prix minima intra-européens ont été détruits avec les modifications successives de la Politique Agricole Commune, mais en plus le système des quotas de production, qui constituait un moyen de régulation, a été aussi supprimé. Et il y a un an, le gouvernement et la commission de Bruxelles, alliés objectifs des industriels et de la grande distribution, ont, de concert, fait croire qu’on allait améliorer la situation par des contrats entre producteurs, c’est-à-dire des agriculteurs isolés, des firmes ou grandes coopératives de la transformation et la grande distribution de plus en plus concentrées.

L’industrie laitière c’est aujourd’hui quatre grandes sociétés. Il en est de même pour la grande distribution qui réalise de confortables profits. Nous avions critiqué ce système à l’époque. Un mouvement des producteurs s’était constitué : l’APLI. Plusieurs manifestations, des grèves du lait européennes ont eu lieu, les femmes ont fait des démonstrations de protestations à Poitiers et dans d’autres villes. Les faits nous donnent malheureusement raison. Le gouvernement et les industriels ont menti, berné, trompé les agriculteurs qui triment de plus en plus dur pour gagner de moins en moins. Pourtant les prix des produits industriels issus du lait, comme le beurre ou la poudre de lait, augmentent assez considérablement. Où passe la différence ? Dans les profits de ces grandes sociétés qui spéculent avec cet argent. On nous dit dans la plupart des journaux que le prix serait de 313€ la tonne.  Je peux témoigner que les prix étaient à 294€ en juin, 269€ en mai et 264€ en avril. Le juste prix devrait se situer  entre 350 et 400€ la tonne.

La bataille engagée par les producteurs et leurs syndicats doit l’être par tous les moyens possibles. On ne peut pas laisser faire. On ne peut pas laisser ainsi mourir une profession essentielle à la vie, aux équilibres de la société. Il faut d’autant plus le faire qu’ils risquent demain de souffrir encore plus avec les difficultés liées à la sécheresse dans de nombreuses régions ainsi qu’à l’inadmissible spéculation sur les prix des céréales qui s’amplifie depuis une semaine. Cette spéculation est inhérente au système capitaliste.  Elle est aussi le résultat des déréglementations européennes. Et comme tous les citoyens, les agriculteurs vont subir les injustifiables hausses de tarifs de l’électricité et des assurances ainsi que celles liées à la rentrée scolaire.

Ensemble, producteurs et consommateurs unissons nous dans l’action citoyenne au service de l’emploi, de la vie rurale, de la qualité alimentaire contre cette sainte alliance contre le travail et pour les profits que constituent les industriels, le pouvoir et  la commission européenne. Le juste prix c’est un prix minimum intra-européen garanti qui permette de rémunérer correctement le travail et les investissements nécessaires à la production d’un lait de qualité.

Lumière et misère en Lot et Garonne

Ce jeudi 19 août, comme chaque année, les producteurs de fruits et légumes du Lot et Garonne viendront, à l’initiative du Modef, proposer leurs fruits aux habitants de la région parisienne. Les élus et maires communistes, les militants communistes s’y associent, proposent avec les syndicalistes des fruits dans les quartiers populaires de plusieurs dizaines de villes.

Mardi 17 août, comme je l’avais fait l’an passé, je me suis rendu toute la journée dans le Lot et Garonne pour évaluer la situation, écouter les agriculteurs, des responsables de coopératives. Une nouvelle fois c’est mon ami, Raymond Girardi, vice-président du Conseil général et président du Modef, qui a pris cette initiative. Le maire de Champigny, Dominique Adenot et Gilles Delbos, conseiller général du Val de Marne m’accompagnaient. Ils seront présents jeudi pour proposer les fruits, au juste prix, aux citoyennes et citoyens de leur ville. Ils cultivent la solidarité. Solidarité entre les habitants et leur ville. Solidarité entre producteurs et consommateurs. Il y’en a bien besoin en ce moment !

En arrivant chez Corinne et Guy, une large étendue de pommiers s’offre à nous, baignée par un beau soleil. Il est le meilleur allié des producteurs de pommes, de tomates et de melons. Les pommiers, portant déjà de beaux fruits en devenir semblent aspirer à la fois cette lumière et les gouttes d’eau déversées à leurs pieds. Corinne est tout à la fois passionnée, cultivée, technicienne, comptable, agronome. Avec son mari Guy et leur jeune fils qui se prépare à reprendre l’exploitation, elle explique leurs efforts pour produire une diversité de pommes de qualité. Ils reconvertissent une partie de leur production en biologique. Le travail accumulé pour faire des pommes est colossal. Essentiellement manuel car on ne peut pas mécaniser à outrance l’entretien et surtout la cueillette. On vient de plusieurs pays d’Europe leur acheter des pommes. Mais les négociants qui viennent aujourd’hui ne s’avancent sur aucun prix d’achat. Là est bien le problème ! On doit investir, s’endetter, travailler, sans jamais savoir à quel prix on paiera le travail et les investissements. Pire, si le grand négoce sent qu’il peut grossir ses profits, il n’hésite pas à aller acheter des pommes au Chili, aux Etats-Unis, en Afrique du Nord, en Chine. Pour lire la suite cliquez ici :

On ne peut pas laisser faire !

De tout temps des hommes et des femmes du monde entier ont rejoint la France. Pour différentes raisons. Souvent pour fuir la misère, l’oppression politique. Mais aussi pour son art de vivre, son histoire, ses traditions, sa culture ; pour ses libertés et ses principes démocratiques ; ses droits sociaux hérités des débats et des combats de générations de travailleurs, de jeunes, dans les usines et les champs, les écoles et les laboratoires.

Cette France de la Révolution française, des Lumières et des droits humains,  cette France s’est fixé l’ambition de créer les conditions de faire société commune. D’ailleurs elle n’est la France que grâce à ce métissage. Il y a même eu un consensus politique autour d’une volonté et de valeurs communes toujours présentes aux frontons de nos édifices publics : Liberté, Egalité, Fraternité. Cette France s’est retrouvée dans la Résistance contre le nazisme. Elle s’est aussi unie dans le vote anti Le Pen en 2002, au nom de la liberté, de l’antiracisme, pour la tolérance et le vivre ensemble. Cette France là est aujourd’hui souillée, défigurée par une équipe gouvernementale sarkozyste, qui est un mélange de Berluscono-bushisme, matiné de ce que les époques les plus sombres de notre histoire ont produit. Un ministre de la police est chargé tout cet été d’occuper les médias pour expulser des hommes et des femmes qui, comme nous, sont européens. Une bonne partie d’entre eux comme nous sont de ceux qui font la France.

La France était un exemple aux yeux des peuples du monde entier. Elle est aujourd’hui bafouée, montrée du doigt par un comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’Organisation des Nations-Unies. Ce dernier vient de critiquer « la recrudescence du racisme et de la xénophobie ». Cela fait honte ! De fait, malgré les lamentables dénégations du pouvoir et de l’UMP ; de l’horrible débat sur l’identité nationale à l’organisation de charters vers les pays d’Afrique, les discriminations à l’emploi selon les quartiers de résidence, et maintenant l’assimilation de la délinquance à l’immigration, la chasse aux gens du voyage et aux Roms, la remise en cause de fait du droit du sol, une personne dite « d’origine étrangère » est désormais présumée délinquante. « Présumée coupable » comme dirait le raffiné ministre de la police et des expulsions,  M. Hortefeux. Oui le racisme se répand au pays des droits de l’homme. Tout ceci crée un climat malsain  de division de nos populations, de suspicion entre les individus. Tout cela pousse à un morcellement de la Nation à partir de l’origine, de la couleur de la peau, de la religion. L’activité politique elle-même devient de plus en plus nauséabonde, poussant les citoyens à s’en éloigner alors qu’ils devraient au contraire s’en occuper davantage. La suite