Maintenant un Front de Gauche fort dans une majorité de gauche au Parlement Répondre

Le 17 mai 2012 @06h00

Cette semaine s’est définitivement tournée la sombre page du sarkozysme, avec l’installation de F. Hollande à l’Élysée et la mise en place de son premier gouvernement. De premières mesures sont annoncées. Certaines sont emblématiques et marquent la volonté du nouveau pouvoir de ne plus faire de «l’argent» la marque de la puissance. C’est le cas de la diminution de la rémunération du Président de la République et des ministres comme celle des dirigeants des entreprises publiques. Une orientation à soutenir et à renforcer, notamment pour ces patrons des banques et des grandes firmes privées qui gagnent jusqu’à l’équivalent de quatre cent fois plus que le salaire moyen dans l’entreprise.

Évidemment ces actes positifs ne règlent pas la question principale et fondamentale à laquelle sont confrontées notre société et la collectivité citoyenne en son entier : celle du nécessaire engagement de la gauche pour un nouveau partage des richesses.

L’augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire comme celle des effectifs dans l’éducation nationale ou pour la sécurité sont une bonne chose. Mais le débat qui perdure entre les organisations syndicales, le Front de Gauche et le nouveau gouvernement socialiste est de savoir si cela peut se faire uniquement par simple redéploiement des crédits publics ou par des réformes structurelles, telles qu’une nouvelle fiscalité plus favorable au travail et dissuasive pour la spéculation financière ; un nouveau crédit public, contribuant lui aussi à l’activité et à l’emploi, impliquant une profonde réforme bancaire, jusqu’à la création de pôles publics financiers et bancaires.

Le blocage temporaire des prix de l’énergie et une taxe flottante sur les carburants peuvent également améliorer le pouvoir d’achat. Mais cela aura une portée limitée s’il n’est pas décidé d’augmenter substantiellement les salaires minimums, les retraites et les prestations sociales en promouvant une nouvelle répartition des richesses, tout en impulsant une nouvelle manière de les produire. Tout le contraire de l’austérité, qui, non seulement fait mal au plus grand nombre, mais qui anémie l’activité comme en témoignent nos voisins européens. Si l’on veut promouvoir la justice, il faut  effectuer des ruptures. Inventer une nouvelle voie devient une nécessité pour qu’une cohérence nouvelle permette d’associer efficacité économique et sociale au service du développement humain et écologique.

La question est au cœur des élections législatives. Elles devront bien sûr donner une majorité à l’Assemblée Nationale aux forces qui ont permis la victoire de François Hollande. Toutes partagent cette légitime ambition face à une droite qui n’a que la cohabitation en tête pour empêcher tout changement. Mais, c’est un fait, toutes n’ont pas la même détermination à affronter les puissances financières et les institutions européennes pour dégager les moyens de répondre aux attentes populaires. Élire de nombreux députés du Front de Gauche permettra tout à la fois de soutenir cette détermination et de faire gagner l’ensemble de la gauche qui sera ainsi mieux armée pour voter des lois qui apportent du bien-être au monde du travail et de la culture comme aux retraités. Du bien-être et de nouveaux droits pour les citoyens et les salariés afin qu’ils disposent de pouvoirs pour intervenir et influer sur les choix des collectivités et des entreprises.

Chaque électeur aura la possibilité de construire dans les urnes un rapport des forces qui soit favorable aux changements qu’il attend face aux pressions qu’exercent déjà sur le nouveau pouvoir les milieux d’affaires, les dirigeants allemands et les institutions européennes. Ces dernières refusent de prendre en compte cette donnée fondamentale qui parcourt toute l’Europe, dimanche après dimanche, les partis « pro austérité », défenseurs de l’Europe ultralibérale sont sévèrement désavoués par les électrices et les électeurs.

Comme en France, les Grecs, les Italiens, les Allemands, les Anglais, les Espagnols rejettent la potion amère de l’austérité dont ils constatent qu’elle nous mène tous dans le mur.

Dans toute l’Europe, on attend beaucoup du nouveau Président de la France. Il porte l’espoir d’une sortie du cycle mortifère entamé sur notre continent par Mme Merkel et M. Sarkozy. Ne s’est-il pas prononcé pour une réorientation de la construction européenne ? Loin de nous l’idée qu’il suffirait de le vouloir et de claquer des doigts pour y parvenir. Mais nous avons la conviction que le chef de l’État dispose d’atouts pour réussir à le faire. Le vote de nos concitoyens à l’élection présidentielle d’abord, dont les quatre millions de voix du Front de Gauche sans lesquelles rien n’est possible. Ensuite, ce qui s’exprime dans les élections et les luttes chez nos voisins, dont les citoyens allemands, qui ont engagé un bras de fer pour obtenir d’importantes augmentations de salaire. Isoler Mme Merkel et son ultralibéralisme ne relève pas de l’utopie. A condition de s’appuyer sur les aspirations des populations, de les informer précisément sur ce qui est en cause et sur les différentes options en présence. Les peuples, leurs débats, leur mise en mouvement feront le poids face aux marchés et à la finance. Pour notre part, nous sommes disposés à apporter notre contribution à leurs mobilisations. François Hollande s’est engagé à renégocier le traité budgétaire appelé «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne» (TSCG). Un traité signé par M. Sarkozy. Celui-ci a été battu. Il refusait toute idée de renégociation et l’UMP fait pression pour que le nouveau gouvernement applique l’austérité selon le modèle allemand. Aujourd’hui, il s’agirait d’ajouter un texte sur la croissance à ce traité. En apparence, l’idée est séduisante. Il faudrait cependant discuter des moyens d’une nouvelle croissance et de sa nature. Le Conseil européen du 30 janvier dernier a adopté un texte à ce sujet. L’idée centrale est de développer la « croissance » par l’accentuation de la compétitivité du travail, donc par une surexploitation du travail. On ne peut l’accepter ! Ajoutons qu’on ne peut faire de la croissance avec de l’austérité. Ajoutons que le traité budgétaire a ceci d’extrêmement grave qu’il ôte toute souveraineté aux peuples et aux Parlements de décider des budgets publics au profit d’un contrôle tatillon et de sanctions de la Commission de Bruxelles.

Tout doit donc être mis sur la table du Conseil européen qui doit se tenir dans les prochains jours et rien ne doit être caché aux différentes populations de l’Europe. C’est trop sérieux puisqu’il s’agit, pour une large part, de réussir ou non le changement ici et chez nos voisins tout en redonnant un sens positif à une construction européenne qui s’est coupée des peuples.

La garantie pour le faire implique l’intervention populaire et une nouvelle progression du Front de Gauche aux élections législatives.

Notre pays n’est pas le dos au mur. Il dispose d’atouts et de  forces pour négocier avec nos partenaires. Il peut, si nécessaire, décider de ne pas ratifier le traité budgétaire qui dés lors deviendrait caduc. Un nouveau chantier s’ouvrirait avec la possibilité que prévalent d’autres critères que ceux retenus dans le précédent tels que l’emploi, un salaire minimum en Europe, la réduction de la pauvreté, des avancées en matière de santé, de protection sociale, de formation, de recherche, de mutation écologique et un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne.

Les candidates et candidats du Front de Gauche portent ces orientations constructives au même titre que des projets élaborés avec les citoyens dans les circonscriptions, dans des ateliers législatifs. Partout déterminés contre la droite revancharde et comme va le faire avec courage Jean-Luc Mélenchon contre la dirigeante de l’extrême-droite, les militants et candidats du Front de Gauche le sont tout autant pour créer les conditions de la réussite du changement. Ils méritent la confiance et apporteront, une fois élus députés, ce que les salariés attendent d’eux.

Pour changer vraiment 2

Le 15 mai 2012 @16h00

Le nouveau Président de la République et son gouvernement s’installent cette semaine. Il marque la fin de dix-sept années de gestion de droite et la sortie du sarkozysme, l’autre nom du régime au service exclusif des riches.

La nouvelle équipe gouvernementale prend quelques mesures symboliques comme la réduction de la rémunération du chef de l’Etat, des ministres et de celles des dirigeants d’entreprises publiques. Ce sont des marqueurs, tout comme la démarche de F. Hollande souhaitant rester proche des gens. De même, le blocage des prix de l’essence, du gaz et de l’électricité ou l’augmentation de la prime de rentrée scolaire constituent de premiers actes.

Évidemment, il faut aller très au-delà et s’attaquer aux deux problèmes fondamentaux auxquels sont confrontés nos concitoyens : le pouvoir d’achat et le travail. Certes, la prime de rentrée scolaire et le blocage -voire la baisse- des prix de l’énergie peuvent améliorer le pouvoir d’achat. Mais pour sortir de la crise, il faut absolument créer les conditions d’une nouvelle répartition des richesses pour améliorer les revenus du travail. Une fiscalité plus juste favorisant le travail et pénalisant la spéculation financière est indispensable. Un nouveau développement, favorable aux êtres humains, implique en même temps de relancer un nouveau type de crédit à très bas taux d’intérêt, favorisant l’emploi, l’activité agricole, artisanale et celle des petites entreprises dès lors que cela favorise le travail, la vie territoriale, les rémunérations. Ce sont là de grandes réformes de structure,  indispensables pour réussir le changement progressiste. Celui qui améliorerait concrètement la vie quotidienne de nos concitoyens.

Permettre au gouvernement d’affronter ces enjeux appelle une majorité de gauche au Parlement, avec un flanc gauche, donc un Front de Gauche représenté par de nombreux députés dans la nouvelle assemblée.

Le Président de la République, F. Hollande a déclaré vouloir faire en sorte que « l’austérité ne soit plus une fatalité » et demande un accord avec l’Allemagne pour un protocole dit de « croissance » au traité budgétaire européen.

C’est un discours différent de celui de l’ancien Président de la République. Mais on peut craindre que le terme même de « croissance » soit antagonique avec le traité d’austérité budgétaire. Ajoutons qu’il y a croissance et croissance. Ce qui se discute aujourd’hui est une tentative de relance de la croissance par l’accentuation de la concurrence entre travailleurs, qui de facto, diminue la rémunération du travail.

De surcroît, les termes de ce protocole de croissance sont déjà inclus dans les conclusions du Conseil européen du 30 janvier dernier. Ceci ne constitue donc pas une garantie de sortie de l’austérité. Et le traité Sarkozy-Merkel, qui est une camisole de force réduisant les budgets des Etats et de la sécurité sociale, doublé de la perte de souveraineté des Parlements nationaux, risque de fermer toute perspective d’amélioration. Voilà pourquoi le nouveau Président de la République doit créer les conditions d’un débat public sur ce traité et de le soumettre à l’opinion du peuple par référendum. Si la France ne ratifie pas ce traité, il faudra bien se mettre à la rédaction d’un nouveau texte anti-austérité européen, comme le demandent les peuples dans les élections en France et en Grèce, mais aussi en Allemagne, en Espagne et en Italie.

Le combat contre l’austérité est plus que jamais à l’ordre du jour. C’est la condition de la réussite du changement.

Le vote pour les candidats du Front de Gauche sera un vote anti-austérité et pour la réussite de la gauche.

Pour un forum de refondation de l’Europe 2

Le 10 mai 2012 @10h00

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Hier, mercredi 9 mai, nous avons eu un débat en session plénière au Parlement européen à Bruxelles. En cette Journée de l’Europe, anniversaire de la création de l’Union européenne, nous avons débattu sur son avenir, en présence de Martin Schulz, président du Parlement.

Voici mon intervention durant ce débat, et, plus bas, la vidéo.

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Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous remercier, M. Le Président, pour l’hommage fraternel que vous avez rendu à Miguel Portas.

Vous avez fait un bel éloge de l’Europe. Mais la réalité pour les peuples n’est pas celle-là. Si les politiques européennes ne sont pas profondément réorientées, de graves risques d’implosion de l’Union européenne existent, avec de graves conséquences pour les populations qui n’en peuvent plus de l’austérité, du chômage et de la précarité.

L’austérité appliquée à marche forcée aux peuples, alors que les richesses sont accaparées par une minorité, privatisées, est non seulement injuste, mais inefficace. Il faut en tirer les conclusions et vite.

Tenez bien compte de ce qui vient de se passer ces derniers jours. Refus du plan d’austérité par le gouvernement roumain, puis aux Pays-Bas, victoire d’un président de Gauche, François Hollande, en France, défaite de tous les partis pro-austérité aux élections locales en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, et rejet de celle-ci en Grèce.

Il faut respecter le vote du peuple grec, chercher avec la Gauche une nouvelle voie et abandonner le mémorandum de la Troïka.

On ne peut accepter le Traité budgétaire d’austérité de M. Sarkozy et Mme Merkel. L’ajout d’un protocole dit de croissance est antinomique avec le Traité lui-même. Il faut donc l’abandonner. Austérité et développement sont antagoniques.

Au contraire de cela, réinventons un nouveau pacte de développement humain, social, écologique avec un fonds financier spécial et un nouveau rôle de la Banque Centrale Européenne qui doit faire du crédit pour le développement c’est-à-dire l’amélioration du pouvoir d’achat, la création et la sécurisation de l’emploi, l’innovation, la recherche, la création de nouveaux services publics, la mutation écologique.

Il y a là un autre avenir possible.

La Banque européenne d’investissement au capital augmenté, une nouvelle utilisation des fonds structurels, une taxe sur les transactions financières, un impôt harmonisé sur le capital, l’action contre l’évasion fiscale, seraient des leviers auxquels pourrait s’ajouter la création monétaire de la Banque centrale européenne pour les Etats et les services publics et non plus pour les Banques.

Au lieu de la mise en concurrence des travailleurs, inventons un salaire minimum garanti européen, et un revenu minimum ainsi qu’un plan d’action contre la pauvreté.

Nous demandons en même temps de décréter un moratoire pour une partie de la dette du passé des Etats et de demander à la BCE de prêter délibérément aux Etats au taux de 1%.

A ce propos, je souhaiterais que la Commission et le Conseil fassent un rapport sur l’utilisation des 1000 milliards d’euros que la Banque centrale a prêté aux banques privées. A quoi ont-ils servi ?

Enfin, face à la gravité de la situation et aux menaces qui pèsent, je propose que notre Parlement prenne l’initiative d’un grand forum européen avec tous les parlements nationaux, les comités économiques et sociaux, les syndicats et associations pour jeter les bases d’une refondation de l’Union européenne.

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La joie et le devoir de réussite Répondre

Nous partageons depuis dimanche l’immense joie de celles et ceux qui ont mis fin au sarkozysme en élisant François Hollande à la Présidence de la République.

Nous avons communié avec la jeunesse, une jeunesse multicolore qui, comme à l’occasion de la victoire de la France lors de la coupe du monde de football et après être passée dans les bureaux de vote,  est sortie dans la rue, comme si enfin elle reprenait le dessus et se libérait du joug des humiliations, des discriminations, des paroles et des actes blessants en exprimant sa soif d’un avenir qui la respecte. Un grand « ouf » de soulagement a parcouru les villes et les villages. Une page se tourne avec la fierté du peuple de gauche, des progressistes, de refermer cette blessure faite au flanc de la France, le 21 avril 2002, lorsque la gauche a été éliminée du second tour de l’élection présidentielle. Une brûlure pourtant sans cesse ravivée par le Président sortant qui n’a cessé de valider des thèses de l’extrême-droite, jusqu’à faire voter une partie de son programme et en accentuant encore cette dérive ultra droitière entre les deux tours de l’élection présidentielle.

L’élection de F. Hollande doit effacer les divisions, les stigmatisations, au profit des valeurs de fraternité et de solidarité, dans une France apaisée et réconciliée. C’est le message envoyé au monde entier qui suit de très près ce qui se passe chez nous et suscite beaucoup d’espoirs.

La majorité de nos concitoyens ont voulu mettre fin à dix-sept années de droite et à cinq ans de sarkozysme au service des plus fortunés. Ils ont refusé d’être condamnés à l’austérité à perpétuité que leur promet le nouveau traité européen cosigné par Mme Merkel et M. Sarkozy. Parmi eux, beaucoup n’ont pas supporté que notre pays soit soumis au commandement intégré de l’OTAN et assujetti au capital international libre de nuire grâce au traité de Lisbonne. De ce point de vue, l’élection de F. Hollande a un profond écho dans toute l’Union européenne, faisant naître l’espoir d’une réorientation de sa construction. La Roumanie a rejeté le plan d’austérité gouvernemental, il y a une semaine. Dimanche, le peuple grec a sévèrement sanctionné les forces politiques promotrices de l’austérité, et, dimanche soir, François Hollande a eu raison de dire que l’austérité ne pouvait plus être une fatalité. Un courant peut donc se lever en Europe contre ce poison et changer le cours des choses en obtenant un nouveau partage des richesses et une nouvelle manière de les produire. Il faudra se donner des forces pour cela. La droite revancharde fait déjà campagne pour les élections législatives en prônant la cohabitation. Les électeurs ne l’ont pas battue le 6 mai pour la voir revenir le 17 juin, appliquer son programme antisocial. L’élection de F. Hollande est celle des électrices et électeurs de gauche, écologistes et progressistes, rassemblés sur son nom. La campagne du Front de Gauche et l’apport des quatre millions de voix de Jean-Luc Mélenchon a contribué de façon décisive à cette victoire.

Les électrices et électeurs des deux candidats, dès le premier tour déjà, ont émis un vote pour se retrouver dans une société du « vivre ensemble », qui refuse les divisions et  la guerre de tous contre tous. Certes des nuances et des différences les séparent mais ensemble, ils ont voté pour la justice sociale et fiscale, le progrès vers l’égalité, le partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs ; le retour à la notion de biens publics, avec des services publics forts, modernisés, élargis, démocratisés ; une protection sociale améliorée, la remise en cause de l’injuste  réforme des retraites imposée par le gouvernement. Autant d’objectifs qui rendent palpable le changement pour nos concitoyens et d’abord pour ceux qui souffrent le plus. Le Front de gauche considère qu’ils supposent de s’émanciper des doctrines qui dominent aujourd’hui l’Union européenne. Il le considère non pas pour se différencier mais parce qu’il a la conviction, instruite par notre expérience nationale et celles des pays qui nous entourent, que rien ne sera vraiment et durablement possible sans réorienter la construction européenne en faveur de l’emploi, du progrès social, écologiste et démocratique. Disant cela, nous avons conscience de l’ampleur du défi, de la gravité et de la multiplicité des crises qui assaillent les peuples et les états. C’est précisément parce que la situation est grave et dangereuse qu’il faut avoir du courage et viser le rassemblement le plus large en faveur d’un nouveau dessein pour la France et l’Europe. Cela appelle des solutions de haut niveau, des ruptures, des mobilisations populaires,   pour affronter les puissances d’argent qui ne vont pas manquer de faire pression pour faire échouer la gauche et, au bout du compte, aggraver encore la crise et les souffrances.

Pour réussir, le nouveau pouvoir de gauche aura besoin de l’implication active de toutes celles et ceux qui dimanche dernier exprimaient leur bonheur d’avoir gagné. Il lui faudra pouvoir compter sur le rôle considérablement revalorisé d’un mouvement syndical et associatif, soucieux de son indépendance au service des revendications du monde du travail et de la culture. Il aura besoin d’union et pourra compter sur l’apport de la force politique nouvelle qui progresse d’élection en élection et qui a fortement émergé dans cette élection présidentielle : le Front de Gauche, cette force unitaire, indépendante et autonome.

La faire progresser encore aux élections législatives, avec des députés du Front de Gauche en grand nombre, ce sera se donner la garantie que les urgences sociales, démocratiques et écologiques seront portées à l’Assemblée Nationale. De  nouvelles lois pourront être adoptées pour améliorer la vie quotidienne, le pouvoir d’achat, les services publics, la retraite à 60 ans, la défense de la protection sociale, un grand plan pour l’accès au logement, des moyens nouveaux pour l’école et la formation, de nouveaux droits pour les salariés, la création d’un pôle public bancaire pour un crédit favorable à l’activité et l’emploi. Bref, de la même façon qu’il a joué un rôle indiscutable et reconnu dans l’élection de François Hollande, le Front de Gauche entend le prolonger pour aider la gauche tout entière à réussir le changement. Lui donner la force d’y parvenir à l’occasion des élections législatives sera tout à la fois un acte d’union et d’efficacité pour être entendus et respectés.

Enfin ! La justice maintenant Répondre

Le 9 mai 2012 @7h15

L’élection de François Hollande à la Présidence de la République ouvre une nouvelle page de notre histoire.

Beaucoup de nos concitoyens ont exprimé leur joie, comme un soulagement à l’annonce de cette belle victoire. Notre journal est à l’unisson de ces sentiments et se félicite de cette victoire, fruit du rassemblement des forces progressistes et écologistes. C’est l’addition des voix du Front de Gauche, ajoutées à celle de F. Hollande du premier tour qui a permis de faire cette décision.

C’est un pouvoir, un système, un régime ; le sarkozysme qui a été nettement sanctionné. Nos concitoyens ont trop souffert d’être enserrés dans l’austérité, le chômage, la précarité, la désertification des campagnes. Ils ont voulu, à juste titre, mettre un terme à une présidence tournée essentiellement vers le service aux plus fortunés et aux puissances d’argent. Ils ont réclamé avec force la justice sociale et fiscale, avec notamment le redressement du pouvoir d’achat si malmené depuis des années. Ils ont demandé qu’on sorte de l’austérité qui sert à faire payer aux travailleurs, aux retraités, une crise dont ils ne sont en rien responsables.

Non seulement l’austérité est une injustice mais en plus elle enfonce le pays et l’Europe dans une crise qui sème la souffrance parmi les familles populaires. Cette austérité serait institutionnalisée avec le traité européen signé par M. Sarkozy et Mme Merkel. Il faut que le nouveau Président de la République en dégage la France. C’est la condition de la réussite d’une politique de gauche.

Notre journal souhaite ardemment la réussite de la gauche car il en va d’une vie meilleure pour nos concitoyens. Il faudra réparer ce qui a été défait, unir ce qui a été disloqué, aider nos concitoyens à vivre mieux ensemble, non plus dans la concurrence mais dans la solidarité et la justice. Nous sommes conscients des obstacles qui ne manqueront pas de se dresser, des pressions qui s’exerceront contre notre pays et notre peuple. Les puissances financières, les autorités européennes de droite et l’extrême-droite ne se laisseront pas faire. Voilà pourquoi il est indispensable de créer les conditions d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale avec une forte composante de députés du Front de Gauche qui est une condition de la réussite.

De grands chantiers doivent être attaqués. Celui de l’augmentation des rémunérations du travail, de la baisse des prix des produits de première nécessité, celui de l’emploi stable et de la revitalisation des campagnes, de la défense et de la modernisation des services publics. Dans nos campagnes, un effort très particulier doit être porté pour la défense de la Poste, des écoles, des hôpitaux et de la santé en général. Celui de la nécessité de refonder l’Union européenne dont le changement de la politique agricole commune, qui doit assurer un revenu correct aux travailleurs-paysans, celui de transformer le système bancaire. Autant d’orientations que portent les candidats du Front de Gauche aux élections législatives. Ils sont la garantie pour ancrer la gauche du côté des aspirations populaires.

La gauche aura besoin de rassemblement et de l’intervention du plus grand nombre, ainsi que de cette force nouvelle qui émerge : le Front de Gauche, tout à la fois unitaire, indépendante et autonome. Elle sera résolument au service du changement à gauche, au service de la réussite.

Nous réclamons un référendum sur le nouveau traité européen ! 8

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En signant ce matin un nouveau traité d’austérité budgétaire à quelques semaines seulement des élections présidentielle et législatives, le candidat Sarkozy procède à un coup de force contre nos concitoyens.

Ce traité, qui n’a été soumis préalablement à aucune instance parlementaire, qui n’a fait l’objet d’aucune information des groupes parlementaires et des responsables de partis, qui n’a pas l’assentiment du Parlement européen, est le vrai programme de M. Sarkozy, écrit sous la dictée de la chancelière Merkel. Son crédo est : l’austérité, l’austérité, et toujours l’austérité pour les peuples pendant que les banquiers se gavent. La Banque centrale européenne a dégagé mille milliards d’euros ces derniers temps pour les banques privées pendant qu’on serre la vis aux peuples partout dans l’Union européenne. A quoi a servi cet argent ?

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Une république sociale n’est plus un rêve ! 4

Joyeuse, belle, déterminée, fut la marche vers La Bastille dimanche dernier, symbole d’une multitude populaire en mouvement, cherchant son unité, sa force pour bousculer l’ordre existant. Toutes les sensibilités de gauche en étaient qui ne venaient pas, comme un soir d’élection, fêter une victoire, mais bien pour la construire. En brandissant le drapeau rouge, expression d’un puissant désir de changement et de progrès. Expression aussi d’une volonté de subvertir les mauvais scénarios écrits par les puissants pour l’élection présidentielle. La foule bigarrée se voulait annonciatrice du rassemblement de tout un peuple, uni dans un énorme rejet du sarkozysme, bannissant l’égoïsme du monde des affaires pour mieux prendre lui-même en mains les affaires du monde.

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COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (12-15 mars 2012) 1

Le Parlement s’est réuni du 12 au 15 mars 2012 à Strasbourg.

Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne – Gauche Verte Nordique a une nouvelle Présidente

Mercredi 14 mars nous avons élu Gabi Zimmer à la tête de notre groupe parlementaire pour succéder à Lothar Bisky.

Gabi Zimmer succède à Lothar Bisky, qui a démissionné de la présidence du groupe la semaine dernière en raison de problèmes de santé. Spécialisée dans les questions de pauvreté et d’aide au développement, elle est membre comme moi de la Commission emploi où elle a beaucoup œuvré pour la lutte contre la faim, la pauvreté et l’exclusion sociale à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.

 

Compte-rendu du Conseil européen des 7 et 8 mars

Mardi 13 mars, les députés ont débattu des résultats du Conseil européen des 7 et 8 mars. Au cours de cette réunion des chefs d’État européens a été signé le nouveau Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire.

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L’accès à l’eau potable est un droit humain fondamental, l’Union européenne doit le défendre 1

Logo du Sommet Rio + 20,
en référence à la Conférence internationale de Rio
sur l'environnement et le développement de 1992

Durant le mois de juin prochain se déroulera au Brésil le sommet Rio + 20 des Nations unies. Pour préparer ce sommet, la Commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen s’est réunie le 21 mars.

Un document de travail (“zero draft”) a été rédigé, qui servira de base à la négociation de la résolution finale préparatoire au Sommet.

J’ai été alerté sur le fait que l’Union européenne proposerait de supprimer la référence au droit humain à l’eau et à l’assainissement dans le texte de l’ONU. Ceci va à l’encontre de la position du Parlement européen. L’eau est un bien commun de l’humanité, l’accès à l’eau potable un droit humain fondamental que l’Union européenne doit soutenir et promouvoir. C’est ce que j’ai rappelé à la Commission européenne et à M. Van Rompuy, président du Conseil européen, par la question écrite et le courrier dont voici le contenu.

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Pas de manipulations ! 2

De fait, les horribles crimes de Toulouse et de Montauban, à un mois de l’élection présidentielle, constituent un événement politique important. L’utilisation abjecte qu’en fait l’extrême-droite le dispute à un candidat-président prêt à tout pour conserver le pouvoir. Il y voit l’occasion de déplacer le débat électoral vers les enjeux sécuritaires dont il espère qu’ils lui seront plus favorables que l’examen de son bilan et des questions de l’urgence sociale et écologique.

Nous redisons notre révulsion absolue face aux actes abominables de ce tueur illuminé.

Qu’il ait tenté de les justifier au nom de la cause palestinienne ou d’une religion en fait un terroriste  assez lâche pour tuer des enfants et des soldats et pour salir cette cause et cette religion, ouvrant la voie à de nouvelles stigmatisations. Ce que n’a manqué de faire l’extrême-droite raciste et haineuse. Criminel et extrême-droite s’alimentent mutuellement à rebours des valeurs républicaines qui fondent le vivre ensemble.

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Diminution de l’aide alimentaire aux plus démunis : une Europe solidaire doit faire d’autres choix 1

Ce mercredi 29 mars a eu lieu un débat au Parlement européen sur l’aide alimentaire. Pour rappel, il y a un an six Etats dont l’Allemagne se sont prononcés contre la prolongation de ce programme qui bénéficie pourtant à plus de 18 millions de personnes à travers  l’Union européenne. Notre groupe – Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique – s’était alors vivement opposé à ces projets.

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La campagne des élections présidentielle et législatives (Mars 2012) 2

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AUBERVILLIERS et PANTIN à GAUCHE

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Lise nous ne t’oublierons pas Répondre

Le chagrin m’envahit au moment ou me parvient en ce dernier jour du mois de mars la mauvaise nouvelle du décès de Lise London.

Lise c’était ces dernières années la sagesse et la tendresse. C’était le souci  de l’avenir des jeunes. Le désir de parler, de transmettre des expériences d’une vie pleine. Pleine d’une multitude de combats, d’actes de courage, de générosité semée sur le beau chemin de sa vie. Lise aura été une actrice infatigable de son siècle.

Elle restera pour moi un exemple de militante. « La mégère de la rue Daguerre » jeune ouvrière aura été syndicaliste, capitaine dans la Résistance, déportée, actrice des brigades internationales, épouse du ministre tchécoslovaque Artur London victime de « l’aveu » stalinien, Lise  sera une ardente militante d’un communisme nouveau. «  Battez vous contre les injustices, ne laissez pas la perversion salir les idéaux communistes » nous lançait-elle souvent. Les communistes avaient été très heureux de sa présence à leur congrès de Martigues, puis en plusieurs autres occasions.

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La chance de la gauche 2

Comme cette campagne électorale serait terne sans le formidable dynamisme du Front de Gauche, le talent de Jean-Luc Mélenchon et ses propositions pour changer de politique. Nos concitoyens se trouveraient enserrés dans un étouffant étau. D’un côté, M. Sarkozy  jouant sur les peurs et les divisions pour tenter de se sauver et le système avec lui. De l’autre, des orientations perçues comme ne répondant pas aux attentes. Bref, on pourrait certes avoir une alternance, mais sans perspective de vivre mieux. Sans espérances. Or, l’espoir est en train de renaître. Grâce au Front de Gauche des millions de nos concitoyens, dont beaucoup étaient tentés par l’abstention, relèvent la tête. C’est cela qui a fait pousser des cris d’orfraie à Mme Parisot hier. C’est bon signe !

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Amplifier l’élan Mélenchon 4

Alors que nos concitoyens souhaitent ardemment qu’un débat approfondi leur permette de voter en connaissance de cause, voici que la progression constante de Jean-Luc Mélenchon déclenche un violent tir de barrage où la grossièreté des propos et la bêtise n’ont d’égal que la vacuité des propositions pour sortir de la terrible crise qui assaille les familles populaires. Sans doute un hommage du vice à la vertu, la patronne du grand patronat, Mme Parisot, -qui ne fait évidemment pas de politique-, a expliqué dimanche dernier que Jean-Luc Mélenchon serait : « l’héritier d’une forme de terreur ». Visage éternel des grands possédants misant sur les peurs pour refuser toute idée de partage des richesses et des pouvoirs.

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Le vote Mélenchon : utile, nécessaire, efficace 6

Des immenses foules déterminées, combatives, de Vierzon, Limoges, Toulouse aux enquêtes d’opinion, le Front de Gauche poursuit son ascension avec Jean-Luc Mélenchon. Il progresse régulièrement dans la campagne électorale comme si tout un peuple de gauche l’attendait. Il progresse, parce qu’il est en phase avec les aspirations populaires et le meilleur des valeurs de notre République, avec le progressisme à la française. Il est le candidat de la justice. Sans lui, il est sûr que la campagne électorale n’aurait pas été la même. Elle aurait été vraisemblablement engoncée dans de faux choix autour d’une plus ou moins grande austérité, tant ses concurrents appellent à être raisonnables. C’est-à-dire à accepter de toujours se serrer la ceinture alors que les grandes entreprises regorgent de profits et que leur spéculation financière ronge l’activité économique, l’emploi et notre potentiel agricole.

L’enjeu d’avenir pour chacune et chacun et pour la société tout entière est une nouvelle répartition des richesses au profit de ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre. C’est ainsi 195 milliards d’euros qui pourraient servir à améliorer les salaires, les retraites, les prestations sociales. Cela nécessite évidemment des changements structurels profonds. Changement dans les modes de rémunération des salariés, dans la détermination des prix agricoles en limitant la ponction des secteurs industriels d’amont et d’aval sur le travail paysan, mais aussi celle des banques qui le rançonnent avec des taux d’intérêt trop élevés, dans la défense de la protection sociale.

Jean-Luc Mélenchon est celui qui porte les souffrances et les urgences sociales à résoudre. C’est le combattant de la justice. Celle-ci est la voie de l’efficacité économique.

L’austérité est en effet un frein à l’activité et au développement. C’est l’austérité qui aggrave la crise. Le candidat du Front de Gauche est  aussi celui qui s’engage à ce que le peuple donne son avis sur le futur traité européen, qui est une sorte de cadenas sur les crédits publics et sociaux, obligeant à réduire encore nos atouts tels que l’hôpital, l’école, les transports ou encore la sécurité sociale ou les retraites que M. Sarkozy veut réduire encore et privatiser. Défenseur des services publics contre ces orientations européennes et acteur pour un changement progressiste de la politique agricole commune, il est le candidat des campagnes vivantes.

Le candidat de l’UMP veut imposer ce traité et laisser ligoter le budget de l’Etat et de la protection sociale par la Commission de Bruxelles. Avec lui, c’est cinq années d’une purge sociale sans précédent, qui appauvrirait toutes les familles populaires et affaiblirait le pays, si par malheur il était réélu.

Le candidat du Front de Gauche est l’anti-Sarkozy et celui qui travaille à créer les conditions d’une victoire de la gauche mettant en œuvre une politique favorable aux travailleurs, aux paysans, aux retraités et pour un nouvel avenir pour les jeunes.

La dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon renforce considérablement toute la gauche. Elle mobilise des électrices et des électeurs nouveaux qui, souvent dégoutés par la politique telle qu’elle se fait, n’envisageaient pas d’aller voter. Elle permet aussi de renforcer la gauche du côté gauche face à l’agressivité des puissances d’argent, par les injonctions de la Commission de Bruxelles ou de la droite et de l’extrême-droite.

Comme toutes les enquêtes placent François Hollande en tête au second tour et vainqueur à l’issue de celui-ci, l’un des enjeux pour les jours à venir est de donner cette force indispensable à la gauche pour changer vraiment, en sortant des politiques d’austérité, de chômage et de destruction des services publics et de la vie rurale. C’est le vote Mélenchon qui le permettra.

Pour un vrai changement, il est utile, nécessaire et efficace de lui donner encore de l’élan.

Pour le développement du service public ferroviaire 1

Mercredi 4 avril 2012, près de la Gare de Lyon à Paris, la Fédération CGT des cheminots a organisé un meeting pour le développement du service public ferroviaire, pour le Fret comme pour le service Voyageurs. Dix mille cheminots actifs et retraités se sont rassemblés, de nombreux témoignages de leurs combats, de leur souffrance face aux attaques répétées contre les services publics en général et la situation au sein de la SNCF.

Ci-dessous la vidéo de mon intervention :

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Pour un service public européen des transports, ne les laissons pas casser la SNCF Répondre

http://patricklehyaric.net/

Le 4 avril 2012, la fédération CGT des cheminots a organisé un meeting pour la défense de la SNCF comme entreprise publique, pour la qualité de ses services Fret et Voyageur, le statut de ses agents, leurs conditions de vie et de travail.

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen et directeur de l’Humanité, leur a témoigné de son entier soutien : “votre combat est un combat d’intérêt général, à un moment où même les droits fondamentaux sont contestés”.

Fidèle à Raymond Aubrac 4

C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de Raymond Aubrac, un juste parmi les justes. L’un de ces hommes qui font l’honneur de la France, dans ce qu’elle a de meilleur.

Homme de courage, d’intelligence, homme d’une grande droiture, Raymond fait partie de celles et ceux qui ont permis que notre pays et son peuple empêchent le pire dans la résistance dont il était l’un des animateurs et dirigeants, aux côtés des plus connus, de Jean Moulin au général De Gaulle. On le voit encore ces jours-ci, à l’occasion des émissions télévisées qui font suite au feuilleton « Un village français » avec Jean-Pierre Azéma et d’autres résistants.

Raymond, c’est aussi la participation à la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance, l’action pour la décolonisation, puis la coopération internationale notamment avec le Vietnam.

Ce fut un grand plaisir, il y a un an de découvrir le film retraçant sa vie écrit et réalisé par Pascal Convert et Fabien Beziat, puis le débat qui a suivi avec Edgar Morin lors d’une initiative des Amis de L’Humanité. Journal auquel il était resté attaché et dont il était l’un des défenseurs.

Gardons toujours en mémoire l’appel qu’il a lancé avec quelques autres lors du 60e anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance dans lequel ils déclarent : « Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ».

Quelle force du propos ! De même avec Lucie, ils nous ont laissé cette formidable apostrophe : « Résister, c’est créer ! » Nous voulons y être fidèle. Nous le serons.

Les valeurs du progressisme sont de retour 2

La semaine dernière a encore amplifié la dynamique autour du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon. De la rencontre avec les créateurs et intellectuels, de Vierzon, Limoges, jusqu’à la grande démonstration de force et d’unité place du Capitole à Toulouse, partout des foules actives, déterminées, joyeuses et fraternelles ont plaisir à se retrouver. Une nouvelle démonstration de la vitalité et de la force du Front de Gauche aura lieu ce samedi à Marseille. Ces puissants rassemblements qu’aucun autre candidat ne peut organiser sont constitutifs d’un processus de maturation d’un nouveau rapport de forces politiques. Le Front de Gauche gagne en intérêt, en capacités de rassemblement et d’élargissement. En influençant toute la campagne électorale, il démontre aux yeux de millions d’électrices et d’électeurs qu’il peut modifier les rapports des forces politiques dans les urnes, pour la victoire et demain, dans la vie, pour la réussite du changement.

Sa progression redonne des couleurs à toute la gauche et à l’écologie politique. Pour beaucoup de nos concitoyens, elle est la meilleure nouvelle de ce printemps. A partir du Front de Gauche se construit quelque chose qui a à voir avec un Front unitaire du peuple en mouvement pour briser tant d’années de pensée unique, de valeurs renversées, d’humiliations aussi, pour celles et ceux qui n’ont jamais voix au chapitre. Pareille à celle pour le NON au référendum de 2005, cette campagne mêle intelligemment  action politique et éducation populaire pour faire revivre le meilleur des valeurs du progressisme à la française resitué dans les enjeux les plus modernes de notre époque. Sous les coups de butoir de Jean-Luc Mélenchon, peu à peu se déconstruit la vision  ultra libérale sarkozyste qui, un temps, avait gagné une part notable de l’hégémonie idéologique. L’extrême droite lepéniste en a le souffle coupé et baisse pavillon. Sans cette bataille, nos concitoyens, comme ligotés, n’auraient eu à choisir qu’entre un plus ou moins grand degré d’austérité.

Le Front de Gauche, lui, a fait de l’être humain, de son émancipation, du respect qui lui est dû,  la mesure cardinale de toute chose qu’il oppose aux froids plans-comptables de l’oligarchie financière. Il torpille l’idée selon laquelle une partie de nos concitoyens profiterait de « l’assistanat », pour que vivent enfin  la solidarité et la fraternité. Il place au cœur de son projet le partage des richesses, à l’opposé de leur accaparement par une minorité. Au lieu de la précarité, de l’angoisse du lendemain, il fait avancer le projet d’une sécurité de vie, sécurité du travail et de la formation. Projet prioritaire à ses yeux qu’une nouvelle majorité de gauche devrait concrétiser car la précarité dans le travail, dans l’accès aux soins, à l’énergie empêchent chacun de vivre dignement et de choisir librement son destin. Le Front de Gauche rend ses lettres de noblesse aux notions de bien public et de service public, patrimoine de ceux qui n’en ont pas, qui sont facteur d’égalité républicaine. Il démontre que  l’austérité provoque et aggrave la crise. En sortir implique donc d’abandonner un poison qui fait tant de dégâts dans les pays qui nous entourent.

M. Sarkozy et les puissants enragent.  Ils cherchent à faire peur avec le programme de Jean-Luc Mélenchon qu’ils présentent comme irréaliste tout en prétendant qu’il est dangereux ! Ce qui est sûr, c’est qu’il ne cajole pas les plus fortunés comme l’a fait pendant cinq ans le président des riches! Par contre, sa logique découle de sa priorité, l’humain d’abord. Elle le conduit à refuser que le pouvoir politique soit le mandataire direct du pouvoir économique des puissances d’argent et du grand capital industriel pour se mettre au service du monde du travail et de la culture dans leur diversité ainsi que de la préservation de notre planète. En ce sens, le règlement de la dette écologique prend une importance capitale pour l’avenir de l’humanité. Évidemment « l’humain d’abord » implique  une considérable avancée de la démocratie, dont de nouveaux droits pour les travailleurs dans leur entreprise, et les citoyens dans la cité.

Ils cherchent à faire peur aussi en prétendant que François Hollande risque d’être l’otage de Jean-Luc Mélenchon. Voilà la charge d’une droite qui a beaucoup de mal à admettre la souveraineté d’un peuple qui entend librement déterminer la politique qui sera menée en France et en Europe dans les cinq années à venir. Il apparait clairement dans cette campagne électorale, que de plus en plus nombreux sont les citoyens qui entendent utiliser leur bulletin de vote pour, à la fois chasser M. Sarkozy et peser pour une politique favorable à la majorité de celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre. Le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon le 22 avril, celui des candidats du Front de gauche aux élections législatives qui suivront sont pour eux  une assurance que le président sortant sera battu, que l’extrême droite lepéniste reculera et une garantie pour donner toute ses chances aux changements qu’ils espèrent ardemment.

Il s’agit de remettre les choses à l’endroit, de faire revivre nos belles valeurs républicaines et progressistes, de relancer un projet humain, social et écologique digne de ce début de XXIe siècle. Le Front de Gauche a gagné les galons d’une  force neuve, populaire, qui promeut une nouvelle société du vivre ensemble, contre le repli sur soi, le repli identitaire dans un monde où chacun aurait peur de son voisin et où la haine serait attisée par ceux qui ont intérêt à ce que les regards ne se posent pas sur les causes réelles des difficultés et des souffrances, de la mal vie qui se répand. C’est l’honneur du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon de faire revivre les plus beaux idéaux de la gauche, de celle des Lumières contre l’obscurantisme, celle de la Révolution française pour une nouvelle Constituante, celle de la Commune pour le pouvoir au peuple, celle de mai 1968 pour de nouvelles émancipations, celle de 1981 et de la gauche victorieuse, celle de l’avenir avec l’objectif d’une mutation écologique de nos modes de production et de consommation. Chacun, chacune, dans les jours qui nous séparent du vote, peut faire beaucoup pour que le torrent impétueux des espoirs populaires acquière une force irrésistible qui obligera tout le monde à en tenir compte.

Situation de la SNCF : des Cheminots inquiets mais toujours solidaires et mobilisés Répondre

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Jeudi 5 avril 2012 des cheminots des Ateliers de l’Ourcq à Pantin m’ont invité à venir les rencontrer. Dès l’arrivée aux ateliers, juste avant les barrières contrôlant l’accès au site, un panneau lumineux indique “16 jours sans accident de travail”… de quoi mettre à l’aise immédiatement ! Le fait est que la sécurité au travail a fait largement partie de la discussion, mais aussi de manière beaucoup plus large l’avenir de la SNCF et de ses agents.

Des directives européennes visent à placer les entreprises publiques de transport (fret comme voyageurs) dans le jeu de la concurrence et de la compétitivité. Les conséquences seraient terribles pour les travailleurs mais aussi pour les voyageurs: personnel sous-payé, sans la protection du statut dont bénéficient encore les agents, conditions de travail dégradées, et les voyageurs n’y gagneront rien non plus “ce sera le train pour les riches, et le bus pour les pauvres” a déclaré un cheminot présent.

Le Front de Gauche a voté contre la directive européenne (lire mon billet sur “l’espace ferroviaire unique européen”), et continuera de défendre et de promouvoir les services publics dans toutes les instances.

Un attentat financier Répondre

La main invisible du marché n’existe pas. Il n’y a que des décideurs politiques qui la manœuvrent tel un pistolet contre la tempe des peuples. En voici une nouvelle preuve. Le pouvoir sarkozyste et l’autorité des marchés financiers créent, à partir de lundi matin, une nouvelle arme de… spéculation de masse sur… la dette française.

On peine à le croire tant la machinerie au service de la finance est énorme. Elle répond du nom d’« Eurex ». Elle est l’équivalent d’une bourse de la banque Deustche Börse, basée à Francfort, à quelques pas du siège de la Banque centrale européenne. Elle est directement connectée à deux banques anglo-saxonnes Barclays Capital et Morgan Stanley. Celles-là même qui mettent les Grecs à genou. Voilà le mécanisme par lequel va être organisé le pillage des richesses de la France.

Non seulement les institutions européennes et les gouvernements font payer la crise et la dette qu’ils ont crées aux peuples, sous forme de réduction des services utiles, du recul de l’âge de la retraite, de réduction des prestations sociales, avec la tentative de privatiser la sécurité sociale à terme, mais voici que la dette elle-même est pour eux partie intégrante du marché capitaliste et  destinée à rapporter beaucoup d’argent aux ogres de la finance. Parce que la France constitue le deuxième « marché » de la dette après l’Allemagne, les banksters, comme les vautours décident de la piller toujours plus. Chaque jour, dix milliards de notre dette seront ainsi jetés dans le feu de  la spéculation. Les banques et fond financiers y gagneront  chaque soir des centaines de millions d’euros payés par les travailleurs et les retraités victimes des hausses de TVA, des réductions de services publics, de la baisse du niveau des pensions de retraite pour rembourser… les intérêts de la dette qui grossiront sans cesse.

L’attentat financier qu’organisent M. Sarkozy et l’autorité des marchés financiers à quelques jours de l’élection présidentielle doit être dénoncé. La gauche devra avoir le courage et la force d’interdire tous les mécanismes de spéculation. Refuser que la finance impose ses diktats demande des actes clairs : l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, la réalisation d’un audit citoyen de la dette, la remise à la Nation de la propriété des principales banques, le changement des missions de la Banque centrale européenne. Il s’agit de contrer la spéculation grâce à un nouveau crédit public favorable à l’emploi, aux salaires, à la réindustrialisation, aux petites et moyennes entreprises, aux collectivités territoriales et pour une mutation écologique. Pour ce faire, la gauche pourra s’appuyer sur la mobilisation des citoyens telle qu’elle se sera exprimée dans les urnes dés le 22 avril et aussi dans le référendum à organiser sur le projet de nouveau traité européen. La poursuite de la progression du Front de Gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon y contribuera.

Plus que jamais portons haut le beau drapeau de « l’humain d’abord », contre les ravages de la loi de l’argent. Le pouvoir de droite, suppôt des puissances d’argent qui, en ce moment même, conspirent contre les intérêts économiques et sociaux fondamentaux de la Nation, devra répondre de ses actes. C’est ce que réclameront avec force, dans la joie et la détermination, les dizaines de milliers de personnes qui se rassembleront ce samedi avec Jean-Luc Mélenchon à Marseille pour résister au coup d’état financier et progresser ensemble vers la République sociale.

Jean-Luc Mélenchon, le vote de l’espoir 3

 

La demande de changement est certainement la chose la plus partagée partout dans notre pays, du plus petit village à la plus grande ville. M Sarkozy a beau tenter de faire semblant de changer son image, rien ne fera oublier son terrible bilan contre les familles populaires, contre le pays lui-même, le plongeant dans une crise inconnue depuis la fin de la seconde guerre mondiale, bafouant le vote majoritaire contre le projet de constitution européenne devenu traité de Lisbonne, servant généreusement les plus fortunés et les puissances d’argent sous forme de réductions d’impôts et de cotisations sociales. L’intérêt général commande de mettre fin à son mandat le 22 avril et le 6  mai.

Et, il faut en même temps, faire reculer la dangereuse extrême-droite lepéniste qui fait semblant de protester contre le sort fait à nos concitoyens pour mieux cacher qu’elle sert les forces de l’argent, répand la haine et la division pour mieux protéger les banquiers. Il faut donc les battre. On doit au courage de Jean-Luc Mélenchon d’avoir affronté et démasqué cette extrême-droite haineuse et anti-républicaine.

Maintenant, il faut, dés dimanche prochain, créer les conditions de rebâtir le progressisme à la française en faisant gagner la gauche. Mais, l’intérêt de toutes et tous appelle une gauche bien ancrée du côté des aspirations des gens, bien ancrée à gauche. C’est le vote Mélenchon qui va le permettre. La progression régulière de ce vote depuis le début de la campagne fait progresser toute la gauche, semaine après semaine.

Le candidat F. Hollande reste en tête des enquêtes d’opinion, souvent loin devant la droite. Le candidat du Front de Gauche grâce à ses propositions neuves d’amélioration concrète de la vie quotidienne, possibles grâce à une nouvelle répartition des richesses, mobilise de nouvelles familles qui voient dans ce vote une assurance, une garantie que leurs espoirs ne seront pas déçus. Toutes celles et ceux qui veulent battre N. Sarkozy et obtenir une politique vraiment de gauche ont tout intérêt à utiliser le vote Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

C’est d’autant plus décisif que les chantiers de reconstruction dans nos campagnes sont majeurs. D’abord changer la politique agricole commune pour défendre l’atout agricole et alimentaire et améliorer le revenu paysan, défendre l’hôpital, le médecin de campagne, la poste, l’école, la gendarmerie, possible avec la ferme volonté de sortir des carcans européens et de refuser le projet de nouveau traité européen. Or, M. Sarkozy a préféré laisser s’installer depuis une banque allemande, un nouvel outil de spéculation contre… la dette de la France. Cette spéculation augmentera encore les intérêts de la dette qui engraisse les banques, que les familles populaires vont payer sous forme de hausse de TVA ou de diminution des services publics. Améliorer le pouvoir d’achat des salariés, des retraités et des paysans pour améliorer la situation du petit commerce et de l’artisanat. C’est possible à condition de répartir autrement les richesses, donc de réorienter l’argent vers le travail. Il faut  décider de changer le système de crédit et la fiscalité de telle sorte qu’on défende l’activité ainsi que les petites entreprises. Une action nouvelle devra être engagée pour revaloriser les retraites agricole et celles des salaires. Cela passe évidemment par de la justice fiscale et sociale.

Dimanche prochain, dans chaque village, on peut peser de ce côté, peser pour soi, pour un nouvel élan pour nos campagnes avec le vote Jean-Luc Mélenchon. Cette fois aucun risque que la gauche ne soit pas au second tour, elle progresse. Lui donner encore de la force et un contenu vraiment progressiste est possible avec le vote Jean-Luc Mélenchon. C’est le moyen de mettre ses colères mais aussi ses espoirs dans les urnes.

Salaires, services : Bruxelles veut accélérer la casse sociale Répondre

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La commission de Bruxelles présente ce mercredi deux mesures dangereuses pour les salariés. Elles entraineraient un recul sans précédent du droit du travail et une remise en cause du SMIC.

La première mesure concerne la prestation de services. Deux projets de directives sont soumis au vote du Parlement européen. J’avais déjà alerté sur les risques que font encourir ces textes en parlant d’un retour de Bolkestein.

Attention !  Danger ! La seconde est la création d’un SMIC différencié par branche professionnelle. Ce serait l’éclatement du salaire minimum existant à l’échelle nationale, et donc du SMIC en France.

Il faut au contraire instaurer un SMIC européen afin de créer partout un salaire minimum et ramener vers le haut les salaires minimums de chaque pays européens.

C’est la garantie d’une relance de la consommation en Europe. C’est ce que nous proposons, avec le Front de gauche et notre candidat Jean-Luc Mélenchon, en portant le SMIC à 1 700 euros en France.

22 avril, vote Mélenchon, vote d’espoir 1

Jusqu’à dimanche soir, les électrices et les électeurs vont choisir le bulletin qu’ils mettront dans l’urne. Le rejet du Président sortant est si fort, si largement partagé qu’on voit mal ce qui pourrait empêcher une majorité de nos concitoyens de tourner la page d’un quinquennat qui leur aura fait tant de mal, qui aura défiguré notre beau pays, qui aura terni son image en Europe et dans le monde. Et son projet est encore pire que son bilan ! Les enquêtes d’opinions confirment ce que nous entendons et ressentons autour de nous. L’actuel climat ressemble à celui qui précédait la victoire du “non” au référendum de 2005. Elles nous disent que la gauche et l’écologie politique sont, au premier tour, à un niveau bien plus élevé qu’en 2007 de dix pour cent puisqu’elles atteignent les niveaux de 1981 qui ont permis la victoire de François Mitterrand. C’est grâce à la percée de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques semaines qui conforte toute la gauche. Elles nous disent aussi, depuis des mois et des mois, sans aucune exception, que F. Hollande l’emportera au second tour avec une avance à la mesure de la répulsion suscitée par le candidat des riches. Elles nous disent enfin que, notamment sous les coups de boutoir du Front de Gauche, la candidate de l’extrême-droite n’est heureusement pas en mesure de rééditer le sinistre “exploit” de son père en 2002. C’est donc en toute liberté et sans risque, dimanche prochain, que chacune, chacun pourra non seulement choisir le changement à gauche mais surtout la nature et le niveau de ce changement. Or, ce dont il est question, c’est de savoir si cette élection, puis celles des députés qui suivront, permettront ou non de renouer avec les fils d’un processus démocratique trop longtemps interrompu, pour une marche en avant vers le progrès social, humain, écologique. Il s’agit de le faire dans les conditions de notre époque en tirant pleinement les leçons de tout ce qui a échoué, aujourd’hui comme hier, ici comme ailleurs.

L’un des grands défis à relever devrait être de briser l’actuel cercle infernal qui fait que les générations actuelles vivent plus mal que leurs parents. Il suppose un changement de logique, de pouvoir pour  progresser vers une société nouvelle inscrivant à son fronton : « l’humain d’abord » et non plus la dictature des puissances d’argent. Le grand mérite du Front de Gauche et de son candidat aura été précisément de commencer à briser le rouleau compresseur de la fatalité, d’une pensée unique qui, toujours, prend le parti des plus fortunés contre celui des exploités, des opprimés et des méprisés. Au fond, n’est-ce pas la reconnaissance de ce mérite là qu’a exprimée F. Hollande, dans un entretien à nos confrères de Libération, il y a quelques jours, affirmant : « Jean-Luc Mélenchon n’est pas mon adversaire, ni même mon concurrent », souhaitant « que le score du reste de la gauche soit important, qu’ont ait un total des voix de gauche qui nous permette d’avoir de la marge, qui nous permette de gagner, oui ».  Et parlant des électeurs, le candidat du Parti socialiste a ajouté : « J’aurai donc à écouter leur message », précisant  que « l’enjeu est de savoir sur quelle ligne politique je peux gagner cette élection ». Or, pour une part importante, c’est le score atteint par Jean-Luc Mélenchon qui influencera  cette «ligne» dans le sens d’une politique capable de donner vie à une évolution révolutionnaire,  indispensable au mieux vivre, au mieux être, à la solidarité, à la paix, à de nouveaux progrès de civilisation.

Nous ne pouvions mieux dire combien le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon est d’une utilité irremplaçable pour nos concitoyens et la gauche toute entière. Plus le message sera fort, plus les chances de réussir les changements tant espérés et depuis si longtemps seront grandes. Plus la nécessité d’une autre répartition des richesses et d’une nouvelle manière de les produire prendront le pas sur une austérité qui partout enfonce dans la crise, avec son cortège de souffrances pour le monde du travail, des retraités et de la culture. Il faudra en effet que soit mise sur la table l’énormité des sommes qui devraient enfin servir aux êtres humains et non plus à la finance. 317 milliards d’euros de revenus financiers soustraits des  entreprises contre les salaires et l’emploi ; 170 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux contre la justice et la protection sociale ; 210 milliards pris sur les résultats des entreprises pour être versés en dividendes aux actionnaires contre la sécurité de l’emploi ; 1000 milliards prêtés aux banques privées au taux exceptionnel de 1%. En voilà des sommes astronomiques à répartir autrement pour que le plus grand nombre puisse vivre mieux et pour sortir de la crise !

Il en est de même des pouvoirs d’intervention des salariés sur la gestion de leur entreprise et de l’économie. Ou encore de la force à se donner pour résister et riposter aux offensives de la finance internationale, de la Commission de Bruxelles qui ne supporte pas qu’on puisse envisager un référendum sur le nouveau traité européen, ni que l’on refuse l’outil installé depuis une banque de Francfort, lundi dernier, pour spéculer contre la dette de la France. D’ailleurs dans un ultime sursaut, la droite n’hésite pas à faire appel aux marchés financiers contre le pays en cas de victoire de la gauche.

D’ici dimanche soir, les manœuvres de dernière heure, avec leur lot de diversions, de ferments de division, ne vont pas manquer. Des peurs seront agitées. Sereinement, confiants, tous ensemble, jusqu’à la dernière heure, nous allons nous efforcer de rassurer, pour convaincre les hésitants, conforter celles et ceux qui font mouvement vers Jean-Luc Mélenchon avec l’espoir raisonné qu’une très bonne nouvelle est à la portée de ces derniers efforts. Nous le ferons avec en tête les épisodes d’une extraordinaire campagne de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche qui rend possible la concrétisation de nos espoirs.

Janine Jambu nous a quittés 1

J’apprends avec tristesse le décès subit de Janine Jambu. Ancienne députée-maire de Bagneux, elle a consacré sa vie entière à défendre les plus humbles.

Elue intègre et respectée, elle fut notamment un défenseur de tous les instants, du logement social, de la protection sociale et de l’emploi.

Au nom des équipes de l’Humanité, qui fut de tout temps son journal, j’adresse à celles et ceux que sa disparition affecte mes très sincères condoléances.

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Repsol : défendre la souveraineté politique de l’Argentine contre les agissements du capital transnational 1

Le 19 avril 2012 @10h45

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Dès l’ouverture de la session du Parlement européen, ce mardi 17 avril, la droite avait demandé un débat en urgence à propos de la décision de la Présidente de la République d’Argentine de déposer, devant le congrès de ce pays, une loi d’expropriation de 51% des actions de la société YPF, filiale de la compagnie pétrolière Repsol. Celle-ci est considérée comme une société espagnole alors que la moitié de ses actions sont détenues par des étrangers. Au nom d’une prétendue « sécurité juridique des investissements européens en dehors de l’Union européenne» le Conseil européen, la Commission de Bruxelles et la droite du Parlement européen défendent en fait le droit du capital transnational contre la souveraineté politique et économique de l’Argentine.

Ceci dévoile une fois de plus la nature ultralibérale de ces institutions européennes. Au cours de ce débat qui a eu lieu ce 18 avril, nous avons assisté à un déchaînement de la Commission, du ministre danois représentant le Conseil, de la droite, même le porte-parole du groupe socialiste y a pris sa part contre le gouvernement argentin. On se serait cru à la veille du déclenchement d’une guerre contre l’Argentine.

Je me suis trouvé seul, avec la porte-parole espagnole d’Europe-écologie-les verts, à défendre la souveraineté politique de l’Argentine contre les agissements du capital transnational.

Voici le texte de mon intervention :.

Monsieur le Président, monsieur le Commissaire, chers collègues,

Je suis très surpris de cette dramatisation. Je suis très surpris de vos propos. Vous tentez de faire croire à l’opinion qu’il y aurait un problème de sécurité juridique des investissements européens en Argentine. En vérité, contre le libre choix du gouvernement argentin, contre la souveraineté nationale du peuple argentin, vous êtes en train de défendre les intérêts d’une compagnie pétrolière privée, Repsol dont plus de la moitié du capital est entre les mains de propriétaires étrangers, qui, avec sa filiale YPF, réalise en Argentine de considérables profits lui permettant de verser près de 16 milliards de dollars de dividende à ses actionnaires, organisant l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôt. Tout ceci sur le dos des travailleurs argentins, des populations locales, faisant fi des populations indigènes et de l’environnement.

Vous n’êtes pas ici en train de défendre les citoyens européens, ni même les intérêts d’un État membre, mais le capital international privé. Dites-le franchement sans vous cacher derrière une quelconque sécurité juridique.

Pourquoi ne pas renverser votre question  et considérer que le gouvernement argentin tente de mettre fin à la spoliation d’une partie des richesses pétrolières appartenant au peuple argentin? Pourquoi ne pas reconnaître au gouvernement argentin le droit de défendre sa souveraineté économique et politique alors que Repsol y organisait la pénurie de carburant, faute d’investissement?

Enfin, il faut rappeler ici que cette entreprise avait été privatisée au nom de la réduction de la dette argentine. Or, c’est à la suite de ces privatisations que l’Argentine est passée sous la tutelle du FMI. Comme quoi, retenez la leçon, l’austérité, les privatisations, les destructions de souveraineté, comme vous l’organisez pour la Grèce et d’autres pays, mènent au désastre.

Pour l’heure, Messieurs de la Commission et du Conseil, laissez l’Argentine maîtresse de son destin.

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Face à l’urgence, j’appelle à voter François Hollande 6

Le 22 avril 2012 @23h41

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Aubervilliers et Pantin sont restées fidèles à la gauche et ont sévèrement sanctionné N. Sarkozy qui pendant cinq ans a fait tant de mal à nos concitoyens. Nous nous en félicitons et nous sommes convaincus que nous saurons, comme en d’autres occasions, nous rassembler, ici comme dans tout le pays, pour tourner une page qui restera comme une des plus sombres de ces dernières décennies.

Nous remercions celles et ceux qui ont utilisé le bulletin du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Ils ont donné de la force à l’objectif d’une nouvelle répartition des richesses, d’un SMIC à 1700 €, au retour de la retraite à 60 ans, à une nouvelle politique du logement, au blocage des prix des produits de première nécessité, à la fin de la précarité et aux discriminations de toute sorte, aux moyens financiers nécessaires pour des services publics de qualité, pour un changement des traités européens afin de les sortir de l’austérité et du chômage.

Un chemin a été tracé qui devra être entendu car trop nombreux sont ceux qui souffrent alors que la France n’a jamais disposé d’autant de richesses. L’angoisse, la peur du lendemain, la perte de confiance dans les institutions expliquent également le score extrêmement dangereux de l’extrême-droite. Tout commande donc de changer de politique, de chasser le président des riches et d’élire François Hollande. Un premier pas a été accompli dimanche mais ne nous y trompons pas, la droite, avec les puissances d’argent qu’elle représente,  ne va pas lâcher prise sans tenter l’impossible pour conserver le pouvoir.

Ils vont se mobiliser mais, ensemble, tous les démocrates, les progressistes sauront relever le défi. François Hollande, pour lequel nous appelons à voter sans réserve le 6 mai, se doit d’entendre vos attentes, vos exigences pour la satisfaction  desquelles  vous nous retrouverez toujours à vos côtés.

Le 6 mai, sans ambiguïté, je vous invite à faire gagner la gauche en votant François Hollande. Parce que le changement est urgent, je veux une gauche qui réussisse, qui améliore sans attendre la vie quotidienne des habitants d’Aubervilliers et de Pantin.  Elle doit tirer toutes les leçons du passé et ne pas céder aux pressions des puissances financières et refuser d’appliquer le projet de traité européen Sarkozy-Merkel.

Voilà pourquoi, après avoir élu ensemble un Président de la République de gauche, François Hollande, le 6 mai, il conviendra de constituer une majorité de gauche, bien ancrée à gauche à l’Assemblée Nationale, dés le 10 juin, avec des députés du Front de Gauche au service exclusif de la défense et de la promotion de vos intérêts, pour une France sociale. C’est l’engagement que je renouvelle ici.

Ensemble pour battre Sarkozy et faire gagner la gauche le 6 mai.

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Le 6 mai, battre Sarkozy Répondre

Le 24 avril 2012 @07h00

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Au premier tour de l’élection présidentielle, avec une large mobilisation des électrices et des électeurs, nos concitoyens ont fait connaître leur condamnation nette de la politique sarkozyste, leur rejet de l’Europe ultra-capitaliste, dont il est l’un des auteurs. Le rejet est si fort que, pour la première fois depuis le début de la cinquième République, un Président de la République en exercice n’arrive pas en tête du scrutin.

F. Hollande qui arrive premier de ce premier tour devient le candidat du rassemblement des forces progressistes pour battre nettement le 6 mai N. Sarkozy. Il bénéficie à la fois du rejet sarkozyste et aussi, dans les derniers jours, du vote des électrices et des électeurs, qui, tout en souhaitant ancrer la gauche plus du côté des aspirations en utilisant le vote Jean-Luc Mélenchon, ont choisi, au dernier moment, un vote qu’ils considéraient comme « utile », non pas forcément pour eux-mêmes, mais pour s’assurer que la gauche soit au second tour.

Le mécanisme même de l’élection présidentielle pousse toujours à de tels votes. Ceci ne change rien à la demande d’une gauche combative, menant une vraie politique de changement. Dans ce contexte, les résultats de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche sont très positifs. Le Front de Gauche progresse d’élection en élection depuis sa création. Il multiplie par près de six les résultats obtenus par Marie-George Buffet lors de la dernière élection présidentielle.

Cette alliance unitaire de la gauche du changement devient donc, avec près de quatre millions de voix, une force sur laquelle nos concitoyens pourront compter désormais pour faire gagner la gauche, surtout la faire réussir face aux puissances financières et aux autorités européennes.

Les souffrances, le désespoir ont conduit une masse importante -bien trop importante- des électrices et des électeurs à choisir l’extrême-droite pour se faire entendre. Face au rouleau compresseur de la mondialisation capitaliste, de l’Europe ultralibérale, nombre de nos concitoyens croient ainsi faire bouger les lignes. En fait, leur vote pousse malgré eux à droitiser encore les choix, à attiser les divisions et les haines, alors que les vrais responsables de la crise ne sont en rien inquiétés. En reprenant d’ailleurs les thèmes de l’extrême-droite, le Président de la République les a validés et poussés à grossir l’extrême-droite française de sinistre mémoire.

La cause des difficultés des familles, la désertification des campagnes, la destruction des services publics, la mise en cause du droit à la retraite à 60 ans, n’est pas à rechercher chez son voisin mais dans des choix politiques tous orientés vers la satisfaction des demandes des ogres de la finance.

Le 6 mai, le choix est donc simple. Soit, la reconduction du candidat des riches et des puissants qui aggravera encore la vie de chacune et de chacun. Soit, le rassemblement des forces progressistes et humanistes pour ouvrir une nouvelle page de notre République qui doit placer les urgences sociales en son cœur, refuser les diktats européens, progresser vers une nouvelle répartition des richesses, avec la justice sociale et fiscale, la défense des services publics, de nouveaux droits citoyens et le combat pour une politique agricole commune relevant les revenus paysans et installant des jeunes agriculteurs.

L’enjeu du 6 mai : battre N. Sarkozy et donner une chance au changement, avec le vote F. Hollande et la mobilisation populaire.

La glissade pétainiste 8

Le 24 avril 2012 @18h20

Le premier dirigeant politique de droite à avoir tenté de récupérer le 1er mai était le maréchal Pétain en 1941.  Le second a été M. Le Pen en 1988, en en faisant « la fête du travail et de Jeanne d’Arc ».  Le troisième va être M. Sarkozy. Il le fait à partir des mêmes valeurs nauséabondes et ultra-réactionnaires que les précédents.

Après avoir vanté en 2007, « la France qui se lève tôt », parsemé ses discours de « la valeur travail », voici que « le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail ». « Du vrai travail » ? Celui dont la politique jette mille travailleurs par jours au chômage va glorifier « le vrai travail ».

Oui, « le vrai travail », comme il y avait « le vrai français », à une époque où la devise de la France commençait par le mot : « travail,»…

Tout ceci sent l’odeur rance des années 1940. Le fumier de la division entre de « bons français » qui se lèveraient tôt et de « mauvais » qui se lèveraient tard ou qui seraient « payés sans travailler », ce « cancer de l’assistanat » comme l’a dit, il y a quelques mois, un ministrion. Sarkozy n’a jamais été le président du « vrai travail » mais celui du vrai chômage. Si son quinquennat avait été consacré à la défense de l’emploi, du travail et de la création, à la réduction de la souffrance au travail, de la précarité, il ne ferait sans doute pas le meeting du 1er mai, prétendument sur le travail. C’est un rassemblement contre les syndicats et les travailleurs. S’il n’y avait pas, à cause de sa politique et des traités européens qu’il a imposé, cinq millions de chômeurs, des millions de travailleurs pauvres mal logés et des millions de précaires, il ne parlerait pas du « vrai travail ».

Quel vrai travail ? Celui du quart de la jeunesse privée d’emplois ? Celui des femmes qui gagnent 27% de moins que les hommes ? Celui des travailleurs immigrés forcés de travailler sans droits et sans papiers par des esclavagistes ? Quel vrai travail de la part de celui qui veut détruire le code du travail et la sécurité sociale publique s’il était réélu ? En fait Sarkozy ne veut parler du travail que pour le surexploiter, le livrer aux actionnaires affamés, aux banksters et aux rentiers.

Tous les démocrates, tous les républicains, les humanistes qui refusent ces discours de division, de guerre civile, de déchiquetage de notre pacte républicain et social, ne peuvent accepter ce discours pétainistes de la part d’un Président de la République en mal de réélection. C’est grave ! C’est dangereux ! Il faut faire barrage à cet appauvrissement et utiliser le 6 mai le bulletin de vote F. Hollande.

Rassembler pour élire François Hollande 3

Le 26 avril 2012 @6h30

La forte participation au premier tour du scrutin présidentiel confirme l’intérêt de nos concitoyens pour l’élection présidentielle, ses débats politiques ainsi que leur volonté de participer aux choix. La gauche a progressé tout au long de la campagne électorale. Elle le doit beaucoup au score de Jean-Luc Mélenchon qui était estimé aux alentours de 4% à l’automne et réalise 11,1%. Les grands médias cachent sous divers artifices que cela constitue l’un des événements de ce premier tour. Événement heureux qui rend probable la victoire de François Hollande le 6 mai. Ce courant de la transformation sociale est passé de  700 000 voix en 2007 à près de 4 millions, approchant le nombre de voix rassemblées par Georges Marchais en 1981, certes cette fois avec plus d’inscrits.

Le candidat socialiste a lui aussi progressé depuis quelques semaines pour sortir en tête de ce premier tour. Il est sûr que durant les dernières heures, face à diverses pressions ou à la peur  de voir Sarkozy réélu, des électrices et des électeurs soutenant Jean-Luc Mélenchon ont, dans l’isoloir, choisi F. Hollande. Le système même de l’élection présidentielle conduit à de telles préférences. Ceci n’enlève rien au désir de gauche de tels électeurs, partagé par d’autres, qui d’emblée ont choisi le député de Corrèze, les candidats de  l’écologie politique ou de l’extrême gauche. Il faudra bien en tenir compte.

Que dans un tel contexte de forte mobilisation électorale, le Président de la République sortant soit à ce point sanctionné est l’indicateur de la puissante condamnation dont fait l’objet son bilan et du rejet de son programme à venir. On parle très peu de celui-ci depuis quelques jours et pourtant, il serait dans la droite ligne de son bilan antisocial et antidémocratique, avec un alignement sur les pires critères d’austérité européens. Loin des idéaux républicains de « liberté, égalité, fraternité », il veut se faire réélire dans une alliance cachée avec les idées de l’extrême-droite.

C’est ce noir bilan, doublé de la reprise des idées lepéniste depuis des mois, qui fait progresser dangereusement cette dernière. Pour une grande part, certains de nos concitoyens qui souffrent terriblement des effets de la mondialisation capitaliste, de l’Europe de l’argent, utilisent ce vote pour dire leur colère, pour faire entendre leurs souffrances. En utilisant ce vote, ils se trompent gravement car la cause de la crise n’est ni son voisin, ni le jeune que la société rejette à ses marges dans la discrimination et la précarité, ni l’immigré jeté sur les routes par le capitalisme mondialisé qui l’affame. La famille Le Pen sert à protéger les grands manitous de la finance internationale qui toujours tirent leur épingle du jeu. L’ennemi de l’emploi et du meilleur salaire, des services publics, c’est bien le capitalisme débridé et non pas l’immigré.

Le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon ont eu raison d’alerter sur l’imposture Le Pen. Il eut été d’intérêt général que d’autres qu’eux, comme l’a fait l’Humanité-Dimanche, la démasquent au lieu de théoriser sur sa « prétendue » dédiabolisation. L’extrême-droite est un danger ! Malheureusement, ce courant national-populiste-fascisant progresse dans toute l’Union européenne sous l’effet de déceptions, de magouilles politiques et d’une Europe se faisant contre les peuples. Le combat pour réduire l’extrême-droite reste devant nous, tant il constitue un verrou contre les changements progressistes, au service du capital international. Il est indispensable d’avoir conscience que Mme Le Pen, avec ses nouveaux amis comme Madelin, dessine une France et une Europe ultralibérales et autoritaires, dépouillées de tous droits sociaux et démocratiques. Pour y parvenir, elle travaille à une recomposition profonde de toute la droite pour en faire l’outil d’explosion des principes et des valeurs de la République. D’ailleurs, si le système ne change pas en profondeur, ce scénario devient plausible.

Faire reculer l’extrême-droite doit devenir l’un des combats permanent de toute la gauche, de tous les progressistes. Mais, ce recul n’est possible qu’avec une nouvelle politique, répondant aux angoisses et aux attentes populaires. Telle devrait être la tache d’une nouvelle majorité de gauche demain. Le message essentiel du scrutin est une envie profonde de changement, la demande d’une autre manière de gouverner en associant les citoyens et les élus, la prise en compte des revendications des syndicats et des associations, la revitalisation des plus belles valeurs de la République : « Liberté, égalité, fraternité ».

C’est ce qu’ont voulu dire celles et ceux qui ont choisi les candidats de la gauche et de l’écologie politique.

Près de quatre millions d’électrices et d’électeurs ont appuyé les propositions du Front de Gauche d’une nouvelle répartition des richesses, d’un retour à la retraite à 60 ans et d’un SMIC à 1700€, le logement à un prix accessible et une action de grande ampleur contre la précarité, la défense et l’élargissement des services publics, un saut qualitatif de nos institutions avec une sixième République dans laquelle les travailleurs disposeraient de nouveaux pouvoirs à l’entreprise, la nécessité d’une mutation écologique de nos systèmes productifs, de nos habitude de consommation pour faire face aux urgences environnementales.

C’est aussi le Front de Gauche qui fait vivre le projet de solidarité internationaliste et coopérative avec les pays du Maghreb et de l’Afrique pour un nouveau projet de co-développement, pour mettre fin partout à la misère, à la faim, à la précarité et  au chômage. Le Front de Gauche c’est le projet d’un monde de partage où il fait bon vivre, au Sud comme au Nord. Le Front de Gauche devient une nouvelle et grande force pour l’avenir commence à influencer la vie politique française. Elle est d’ores et déjà  un atout pour être défendu et un outil pour créer les conditions d’une gauche qui réussisse parce que, s’appuyant sur les citoyens eux-mêmes pour répondre à ce qu’ils attendent d’elle. Le six mai, le choix est donc clair : créer les conditions pour battre le candidat des riches et utiliser, sans la moindre réserve, le bulletin de vote F. Hollande. Si par malheur, N Sarkozy était réélu, ce serait une politique de déchiquetage des droits sociaux et humains, la destruction du code du travail, la retraite à la carte par capitalisation, la privatisation de la sécurité sociale, l’austérité à perpétuité avec ce traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Battre Sarkozy c’est ouvrir une première brèche dans le merkozysme austéritaire.

Le vote Hollande se fera sans ambiguïté et en toute lucidité, en appelant la gauche à ne pas retomber dans les ornières du passé, à résister aux injonctions des marchés financiers et du grand patronat, à agir pour changer les traités européens et à refuser le dernier écrit par le tandem Sarkozy-Merkel.

Le Front de Gauche sera disponible pour ces combats indispensables pour sortir de l’austérité, du chômage, donc de la crise.

La victoire du candidat de la gauche que devient F. Hollande doit s’accompagner en juin de la constitution d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale dans laquelle de nombreux députés du Front de Gauche, dans un important groupe parlementaire, constitueront une garantie pour abroger les négatives lois sarkozystes et en écrire de nouvelles, pour l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix alimentaires et des carburants, pour sécuriser l’emploi et pour en finir avec la précarité, pour élargir les services publics, défendre et améliorer la sécurité sociale, créer les conditions pour que la jeunesse soit respectée et qu’un nouvel avenir soit construit avec elle.

L’urgence, c’est la mobilisation pour créer les conditions de défaire Sarkozy et assurer la victoire la plus large possible de la gauche.

Utiliser le vote F. Hollande pour ouvrir une nouvelle période 1

Le 30 avril 2012 @6h39

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Plus les jours passent, entre les deux tours des élections présidentielles, et plus la nécessité de battre et de faire battre l’actuel locataire de l’Elysée, en votant F. Hollande dimanche prochain, grandit. Son bilan très négatif  n’a cessé d’aggraver les souffrances sociales, d’appauvrir le monde agricole, de laminer l’activité économique dans nos campagnes, de démanteler les services publics, de détruire le travail pour jeter mille personnes supplémentaires, chaque soir, au chômage. C’est dans ce contexte très difficile que M. Sarkozy a osé parler du « vrai travail » en opposition à un prétendu « faux travail » pour tenter de faire oublier « le vrai chômage » dont il est responsable et diviser nos concitoyens. Les paysans travaillent dur. Ils ne sont pas récompensés de ce travail à cause des prix agricoles très bas, depuis que les amis de M. Sarkozy ont détruit le mécanisme du prix agricole de base et placé nos agriculteurs dans la concurrence acharnée avec d’autres continents. Et que dire des retraites de misère que touchent en général nos populations rurales ! Les choix du Président des riches détruisent les services publics pourtant indispensables.

La vie rurale, le paysan, l’ouvrier, l’employé des postes, l’instituteur, l’infirmière, l’artisan et le petit commerçant ont des intérêts communs qui ne s’accommodent plus du sarkozysme. L’inquiétude, la peur du lendemain, le sentiment de devoir affronter seul et sans moyens les difficultés créées par le capitalisme et lui seul, ne sont plus supportables. Le chasser est une œuvre de salubrité  publique. D’autant plus que ce qu’il propose pour demain est encore pire que ce qu’il a fait hier. Ce serait l’approbation d’une nouvelle réforme négative de la Politique agricole commune en cours de discussion et la mise en œuvre d’un nouveau traité européen, qui obligerait à réduire encore les crédits sociaux et publics, c’est-à-dire à fermer encore des écoles, des postes, des hôpitaux, à réduire les moyens des communes. Battre N. Sarkozy, c’est se donner les moyens de briser l’axe Merkel-Sarkozy et  se donner une chance d’obtenir un référendum sur ce nouveau traité qui instaurerait l’austérité à perpétuité dans toute l’Europe. S’il était mis en œuvre, c’est la Commission de Bruxelles qui demain déciderait des budgets de la Nation et de la sécurité sociale.

En utilisant le vote pour F. Hollande, on commencera à casser cette logique, tout en se donnant des moyens pour engager une autre politique qui réponde enfin aux aspirations populaires, en continuant à agir pour un nouveau partage des richesses, pour la justice sociale et fiscale, pour la défense des services publics et une nouvelle orientation en faveur de l’agriculture, l’activité nourricière de la population et garante de la préservation de la nature.

Car l’étape suivante, celle de l’élection des députés va être tout aussi importante. C’est en effet le Parlement qui fera que des lois progressistes soient votées ou non. Ce sera possible qu’avec une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale, comprenant beaucoup de députés du Front de Gauche. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle montrent en effet l’urgence de mettre en œuvre des choix totalement neufs et de ne pas retomber dans les ornières qui ont perdu la gauche parce qu’elle a déçu.

Le vote Hollande le 6 mai et un fort vote Front de Gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin peuvent contribuer à ouvrir une nouvelle ère pour notre pays. L’urgence le 6 mai est le rassemblement pour élire François Hollande.

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Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (17-20 Avril 2012) Répondre

Le 2 mai 2012 @17h30

Avant d’en venir au résumé de cette session, je dois vous informer de la triste nouvelle du décès de l’un des députés, membre de notre groupe de la Gauche unitaire européenne, un ami : Miguel Portas.

Miguel était un combattant solide et courageux. Il l’était pour défendre sans relâche les salariés et les populations européennes. Il l’a été avec une incroyable force de caractère, cachée par sa discrétion, contre cette sale maladie du cancer, qui le minait depuis un bon moment. Miguel a lutté sans relâche contre celle-ci depuis très longtemps, tout en assurant ses responsabilités de député au sein du Parlement et auprès de ses compatriotes portugais.

Miguel a été l’un des créateurs du « bloc de gauche portugais » après avoir été militant du parti communiste portugais. Il a été journaliste, directeur de plusieurs journaux, élu député au Parlement européen depuis 2004.

Miguel était un camarade chaleureux, toujours à l’écoute, sensible, constructif. Notre groupe perd un député intelligent et actif. Je perds un ami.

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Notre mobilisation au Parlement européen contre la société G4S et pour les prisonniers palestiniens a porté ses fruits

Mardi 17 avril, à l’ouverture de la session plénière à Strasbourg, nous avons appris que nos efforts pour sanctionner une société européenne qui fournissait des services de sécurité dans les prisons israéliennes et dans les colonies ont été couronnés de succès.

La société danoise G4S, qui s’occupait de la sécurité du Parlement à Bruxelles, fournissait également des services de surveillance-sécurité dans des prisons et des colonies israéliennes. Informés de ces engagements, nous avions alerté le Président du Parlement il y a un an, lui demandant d’abroger le contrat de G4S avec le Parlement tant que cette entreprise fournirait des services à des prisons détenant des prisonniers palestiniens ou qu’elle exercerait des activités dans les colonies. Cette lettre avait alors été signée par 28 députés de tous les groupes politiques du Parlement, à l’exception notable du principal, le Parti Populaire Européen (PPE), dont fait partie l’UMP.

Nous avons appris ce 17 avril, “journée des prisonniers palestiniens” qui rend hommage aux 4 700 palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, que le Parlement européen refusait de renouveler son contrat de sécurité avec l’entreprise G4S.

Je me félicite de cette décision du Parlement. Ce rappel au respect du droit international et aux résolutions de l’ONU doit désormais s’appliquer à toutes les entreprises qui opèrent dans les territoires occupés.

La Commission n’hésitera pas à mettre les États membres devant leurs responsabilités pour assurer les réformes pour la compétitivité

Mercredi 18 avril José Manuel Barroso, Président de la Commission, nous a présenté le programme de la Commission pour lutter contre la crise.

Aux solutions habituelles basées sur l’austérité, la compétitivité, le libre-échange (notamment avec les Etats-Unis), le Président de la Commission a fait la promotion de deux documents dévoilés le jour même.

Ils veulent détruire le contrat à durée indéterminée

Le premier document est une communication sur l’emploi. La Commission y pointe les défaillances du “marché de l’emploi européen”, avec toujours cette volonté d’ouvrir ce marché et de lever les obstacles à la circulation des travailleurs.

Certaines mesures sont de bon sens, comme la reconnaissance des qualifications, le transfert des droits de pension et de sécurité sociale acquis, la promotion des droits des travailleurs migrants… Mais au passage la Commission en profite pour présenter sa vision “d’un marché du travail” efficient. Elle considère notamment le contrat à durée indéterminée comme un obstacle : associé à une forte protection sociale, il favoriserait la “segmentation des marchés du travail” c’est-à-dire l’existence d’une catégorie bénéficiant de contrats sûrs type CDI et d’une autre de contrats précaires, qu’on explique “en raison des coûts de licenciement bien trop élevés associés aux contrats à durée indéterminée/classiques”. Dans cette logique la Commission appelle donc à des “réformes modérées et équilibrées de la législation sur la protection de l’emploi afin de remédier à la segmentation”.

La même logique se retrouve pour la question des rémunérations

Dans un deuxième document la Commission se prononce pour une hausse des rémunérations, mais elle lie cette hausse à la compétitivité (“les rémunérations devraient évoluer en fonction de la compétitivité des États membres”). Ce qui justifie à l’inverse la “nécessité éventuelle d’une modération” dans les Etats qui ne sont pas compétitifs, par exemple la Grèce.

Le document se prononce pour un salaire minimum différencié, c’est-à-dire par secteur et selon la compétitivité du pays. C’est la destruction de la notion de salaire minimum interprofessionnel.

Pour la Commission, le salaire minimum doit devenir une sorte de récompense pour les économies florissantes, mais pas un filet de sécurité, des règles trop protectrices sont présentées dans ce document comme autant “de freins au marché du travail”.

Ces deux textes négatifs sont à relier avec l’ensemble de l’architecture bruxelloise : semestre européen – pacte budgétaire – compétitivité du travail.

Ceci transpire clairement des propos de M. Barroso : “Les États membres sont en train de soumettre leurs programmes nationaux de réforme et la mise à jour de leur programme de stabilité ou de convergence. En mai, la Commission présentera ses recommandations par pays fondées sur son analyse de ces programmes. Je peux vous assurer qu’il s’agira d’un travail sérieux de la part de la Commission qui s’appuiera sur une approche véritablement intégrée. Maintenant, grâce à vous également, nous disposons d’instruments que nous n’avions pas dans le passé pour ce genre d’exercice. La Commission n’hésitera pas à mettre les États membres devant leurs responsabilités pour assurer les réformes pour la compétitivité et une croissance inclusive et soutenable”.

C’est au nom de ces “responsabilités” que la Commission a rendu public ce jour là un document baptisé “La Croissance pour la Grèce”, dans lequel elle appelle la Grèce à continuer ses réformes du marché du travail par la révision du système de négociations salariales (qui vise à minorer le rôle des syndicats), la fin des professions réglementées et numérus clausus et surtout “une réduction des coûts de main-d’œuvre unitaires nominaux dans l’économie marchande (c’est-à-dire une réduction des salaires) de 15 % sur la période 2012-2014″.

La réponse de mon groupe à cette casse sociale organisée au plus haut niveau

En réponse à cette intervention, la présidente de notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne – Gauche verte Nordique, Gabriele Zimmer, a rétorqué : “S’efforcer de garantir la tranquillité des marchés et en faire le centre des priorités est un acte inhumain. Cela ne sert même pas les intérêts d’un développement économique durable ni de l’euro. Ces mesures ne sont pas bonnes. Ce fut une erreur de se contenter de consolider l’économie tout en ignorant les vies des gens ordinaires. Cela devrait être l’inverse”.

Elle a rappelé que les restrictions drastiques des dépenses publiques ont eu pour seul effet d’assommer les peuples qui ont dû payer la facture pour le secteur financier : “Vous devriez aller en Grèce et au Portugal pour constater les dégâts. Nous lisons des rapports dans les médias internationaux sur l’augmentation des taux de suicide dans ces pays en crise, ce que l’association des contribuables italiens a qualifié de massacre social”.

Paul Murphy, également élu de la GUE-NGL, a constaté pour sa part : “vous parlez de solidarité, mais avec la Troïka, vous imposez des politiques qui menacent les fondements de la société en Irlande, en Grèce et au Portugal. Vous parlez d’emploi, mais nous avons le taux de chômage le plus élevé depuis l’introduction de l’euro avec 25 millions de chômeurs à travers l’UE. Vous parlez de croissance durable, mais les politiques d’austérité que vous voulez institutionnaliser avec le traité d’austérité vont transformer la récession en une dépression profonde”.

De nouvelles règles sociales pour les travailleurs transfrontaliers

Mercredi 18 avril le Parlement a adopté a une large majorité par 540 voix pour, 19 contre et 30 abstentions de nouvelles règles qui mettent fin au dumping social dans les compagnies aériennes “low cost”, et étendent les droits aux prestations sociales des travailleurs transfrontaliers (c’est-à-dire qui effectuent leur travail en différents pays).

Les personnels navigants (stewards, hôtesses, pilotes) des compagnies low cost sont souvent soumis au régime de sécurité sociale très faible du lieu où la compagnie a son siège social. Par exemple les employés, même français, de Ryanair ne bénéficiaient que du faible régime de sécurité sociale irlandais.

Avec les nouvelles règles adoptées, pilotes et hôtesses de l’air pourraient désormais bénéficier des conditions sociales du pays où ils sont affectés (c’est-à-dire là où ils commencent leurs missions), et non celles que daignent leur accorder leur employeur.

Ces nouvelles règles qui concernent les personnels transfrontaliers permettent également aux indépendants de certains pays d’accéder aux prestations sociales du pays où ils travaillaient. Par exemple des indépendants français qui travaillent en Allemagne peuvent désormais toucher des allocations chômage allemandes alors que la France n’en verse pas.

Une avancée qui reste cependant minime au regard des dangers que font peser d’autres textes comme la directive sur le détachement des travailleurs.

Nationalisation de YPF, le Parlement s’oppose aux intérêts du peuple argentin

A l’ouverture de la session, la droite a demandé au Parlement européen de réagir en urgence contre la décision du gouvernement argentin de nationaliser le pétrolier YPF.

Cette décision annoncée le mardi 17 avril a débouché sur un débat le 18 et l’adoption d’une résolution le 20 avril. Sans manifestement prendre le temps d’étudier les éléments qui ont amené le gouvernement argentin à finaliser une décision murement réfléchie et sans attendre l’annonce des compensations que versera l’Argentine, la majorité du Parlement a défendu la compagnie pétrolière espagnole Repsol, actionnaire ultra majoritaire d’YPF.

Cette levée de bouclier, à laquelle seule une infime minorité s’est opposée, s’est traduite par un débat très dur envers les autorités argentines, députés et représentants de la Commission condamnant unilatéralement cette action sans réellement réfléchir à ses causes.

Dans mon intervention, j’ai rappelé les conditions douteuses de la privatisation de YPF dans les années les plus libérales qu’ait connues l’Argentine et qui a conduit au fiasco du FMI. J’ai dénoncé les manquements de cette compagnie -pourtant extrêmement rentable- à ses obligations vis à vis de ses travailleurs, vis à vis des indigènes des zones d’exploitations et vis à vis de l’environnement. J’ai également rappelé qu’alors qu’YPF versait des dividendes colossaux à son actionnaire majoritaire Repsol elle ne menait aucun investissement d’ampleur pour augmenter ses capacités de production, rendant l’Argentine importatrice de pétrole, une première !

Le texte de mon intervention :

Je suis très surpris de cette dramatisation. Je suis très surpris de vos propos. Vous tentez de faire croire à l’opinion qu’il y aurait un problème de sécurité juridique des investissements européens en Argentine. En vérité, contre le libre choix du gouvernement argentin, contre la souveraineté nationale du peuple argentin, vous êtes en train de défendre les intérêts d’une compagnie pétrolière privée, Repsol dont plus de la moitié du capital est entre les mains de propriétaires étrangers, qui, avec sa filiale YPF réalise en Argentine de considérables profits lui permettant de verser près de 16 milliards de dollars de dividende à ses actionnaires, organisant l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôt. Tout ceci sur le dos des travailleurs argentins, des populations locales, faisant fi des populations indigènes et de l’environnement.

Vous n’êtes pas ici en train de défendre les citoyens européens, ni même les intérêts d’un Etat membre, mais le capital international privé. Dites le franchement sans vous cacher derrière une quelconque sécurité juridique.

Pourquoi ne pas renverser votre question et considérer que le gouvernement argentin tente de mettre fin à la spoliation d’une partie des richesses pétrolières appartenant au peuple argentin ? Pourquoi ne pas reconnaître au gouvernement argentin le droit de défendre sa souveraineté économique et politique alors que Repsol y organisait la pénurie de carburant, faute d’investissement ?

Enfin, il faut rappeler ici que cette entreprise avait été privatisée au nom de la réduction de la dette argentine. Or, c’est à la suite de ces privatisations que l’Argentine est passée sous la tutelle du FMI. Comme quoi, retenez la leçon, l’austérité, les privatisations, les destructions de souveraineté, comme vous l’organisez pour la Grèce et d’autres pays, mènent au désastre.

Pour l’heure, Messieurs de la Commission et du Conseil, laissez l’Argentine maîtresse de son destin” .

La résolution adoptée par le Parlement le vendredi 20 avril reprend le même aveuglement que j’ai dénoncé. Elle condamne une “décision unilatérale et arbitraire qui remet en question l’exercice de la liberté d’entreprendre et le principe de la sécurité juridique, entraînant une dégradation de l’environnement proposé aux entreprises européennes en Argentine”. Par ce texte, contre lequel nous avons voté avec mon groupe de la GUE-NGL et les Verts, le Parlement menace clairement l’Argentine de rétorsions commerciales sans un moment se poser la question des raisons qui ont poussé le gouvernement argentin à prendre cette décision.

A l’inverse voici les principaux points de la résolution que nous avons déposée avec mon groupe :

1. respecte le droit de chaque pays d’exercer son droit souverain de gérer ses ressources naturelles et de réglementer son économie conformément à l’intérêt public; soutient la décision du gouvernement de nationaliser YPF, une entreprise créée par l’Argentine en 1922, qui a été privatisée suite aux politiques purement néolibérales mises en œuvre dans les années 1990, avec des conséquences très négatives pour l’économie et une augmentation considérable de la pauvreté ;

2. invite instamment tous les États membres, et particulièrement l’Espagne, la Commission et Mme Ashton, au lieu de défendre principalement les profits des actionnaires de l’entreprise Repsol, à défendre les intérêts de tous les citoyens, leurs intérêts sociaux et l’environnement, à tenir compte des besoins des travailleurs et de la stabilité de l’emploi, des besoins des consommateurs, à la fois en Argentine et au sein de l’Union européenne, de la lutte contre la pauvreté et du respect de l’environnement; les invite instamment à maintenir de bonnes relations avec l’Argentine et de se garder d’accuser son gouvernement et d’annoncer des mesures de représailles avant même de connaître le prix qui sera payé aux actionnaires, sur la base de l’évaluation qui sera effectuée par le tribunal compétent (Tribunal de Tasaciones de la Nación) ;

3. est d’avis que, compte tenu du nombre croissant de conflits entre les entreprises et les populations locales et les autorités locales d’Amérique latine, d’Afrique et d’ailleurs, il est urgent qu’un dialogue constructif entre pairs s’installe entre l’Union européenne et les pays tiers sur l’avenir des investissements étrangers, afin de mettre en place un équilibre approprié entre les droits et les obligations des investisseurs et des entreprises, ainsi qu’une utilisation adéquate des ressources naturelles, et de rechercher d’autres solutions par rapport aux instances d’arbitrage actuelles que sont la CIRDI et la CNUDCI ;

4. demande à la Commission et aux États membres d’arrêter d’appliquer des politiques néolibérales nuisibles et obsolètes qui accentuent la crise économique actuelle, aux dépends des citoyens européens, notamment de la population pauvre, et d’envisager une approche plus créative et courageuse pour résoudre la crise, s’inspirant éventuellement de certaines solutions économiques appliquées par certains pays d’Amérique latine ;

La droite conservatrice impose le partage de données avec les Etats-Unis

Jeudi 19 avril les groupes du PPE (la droite européenne, dont fait partie l’UMP) et les conservateurs les plus radicaux regroupés dans le groupe ECR se sont alliés pour faire passer en force le partage d’informations sur les citoyens européens avec les Etats-Unis.

Cet accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur le partage de données personnelles des passagers, aussi appelé PNR, vise à remplacer un accord provisoire depuis 2007. Il fixe les conditions pour le transfert de données, la durée de conservation et finalement ce que pourront en faire les autorités américaines.

Malgré les doutes de la rapporteure libérale et surtout des différentes autorités nationales et européennes de protection des données, les groupes PPE et ECR se sont alliés pour faire passer ce texte en force par 409 pour, 226 contre et 33 abstentions alors que l’ensemble des autres forces du Parlement (libéraux, socialistes, verts, et notre groupe de la GUE-NGL) s’y opposaient.

Rien ne prouve que les données collectées sur les passagers soient nécessaires ou appropriées pour lutter contre le terrorisme et le grand banditisme.

Cet accord devait initialement se limiter à lutter contre le terrorisme et le grand banditisme international, mais il inclut aussi la lutte contre tout acte criminel passible d’une peine d’emprisonnement supérieure à trois ans aux USA. Par ailleurs, les cours de justice américaines pourraient exiger d’utiliser ces données pour n’importe quelle autre raison, ce qui signifie qu’au final, il n’y a aucune limitation d’utilisation. Sans parler des contrôles inexistants sur les données qui sont transférées et de la possibilité donnée aux autorités américaines de conserver ces données pendant 15 ans au maximum.

Un rapport qui marque une première étape pour un impôt européen sur les sociétés harmonisé

Jeudi 19 avril le Parlement a adopté par 452 voix pour, 172 contre et 36 abstentions un texte qui propose une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés.

C’est là une première étape pour un impôt européen harmonisé pour les sociétés car, avant de s’entendre sur un taux commun, il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que l’on taxe. Dans sa proposition, la Commission européenne se contentait de suggérer un régime volontaire alors que, par ce vote, les députés européens se sont positionnés en faveur d’un système obligatoire et commun.

C’est une première étape pour le socle de l’impôt sur les sociétés, mais cette avancée, aussi minime soit-elle, est déjà farouchement combattue par certains Etats : Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg qui jouent avec ces différences de calculs de l’impôt pour encourager l’évasion fiscale en leur faveur. On peut donc s’attendre à ce que leurs gouvernements bloquent toute avancée dans ce domaine au sein du Conseil.

Un tribunal pénal international de l’environnement

Vendredi 20 avril lors de l’adoption d’une résolution sur la biodiversité, Younous Omarjee, élu à la GUE/NGL, a demandé qu’à côté des crimes contre l’humanité, soit créée la qualification juridique de “crime de l’humanité contre la vie sous toutes ses formes animales et végétales, et que soit érigé sur cette base un Tribunal Pénal International de l’Environnement”.

La résolution adoptée demande à la future Politique agricole commune d’intégrer dans ses objectifs la préservation et la restauration des écosystèmes endommagés. Pour cela elle propose que les subventions nuisibles pour l’environnement soient identifiées en vue d’être progressivement éliminées d’ici à 2020, et prône la subordination des paiements de la PAC au respect de règles pour la préservation de la biodiversité et des écosystèmes.

Voici l’intervention de Younous Omarjee :

“En 1992, lors de la conférence de Rio, les chefs d’Etat du monde entier accomplissaient un acte réel de civilisation en reconnaissant pour la première fois la responsabilité de l’espèce humaine dans la perte de biodiversité et le réchauffement climatique. Vingt ans après où en sommes nous ? Les enjeux en matière de biodiversité demeurent sous-estimés.

Mesure-t-on que nous sommes confronté à la sixième vague d’extinction des espèces depuis le début du monde? Et la plus grave dans son ampleur et sa vitesse. C’est un crime de masse qui s’accomplit et oblige à repenser notre rapport au monde vivant.

Ce serait un grand pas pour notre civilisation que d’en tirer les conséquences et de faire émerger une nouvelle qualification juridique. Avec les crimes contre l’humanité, il faut faire coexister les crimes de l’humanité contre la vie sous toutes ses formes, animales et végétales. Condition première pour ériger un Tribunal Pénal International de l’Environnement, devenu aujourd’hui incontournable”.

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En avant, pour la réussite du changement à gauche 8

Avec toutes les électrices et électeurs de gauche, progressistes et de l’écologie politique, nous nous réjouissons qu’une majorité nette de nos concitoyens vienne d’élire François Hollande et de mettre fin au sarkozysme.

La page est enfin tournée d’un quinquennat de la régression sociale et démocratique qui a fait tant souffrir notre peuple, tant défiguré et affaibli notre pays, tant stigmatisé, tant divisé, tant opposé les uns aux autres en piétinant les plus belles valeurs de notre République. Comme vous, ce soir, nous sommes soulagés, heureux et nous félicitons chaleureusement François Hollande pour son élection. Une victoire à laquelle nous avons activement participé.

Avec lui tout peut commencer.

Nous souhaitons ardemment, dans l’intérêt de nos concitoyens, que la gauche réussisse, qu’elle s’attaque à la crise, qu’elle améliore la vie quotidienne de chacune et chacun.

Le défi est immense car les puissances d’argent, les institutions européennes, la droite, l’extrême-droite et le grand patronat vont se mobiliser pour dresser des obstacles sur la route des changements que vous espérez depuis si longtemps.

Le nouveau pouvoir aura besoin du rassemblement et de l’intervention du plus grand nombre. Il aura besoin de l’union la plus large et pourra compter sur l’apport de la force politique nouvelle qui a si puissamment émergé dans cette élection présidentielle, le Front de Gauche. Unitaire, indépendante et autonome, votre appui, votre soutien lui seront nécessaires pour que soient adoptées par la nouvelle Assemblée Nationale, des lois portant les urgences sociales, écologistes et démocratiques, avec notamment l’augmentation du pouvoir d’achat, le retour à la retraite à 60 ans, la défense de la sécurité sociale, la construction de logements accessibles par toutes et tous ; des moyens pour l’école et la formation et une dynamique nouvelle de création et de sécurisation des emplois, le changement du secteur bancaire, des droits nouveaux pour les salariés.

Beaucoup va donc dépendre du nombre de députés du Front de Gauche qui seront élus en juin prochain. Avec eux, vous pouvez être assurés que vos attentes seront défendues avec la volonté de bousculer les institutions européennes et ne pas appliquer le traité d’austérité Sarkozy-Merkel.

Une brèche vient de s’ouvrir qui libère des forces pour une République nouvelle, un pays apaisé, où chacune et chacun peut contribuer au changement.

Ensemble, ce soir partageons l’immense joie de la victoire. Ensemble, demain, partageons notre réussite commune.